Jon Cooper voit rouge à l'entraînement: la guerre est déclarée à Montréal

Jon Cooper voit rouge à l'entraînement: la guerre est déclarée à Montréal

Par David Garel le 2026-04-17

Il y a deux façons d’entrer en séries. Et en ce moment, l’écart entre le Lightning de Tampa Bay et les Canadiens de Montréal saute aux yeux dès qu’on regarde ce qui se passe… loin des caméras.

À Tampa, vendredi matin, ce n’était pas une pratique. C’était une déclaration de guerre. Jon Cooper a vu rouge.

À 10 h 30, les premiers joueurs ont embarqué sur la glace du TGH Ice Plex. À 12 h 17, Jon Cooper a donné le coup de sifflet final.

Presque deux heures complètes. Deux heures à deux jours du début des séries. Pas une séance pour “garder le rythme”. Pas une petite mise en jambes. Une vraie pratique structurée, pensée, exécutée comme un entraînement de séries doit l’être.

Et Cooper ne s’en est même pas caché.

“C’était nécessaire. Je ne me souviens pas de la dernière fois qu’on a eu un vrai entraînement complet… pas juste toucher à la rondelle, mais exécuter ce qu’on voulait faire.”

Ce qu’il décrit, c’est exactement ça : un groupe qui ne veut rien laisser au hasard.

Parce qu’en séries, comme il le dit lui-même, “les mentalités changent”. Et quand ça change, les détails deviennent tout. Positionnement. Lectures. Répétitions. Automatismes. Des heures à corriger, ajuster, répéter encore.

Et les joueurs ont suivi.

Même un vétéran comme Corey Perry l’a reconnu sans détour :

“C’en était un long… mais c’était surtout des systèmes. Des choses qu’on veut peaufiner.”

Pas du patinage pour rien. Pas du spectacle. Du travail.

Du vrai.

Au cœur de cette séance-là, il y avait un point précis : les unités spéciales. Parce que le Lightning le sait, son avantage numérique a glissé en fin de saison. De 22,4 % avant la pause olympique… à 16,7 % ensuite. Une chute importante, et surtout inquiétante à ce moment de l’année.

Et ça se reflète directement sur Brayden Point.

Zéro point sur ses 11 derniers matchs en avantage numérique. Un ratio de 2,75 points par 60 minutes — le pire parmi 97 attaquants dans cette situation. Des chiffres qui ne lui ressemblent pas du tout.

Mais Cooper ne panique pas.

“Il a encore la même détermination… parfois, ça ne rentre pas. Regardez les meilleurs, même Alex Ovechkin a eu des saisons plus tranquilles.”

Traduction : ils ajustent, mais ils ne doutent pas.

Et pendant ce temps-là, à Montréal?

On parle d’entraînements courts. D’un 3 contre 3 en espace restreint. D’une ambiance presque relâchée, comme si on était encore en septembre.

Au point de célébrer la tasse de café de Lane Hutson qui humilie Alex Newhook.

À Tampa, c’est l’inverse complet.

Chaque minute est utilisée.

Chaque détail est travaillé.

Chaque faiblesse est ciblée.

Même dans l’ambiance, ça frappe. Cooper blague avec les médias, discute avec Renaud Lavoie à travers la vitre, détendu… mais sur la glace, c’est militaire. Structuré. Exigeant.

Et malgré tout ça, tout n’est pas parfait.

Le capitaine Victor Hedman est toujours absent. Aucun retour confirmé. Même chose pour Pontus Holmberg. Des morceaux importants qui manquent.

Mais ça ne change rien à l’approche.

Le groupe travaille quand même comme s’il allait livrer bataille demain matin.

Et c’est là que le contraste devient troublant.

Parce que pendant que Tampa prépare la guerre, Montréal donne encore l’impression de chercher son rythme.

D’un côté, une équipe qui corrige chaque détail pendant deux heures complètes.

De l’autre, une équipe qui expérimente encore ses combinaisons et son intensité.

Et en séries, ce genre d’écart-là… ça ne prend pas longtemps avant que ça paraisse sur la glace.

Dimanche, on va avoir la réponse.

Mais une chose est déjà claire.

Le Lightning, lui, est prêt.