Un marqueur de 50 buts, à Montréal, ce n’est pas seulement une vedette offensive.
C’est aussi une carte de visite que Kent Hughes peut utiliser lorsqu’il cherche à convaincre un joueur de centre de venir s’installer au Québec.
La saison de Cole Caufield vient de changer la perception qu’on peut avoir de sa valeur.
Avec 51 buts en 2025-2026, le petit attaquant du Canadien a rejoint un club extrêmement sélect de l’histoire de l’organisation.
Une performance qui attire évidemment les regards, mais qui pourrait également avoir une utilité bien particulière pour le directeur général du Canadien.
Stéphane Richer, dernier joueur de Montréal à avoir dépassé le plateau des 50 buts avant Caufield, a d’ailleurs pris le temps de lui parler après son exploit.
Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, Richer a expliqué qu’il avait volontairement évité de prendre toute la place pendant la course aux 50 buts, préférant laisser Caufield vivre pleinement son moment.
Après le 50e, il lui a toutefois téléphoné personnellement.
Son message était particulièrement clair.
« Ce gars-là est né pour scorer des buts », a lancé Richer, qui connaît évidemment très bien la sensation de faire trembler les filets à répétition sous le chandail du Canadien. Richer a également souligné que Caufield ne devait rien à la chance pour atteindre un tel plateau.
« Tu ne marques pas 50 buts parce que tu es chanceux dans la vie », a-t-il rappelé.
C’est précisément cette réalité qui rend la situation intéressante pour Kent Hughes.
Lorsqu’un directeur général tente de convaincre un joueur de centre de rejoindre son équipe, il doit vendre un projet. Il doit expliquer pourquoi Montréal peut devenir une destination intéressante malgré la pression, le marché et les attentes qui viennent avec le chandail tricolore.
Imaginez maintenant le discours.
« Tu veux venir jouer à Montréal? Regarde autour de toi. Tu as Nick Suzuki. Tu as Ivan Demidov. Tu as Juraj Slafkovský. Tu as Lane Hutson. Et tu as un ailier qui vient de marquer 51 buts. »
Ce n’est plus exactement le même argument qu’il y a deux ans.
Un joueur de centre offensif qui cherche une situation avantageuse peut regarder Montréal et constater qu’une partie importante du travail est déjà faite.
Caufield n’est pas simplement un jeune talent prometteur. Il vient de démontrer qu’il peut produire à un niveau qui attire immédiatement l’attention de toute la LNH.
Même s’il continue de jouer avec Suzuki, sa présence donne à Hughes un argument supplémentaire lorsqu’il discute avec une autre équipe ou avec un joueur qui pourrait éventuellement devenir disponible.
C’est aussi ce qui rend le marché des centres particulièrement intéressant pour le Canadien.
Montréal possède déjà son premier centre en Suzuki, mais l’organisation cherche constamment à augmenter la qualité de son groupe offensif.
Si une occasion majeure apparaît, Hughes peut maintenant présenter une formation dans laquelle un futur joueur de centre aurait la possibilité de jouer avec plusieurs jeunes vedettes… dont un marqueur de 50 buts.
Caufield possède également une autre qualité qui compte énormément dans un vestiaire. Il est apprécié de ses coéquipiers.
Les joueurs du Canadien l’ont même choisi comme joueur le plus gentil de l’équipe, un détail qui peut sembler secondaire, mais qui illustre le genre de coéquipier qu’il est devenu.
Pour attirer un joueur, ce genre d’environnement compte.
Richer l’a lui-même souligné en parlant de l’attitude de Caufield et de son amour du hockey. « Le p’tit gars mange du hockey, c’est formidable », a-t-il déclaré.
Tout ça donne une dimension différente à la prochaine étape du travail de Kent Hughes. Le DG n’a pas besoin de sacrifier Caufield pour améliorer son équipe.
Au contraire, sa valeur pourrait justement être dans ce qu’il représente lorsqu’on présente le projet montréalais à un joueur de centre.
Un attaquant capable de marquer 51 buts change une attaque.
Un attaquant capable de marquer 51 buts et qui adore jouer à Montréal peut aussi devenir un argument de recrutement.
Hughes possède maintenant une pièce qui fait saliver les autres formations de la LNH.
La question devient simplement de savoir quel joueur de centre pourrait être suffisamment attiré par cette nouvelle version du Canadien pour vouloir en faire partie.
Et avec Caufield dans le portrait, le pitch commence à devenir pas mal intéressant.
À suivre…
