Le malaise autour de Lindy Ruff commence sérieusement à prendre de l’ampleur.
Au lendemain de la victoire des Sabres de Buffalo face au Canadien de Montréal dans le premier match de la série, l’entraîneur-chef des Sabres s’est présenté devant les médias avec un discours qui soulève énormément de questions. Pas seulement à Buffalo. Partout dans la LNH.
Pourquoi?
Parce que Ruff a carrément affirmé qu’il ne connaissait pas vraiment Nick Suzuki comme joueur de hockey.
Oui, vous avez bien lu.

On parle du capitaine du Canadien de Montréal. On parle d’un joueur nommé pour le trophée Selke. On parle du meilleur centre offensif et défensif du CH. Et surtout, on parle d’un joueur qui évolue dans la même division que les Sabres depuis des années.
Les deux équipes se sont affrontées huit fois depuis l’arrivée de Ruff derrière le banc de Buffalo. Avec le match d’hier, ça monte maintenant à neuf affrontements.
Neuf.
Et malgré ça, Lindy Ruff affirme essentiellement qu’il ne connaît pas vraiment Suzuki.
La déclaration a immédiatement créé un énorme malaise.
« I’ll be honest, not a player I know real well… »
Cette phrase-là fait présentement le tour des réseaux sociaux. Des amateurs de hockey partout en Amérique du Nord n’en reviennent tout simplement pas.
Encore plus lorsqu’on entend la suite de son commentaire.
Ruff compare Suzuki à Nico Hischier. Il parle d’un joueur capable de produire offensivement, responsable défensivement, bon dans le cercle des mises au jeu et fiable dans toutes les situations.
Le problème?
Nick Suzuki est rendu dans une autre catégorie.
Nico Hischier est un excellent joueur de hockey, personne ne va prétendre le contraire. Mais son sommet en carrière est de 80 points. Suzuki, lui, est devenu le moteur complet du Canadien de Montréal. Production offensive, implication défensive, leadership, efficacité dans les moments importants… il coche toutes les cases d’un véritable joueur de concession.
Et le voir être décrit comme un joueur que Ruff “connaît peu”, ça fait sourciller énormément de monde.
Certains internautes ont même commencé à se demander si quelque chose n’allait pas avec le coach des Sabres.
Il faut dire qu’en conférence de presse, l’entraîneur de Buffalo donne parfois l’impression d’être complètement vidé. Son ton est lent. Son regard semble fatigué. À certains moments, il paraît carrément à bout de souffle devant les médias.
Évidemment, personne ne souhaite manquer de respect à Lindy Ruff. On parle d’un entraîneur d’expérience qui a consacré sa vie au hockey.
Mais présentement, les commentaires commencent à s’accumuler.
Des partisans se questionnent sérieusement sur son état général. D’autres trouvent inquiétant qu’un entraîneur qui affronte régulièrement Nick Suzuki semble incapable de réellement décrire le joueur qu’il a devant lui depuis deux saisons.
Le contraste devient encore plus étrange lorsqu’on réalise que Ruff est finaliste au trophée Jack Adams.
C’est là que plusieurs décrochent complètement.
Comment un entraîneur nommé parmi les meilleurs de la saison peut-il affirmer publiquement qu’il ne connaît pas vraiment le meilleur joueur de l’équipe qu’il affronte en deuxième ronde?
Imaginez seulement la réaction si Martin St-Louis avait tenu les mêmes propos à propos d’un joueur vedette adverse.
Le Québec exploserait.
Le plus ironique dans toute cette histoire, c’est que malgré cette sortie étrange, les Sabres ont remporté le premier match de la série. Buffalo a imposé son rythme pendant de longues séquences et le Canadien a eu énormément de difficulté à suivre le tempo.
Martin St-Louis devra maintenant décider comment utiliser cette déclaration.
Est-ce simplement une phrase maladroite?
Une tentative psychologique pour diminuer Suzuki?
Ou un signe que Lindy Ruff commence réellement à manquer de lucidité dans cette série qui s’annonce intense?
Une chose est certaine : à Montréal, plusieurs ont entendu ce commentaire comme un manque de respect direct envers leur capitaine.
Et connaissant Nick Suzuki, il y a de fortes chances qu’il réponde de la meilleure façon possible.
Sur la glace.
