Le choix impossible de 90 millions de dollars ou Montréal : Ivan Demidov a changé l’histoire

Le choix impossible de 90 millions de dollars ou Montréal : Ivan Demidov a changé l’histoire

André Soueidan
Le 2026-07-08

Rarement une signature aura pris autant de valeur… quelques jours seulement après avoir été annoncée.

Pendant que toute la LNH retient son souffle en attendant de savoir si les Ducks d’Anaheim égaleront l’offre hostile historique de 90 millions de dollars présentée à Leo Carlsson, une évidence saute maintenant aux yeux.

Kent Hughes a probablement évité au Canadien de Montréal de vivre exactement le même cauchemar avec Ivan Demidov.

Le parallèle est loin d’être tiré par les cheveux.

Carlsson venait de compléter son contrat d’entrée.

À 21 ans, il était joueur autonome avec restriction. Daniel Brière a sauté sur l’occasion en lui offrant un contrat de cinq ans d’une valeur totale de 90 millions de dollars, soit une moyenne annuelle de 18 millions.

Une somme renversante qui place maintenant les Ducks devant une décision gigantesque.

Égaler l’offre et transformer toute leur structure salariale… ou laisser partir le deuxième choix au total du repêchage de 2023.

Cette situation rappelle à quel point la fenêtre des offres hostiles peut devenir dangereuse lorsqu’un jeune joueur étoile atteint le statut de joueur autonome avec restriction.

Ivan Demidov s’en approchait lui aussi.

Avant le 1er juillet, son portrait contractuel était limpide.

Son contrat d’entrée se terminait à la fin de la saison 2026-2027.

À seulement 21 ans, il serait devenu joueur autonome avec restriction durant l’été 2027. Lui aussi aurait été admissible à recevoir une offre hostile.

Puis Kent Hughes est intervenu.

Au lieu d’attendre que Demidov approche de cette période de vulnérabilité, le directeur général du Canadien a choisi de verrouiller l’avenir de sa future vedette dès maintenant.

Résultat… une prolongation de huit saisons d’une valeur de 73,2 millions de dollars, avec un impact annuel de 9,15 millions qui débutera en 2027-2028.

À première vue, plusieurs ont surtout retenu le montant.

Aujourd’hui, la perspective change complètement.

L’offre hostile déposée à Leo Carlsson démontre jusqu’où certaines organisations sont prêtes à aller lorsqu’elles identifient un joueur capable de transformer une concession.

Les équipes n’hésitent plus à sortir le chéquier. Elles savent que quelques millions supplémentaires peuvent parfois suffire à placer un joueur devant un véritable dilemme.

Imaginez maintenant le scénario.

Ivan Demidov arrive à l’été 2027 sans prolongation de contrat.

Une organisation débarque avec une offre de 90 millions de dollars sur cinq ans.

Un salaire annuel de 18 millions. Presque le double de ce que lui rapportera son nouveau contrat avec Montréal.

La question devient soudainement beaucoup plus intéressante qu’elle en a l’air.

Qu’est-ce qui pèse le plus lourd dans une telle décision?

L’argent?

Ou tout ce qu’une organisation a construit autour d’un jeune joueur depuis le jour de son repêchage?

Le Canadien n’a pas simplement sélectionné Demidov au cinquième rang.

Nick Bobrov et son département ont investi des années à suivre son développement en Russie.

Kent Hughes a ensuite travaillé pour accélérer son arrivée à Montréal.

Martin St-Louis lui prépare un environnement idéal pour poursuivre sa progression.

Les vétérans l’accueillent comme une pièce maîtresse du futur.

Les partisans lui vouent déjà une admiration rarement vue pour un joueur ayant disputé aussi peu de matchs.

Cette culture possède une valeur.

Impossible de lui attribuer un chiffre précis.

Mais lorsqu’un joueur doit choisir entre demeurer dans un environnement où il se sent chez lui et accepter une fortune ailleurs, cette valeur devient soudainement bien réelle.

Personne ne peut affirmer avec certitude quelle décision Demidov aurait prise devant une offre semblable à celle de Carlsson.

Peut-être aurait-il signé sans hésiter.

Peut-être aurait-il privilégié Montréal malgré l’écart financier. La réponse appartient uniquement au joueur.

Une chose, cependant, ne fait plus débat.

Kent Hughes a retiré cette décision des mains de son joueur.

En agissant un an avant que Demidov n’atteigne le marché des joueurs autonomes avec restriction, il a éliminé le risque de voir une autre organisation tenter de séduire la jeune sensation avec un contrat impossible à ignorer.

Le geste paraissait prudent au début du mois de juillet.

Quelques jours plus tard, après le coup d’éclat de Daniel Brière auprès de Leo Carlsson, il ressemble davantage à un véritable coup de maître.

C’est précisément à ce moment qu’une organisation découvre la véritable valeur de sa culture.

Pendant des années, le Canadien investit des millions dans le dépistage, le développement, l’encadrement et l’intégration de ses jeunes vedettes.

Des gens comme Nick Bobrov passent un temps fou à bâtir une relation de confiance avec ces joueurs avant même leur arrivée en Amérique du Nord.

Une fois à Montréal, tout est mis en place pour qu’ils se sentent chez eux, qu’ils adhèrent à l’identité de l’équipe et qu’ils aient envie de faire partie d’un projet plus grand qu’eux-mêmes.

Puis, un jour, une offre hostile gigantesque peut tout remettre en question.

À cet instant, la décision ne repose plus uniquement sur les chiffres.

Elle repose aussi sur le sentiment d’appartenance, sur les liens créés avec les coéquipiers, sur la confiance envers l’organisation, sur la qualité de vie et sur la conviction que l’on peut gagner avec ce groupe.

Personne ne refuse facilement 90 millions de dollars sur cinq ans.

Pourtant, si un joueur hésite ne serait-ce qu’une seconde avant de signer une telle offre, c’est peut-être la preuve que la culture d’une équipe possède une valeur qui ne peut pas être calculée sur une feuille de paie.

C’est exactement le genre de richesse que Kent Hughes tente de bâtir depuis son arrivée à Montréal.

L’histoire de Demidov ne s’est peut-être pas jouée lorsqu’il a signé son contrat de huit ans.

Elle s’est surtout écrite le jour où Kent Hughes a fait en sorte qu’il n’ait jamais à choisir entre 90 millions de dollars… et Montréal.

Comme quoi, l’argent n’achète pas toujours tout…

Ouf…