Mathew Barzal refuse de disparaître du radar montréalais.
Deux semaines après le repêchage, alors que son nom avait déjà alimenté les discussions entre Kent Hughes et Mathieu Darche, le centre des Islanders revient dans le décor au pire moment possible pour le Canadien… ou au meilleur, selon la façon de regarder les choses.
Kent Hughes attend encore son ouverture.
Son été avance, les rivaux de la division Atlantique bougent et le fameux renfort offensif destiné au top 6 n’est toujours pas arrivé à Montréal.
Le DG du Canadien avait pourtant préparé le terrain depuis longtemps. Des choix au repêchage, une banque d’espoirs enviable, de l’espace sous le plafond salarial et assez de jeunes joueurs pour entrer dans pratiquement toutes les conversations sérieuses.
Malgré tout ça, le gros coup tarde à se matérialiser.
Voilà pourquoi les mêmes noms reviennent constamment autour du Canadien.
Hughes ne s’accroche pas désespérément à une seule cible.
Il surveille le marché au complet en attendant qu’un autre directeur général se retrouve devant une décision difficile. Barzal correspond exactement au genre d’occasion qui peut soudainement changer un été.
Le dossier avait pourtant refroidi avant le repêchage. Hughes s’était informé auprès de Darche, mais les Islanders ne voulaient pas entendre parler d’une vente de feu.
Le nouveau patron à Long Island cherchait des joueurs capables d’aider son équipe immédiatement.
Une montagne de choix et d’espoirs pouvait être séduisante sur papier, mais elle ne réglait rien pour une organisation qui refusait de repartir de zéro.
Deux semaines plus tard, la lecture commence à changer.
Les Islanders disposent d’environ trois millions de dollars d’espace projeté sous le plafond salarial avec un alignement déjà rempli.
Barzal touche 9,15 millions de dollars par saison jusqu’en 2031.
Bo Horvat coûte 8,5 millions jusqu’à la même année. Plusieurs vétérans occupent encore une portion importante de la masse salariale pendant que Darche tente tranquillement d’imposer sa vision.
Barzal, lui, vient de récolter 72 points en 81 matchs.

À 29 ans, il n’est ni un projet ni un pari de réhabilitation. On parle d’un centre capable de transporter la rondelle, de créer de l’attaque à haute vitesse et d’évoluer avec des joueurs offensifs.
En 611 matchs dans la LNH, il a accumulé 534 points. Pour Montréal, le portrait est presque trop évident.
Imaginez Barzal derrière Nick Suzuki.
Martin St-Louis pourrait enfin séparer ses menaces offensives sans demander à un jeune centre de régler immédiatement tous les problèmes du deuxième trio.
Barzal ajouterait de la vitesse à une formation qui veut attaquer en mouvement et donnerait au Canadien un autre fabricant de jeu capable d’entrer en zone avec possession de la rondelle.
Ce n’est pas un centre de dépannage qu’on place dans l’alignement en espérant une bonne saison. C’est le type de joueur qui change la manière dont un entraîneur construit ses trios.
Kent Hughes le sait très bien.
Son problème demeure le prix exigé par Darche.
Avant le repêchage, Michael Hage représentait une cible particulièrement attirante pour les Islanders.
Alexander Zharovsky avait aussi une valeur considérable, mais Nick Bobrov ne voulait pas voir l’organisation sacrifier un espoir auquel elle croit autant.
David Reinbacher demeure difficile à toucher tant que le côté droit de la défensive montréalaise n’offre pas davantage de certitudes.
Le Canadien se retrouve donc dans une position étrange.
Hughes possède les actifs nécessaires pour réaliser une transaction majeure, mais ses meilleurs actifs sont précisément ceux qu’il refuse de gaspiller.
Donner quatre pièces intéressantes pour un joueur ordinaire ne l’intéresse pas. Sacrifier un élément central de son avenir exige une cible capable de transformer son équipe.
Barzal entre dans cette catégorie.
Un nom comme Oliver Kapanen pourrait justement devenir intéressant dans ce genre de discussion.
Les Islanders avaient vu beaucoup plus grand qu’on le pensait en Emil Heineman, au point d’en faire une pièce importante de la transaction qui avait envoyé Noah Dobson à Montréal.
Rien n’empêche Mathieu Darche et son groupe d’avoir développé le même genre de coup de cœur pour Kapanen, un jeune attaquant déjà capable de jouer dans la LNH, responsable, intelligent et encore loin d’avoir atteint son plein potentiel.
Le profil rappelle un peu la logique derrière Heineman… un joueur que Montréal apprécie, mais dont la valeur pourrait être encore plus élevée dans les bureaux de Long Island.
Si les Islanders voient Kapanen avec les mêmes yeux qu’ils voyaient Heineman, Kent Hughes possède peut-être déjà une pièce de négociation beaucoup plus importante qu’on le croit.
Le revirement à New York ne signifie pas que Darche cherche désespérément à expédier son centre demain matin.
La nuance est importante. Son arrivée à la tête des Islanders a toutefois changé les règles de la conversation.
Chaque contrat, chaque vétéran et chaque appel reçu doit maintenant être évalué selon la direction qu’il veut donner à cette organisation.
Quand le téléphone sonne pour un joueur de cette valeur, un DG écoute.
À Montréal, Hughes fait exactement la même chose.
Son impatience ne se traduit pas par des gestes précipités.
Elle se voit plutôt dans cette présence constante autour des dossiers importants.
Le Canadien n’a toujours pas amélioré son top 6 comme il le souhaitait et le marché des joueurs capables de réellement faire une différence rétrécit. Chaque fois qu’une porte s’entrouvre, Montréal revient dans le portrait.
Mathew Barzal était intéressant il y a deux semaines.
Aujourd’hui, alors que Kent Hughes attend toujours son occasion et que Mathieu Darche commence à remodeler les Islanders à son image, son nom devient encore plus difficile à ignorer.
Le téléphone sonne à New York… et Kent Hughes n’est certainement pas très loin.
À suivre…
