Le Canadien de Martin St-Louis prisonnier d’une logique vouée à l’échec

Le Canadien de Martin St-Louis prisonnier d’une logique vouée à l’échec

Par André Soueidan le 2026-05-07

Une étrange impression commence tranquillement à s’installer autour du Canadien de Montréal… comme si cette équipe-là avait appris à survivre, mais pas encore à imposer sa domination.

Depuis le début des séries éliminatoires, le portrait est pratiquement identique d’un match à l’autre.

Une victoire. Une défaite. Une victoire. Une défaite.

Chaque fois que le CH reçoit une claque, le groupe répond.

Chaque fois qu’on pense voir une montée de puissance, l’équipe retombe immédiatement dans ses vieux travers.

Et là, le problème devient impossible à ignorer.

Parce qu’en séries, cette logique-là mène directement vers une élimination en sept matchs.

Contre Tampa Bay, le Canadien a réussi à survivre à cette montagne russe émotionnelle grâce à des matchs extrêmement serrés, à un Jakub Dobes héroïque et à des moments magiques de Lane Hutson.

Mais Buffalo n’est pas le Lightning. Les Sabres jouent avec une lourdeur et une vitesse qui exposent quelque chose d’inquiétant chez le Canadien : cette équipe semble constamment obligée de réagir… au lieu de contrôler.

Martin St-Louis tente évidemment de calmer le jeu.

« Je sais quel genre de groupe on a. On est résilients et on l’a été toute l’année. On est un groupe confiant. On se répare, on s’améliore et on s’adapte. On ne s’en fait pas avec le dernier résultat. Qu’on gagne ou qu’on perde, on avance », a affirmé l’entraîneur-chef après le premier match contre Buffalo.

Et honnêtement, les chiffres lui donnent raison.

Depuis le 22 novembre, le Canadien affiche un dossier complètement hallucinant de 22-5-1 après une défaite.

Cette équipe-là refuse de sombrer.

Mentalement, elle est probablement beaucoup plus forte que plusieurs observateurs le croyaient il y a quelques mois encore.

Mais les séries éliminatoires ne récompensent pas seulement les équipes capables de rebondir.

Elles récompensent les équipes capables d’écraser l’adversaire pendant plusieurs matchs de suite.

Et c’est exactement là où le Canadien entre dans une zone dangereuse.

Parce qu’en suivant la logique actuelle… Montréal gagnerait le match numéro deux contre Buffalo… perdrait le troisième… gagnerait le quatrième… puis finirait par perdre le septième match.

Ça paraît ridicule dit comme ça. Pourtant, c’est exactement le rythme dans lequel l’équipe s’est enfermée depuis deux semaines.

Le plus inquiétant dans tout ça, c’est que Buffalo semble déjà avoir identifié la recette parfaite pour déranger le CH.

Les Sabres coupent la transition en zone neutre, frappent Lane Hutson dès qu’il touche à la rondelle et empêchent Cole Caufield de trouver de l’espace rapidement en entrée de territoire.

Même Nick Suzuki, qui avait semblé presque intouchable contre Tampa Bay, a eu l’air humain dans le premier affrontement.

Et malgré tout ça… Martin St-Louis continue de parler d’apprentissage, d’adaptation et de progression.

C’est noble. C’est probablement la bonne approche avec un jeune groupe.

Mais à un certain moment, le Canadien devra arrêter de célébrer sa capacité à survivre pour commencer à imposer sa présence comme une vraie puissance de séries.

Parce que Buffalo, lui, joue déjà avec cette mentalité-là.

Les Sabres ne jouent pas comme une équipe heureuse d’être arrivée en deuxième ronde.

Ils jouent comme un groupe convaincu que sa fenêtre est ouverte maintenant.

Chaque présence est jouée avec urgence. Chaque bataille est traitée comme une question de vie ou de mort.

Pendant ce temps, Montréal donne parfois l’impression d’être encore entre deux réalités.

Une équipe qui découvre son identité… mais qui hésite encore à complètement assumer qu’elle peut devenir un contender.

C’est peut-être injuste envers Martin St-Louis. Après tout, cette reconstruction semblait encore loin il y a un an à peine.

Mais le problème avec les séries éliminatoires, c’est qu’elles accélèrent tout. Les excuses disparaissent rapidement. Les leçons morales aussi.

Et soudainement, la résilience seule ne suffit plus.

Le Canadien devra maintenant apprendre quelque chose de beaucoup plus difficile : gagner avec autorité.

Sinon, cette fameuse logique risque de devenir un piège parfait.

Misère…