Une porte vient peut-être de s’entrouvrir pour Kent Hughes… et elle mène directement à Columbus.
Pendant que toute l’attention demeure tournée vers Kirill Marchenko, un autre dossier commence tranquillement à susciter l’intérêt. Un dossier beaucoup plus discret, mais qui pourrait représenter une occasion en or pour le Canadien.
Depuis plusieurs jours, les rumeurs reliant Montréal et les Blue Jackets se multiplient.
Marchenko demeure le nom qui fait rêver les partisans, mais plusieurs observateurs de la LNH évoquent maintenant Kent Johnson comme une cible beaucoup plus réaliste si les discussions pour l’ailier russe n’aboutissent pas.
Et lorsqu’on regarde de plus près ce qui s’est produit à Columbus l’an dernier, on comprend rapidement pourquoi sa valeur n’a jamais été aussi abordable.
À seulement 23 ans, Johnson n’a pourtant rien perdu de son talent.
Deux saisons plus tôt, l’ancien cinquième choix au total du repêchage de 2021 avait récolté 57 points en 68 matchs.
On parlait alors d’un jeune centre offensif capable de devenir une pièce importante de l’organisation des Blue Jackets.
Douze mois plus tard, le portrait avait complètement changé. Sept buts. Vingt-deux points. Une chute spectaculaire qui a fait exploser les interrogations.

Le plus surprenant, c’est que plusieurs personnes qui couvrent quotidiennement les Blue Jackets refusent d’expliquer cette régression uniquement par les performances du joueur.
La diminution de son temps de glace a été importante.
Son rôle offensif s’est réduit au fil de la saison, son utilisation en avantage numérique a fondu et les changements derrière le banc n’ont rien simplifié.
Plusieurs partisans de Columbus parlent d’un joueur qui a graduellement perdu confiance, sans jamais perdre les qualités qui avaient fait de lui un espoir élite.
Ses statistiques avancées racontent d’ailleurs une histoire différente de sa fiche offensive.
Malgré une production décevante, Johnson continuait de bien transporter la rondelle, de créer des occasions et de maintenir des chiffres respectables à cinq contre cinq.
Autrement dit, le talent n’a jamais disparu. Les résultats, eux, ont cessé de suivre.
Voilà précisément le genre de situation que Kent Hughes adore analyser.
Le directeur général du Canadien a déjà démontré qu’il n’avait pas peur de miser sur des joueurs dont la valeur venait de diminuer.
Lorsqu’une organisation commence à douter d’un jeune talent, une fenêtre s’ouvre parfois pour une autre équipe prête à parier sur un changement d’environnement.
Le parallèle avec Oliver Kapanen devient alors intéressant.
Les deux joueurs ont pratiquement le même âge. Les deux seront joueurs autonomes avec compensation l’été prochain.
Les deux évoluent au centre. Pourtant, leur profil est très différent.
Kapanen vient de connaître une saison encourageante avec 37 points.

Il a gagné la confiance de Martin St-Louis grâce à son intelligence, son sens du jeu et sa fiabilité dans les trois zones.
Personne ne remet ces qualités en question.
En revanche, son plafond offensif demeure un sujet de discussion.
Une bonne partie de sa production est arrivée lorsqu’il évoluait aux côtés d’Ivan Demidov.
Dès que cette combinaison a été démantelée au profit d’Alex Newhook, son impact offensif a ralenti de façon importante.
Les séries éliminatoires ont également envoyé un message clair, alors que Kapanen est demeuré à l’écart de l’alignement.
Johnson offre un profil complètement différent.
Son coup de patin, sa créativité et ses mains ont toujours été considérés comme des qualités de premier plan. Peu de joueurs de 23 ans peuvent dire qu’ils ont déjà signé une saison de 57 points dans la LNH.
C’est justement ce qui rend son dossier aussi intrigant.
Montréal ne miserait pas sur une promesse, mais sur un joueur qui a déjà démontré qu’il pouvait produire au plus haut niveau.
Évidemment, Columbus ne donnera pas Johnson.
Même après une saison difficile, son potentiel demeure énorme et les Blue Jackets savent très bien ce qu’ils possèdent.
Mais si les négociations entourant Marchenko demeurent dans une impasse, Hughes pourrait être tenté d’explorer une avenue différente.
Le coût d’acquisition ne serait probablement pas le même.
Marchenko exigerait un retour majeur. Johnson pourrait représenter un pari beaucoup plus abordable, surtout si Columbus souhaite modifier la dynamique de son groupe et récupérer un jeune joueur plus stable comme Kapanen, accompagné d’autres actifs.
Ce scénario demeure hypothétique, mais il possède une logique hockey qui mérite d’être suivie.
Montréal cherche toujours un centre offensif capable d’appuyer Nick Suzuki. Johnson cherche peut-être simplement une nouvelle occasion de relancer sa carrière.
Parfois, les meilleures transactions ne sont pas celles qui font les plus gros titres au départ… mais celles qui vieillissent le mieux quelques années plus tard.
À suivre…
