Inquiétude à l'aéroport de St-Hubert: Martin St-Louis tient des propos angoissés

Inquiétude à l'aéroport de St-Hubert: Martin St-Louis tient des propos angoissés

Par David Garel le 2026-05-17

Martin St-Louis avait l'air d'un entraîneur... qui n'avait pas dormi...

Il avait l’air d’un homme vidé... et angoissé...

Le visage fermé. Les traits tirés. La peau froissée par une nuit qui n’a pas existé. Des cernes qui racontaient davantage l’histoire que ses réponses elles-mêmes.

Dimanche matin, à l’aéroport de Saint-Hubert, l’entraîneur des Canadiens de Montréal donnait l’impression d’avoir encaissé le choc de la veille plus durement qu’il ne voulait l’admettre.

Et comment lui reprocher?

Tu mènes 3-1 au Centre Bell. Tu peux éliminer les Sabres de Buffalo. Le building tremble. Puis tout s’écroule. Sept buts sans riposte. Une humiliation de 8-3. Des huées à domicile. Une foule qui quitte avant la fin.

Ça laisse des traces... dans sa face...

Même sur un gars qui essaie toujours d’avoir réponse à tout.

Martin St-Louis s’est présenté devant les journalistes avec son éternel air bête. Mais cette fois, il y avait quelque chose de différent. Quelque chose de plus inquiétant dans son regard.

Quand on lui a demandé si le désastre de samedi pouvait affecter mentalement le groupe avant le match numéro sept, sa réponse ressemblait à un homme qui tente autant de convaincre son équipe que lui-même.

Mais son visage frippée d'une nuit blanche inquiète tout le Québec.

« Il faut être fort mentalement. Il faut avoir la mémoire courte. Il faut comprendre pourquoi on n’a pas joué un bon match. Puis il faut continuer. »

Le mot revenait constamment : comprendre.

Comprendre pourquoi tout a explosé.

Comprendre pourquoi son équipe a complètement perdu le contrôle.

Comprendre comment un groupe aussi résilient peut soudainement donner sept buts de suite dans un 6 match de séries à domicile où tu poucais éliminer l'adversaire.

Mais ce qui a retenu l’attention, c’est surtout ce refus presque catégorique de parler d’un manque de maturité.

Les lignes ouvertes explosaient. Les réseaux sociaux parlaient d’une équipe jeune qui avait paniqué devant la pression. Plusieurs voyaient clairement une question de maturité émotionnelle.

Martin St-Louis, lui, a fermé la porte.

« Je ne vais pas mettre ça sur le compte de la jeunesse. On est un groupe qui n’a pas joué une bonne game ensemble. Je ne commencerai pas à faire des excuses parce qu’on est jeunes, puis prendre le crédit parce qu’on est matures même si on est jeunes. »

Ouin.

Comme dirait Michel Therrien... pas d’excuses.

Pas de raccourci facile.

Sauf qu’il y a un problème.

Quelques minutes plus tard, Phillip Danault est pratiquement venu nuancer son entraîneur.

Ouch. Ça, ça fait mal.

Le vétéran a complètement contredit Martin St-Louis et a ouvert une porte que son entraîneur venait justement de fermer.

« On a manqué de maturité, d’être capable de gérer ça à la maison. »

Le contraire des propos de son coach,

Martin refuse d’utiliser l’âge comme excuse.

Malais à l'aéroport.

Quand Nick Suzuki lui-même explique que certains joueurs veulent « trop en faire » devant les partisans, essayer de les impressionner, leur redonner de l’amour, ça ressemble justement à une équipe qui n’est pas encore totalement mature émotionnellement devant le chaos du Centre Bell.

Même Danault l’a reconnu.

« On n’a pas amené notre A-game. Ça fait mal personnellement, ça fait mal comme équipe. »

Quand un journaliste lui a demandé si ce match numéro sept représentait un exemple parfait de sa fameuse idée de « rebondir vers l’avant », il a replongé dans sa réflexion habituelle.

« Les obstacles arrivent à différents moments dans la vie. Pour nous, il vient d’arriver dans les dernières 24 heures. »

Puis la phrase qui a probablement résumé son état mental mieux que tout le reste :

« J’aimerais qu’on joue aujourd’hui. »

Voilà.

Probablement la réponse la plus honnête de toute sa conférence.

Il veut tourner la page au plus vite. On le comprend. Le pauvre n'a pas dormi de la nuit et semblait avoir vieilli de 10 ans... en 24 heures...

Samedi soir a laissé une cicatrice dans le visage du coach.

Ce n’était pas le Martin St-Louis souriant qui joue avec les mots ou qui philosophe sur le hockey avec un demi-sourire.

C’était un entraîneur fatigué... au bout du rouleau..

Un entraîneur qui sait qu’il s’est fait complètement coacher par Lindy Ruff samedi soir.

Un entraîneur qui sait aussi qu’un match numéro sept peut effacer bien des choses… ou transformer une humiliation passagère en blessure beaucoup plus profonde.

Lundi soir, il n’y aura plus de place pour les concepts, pour les leçons ou pour les explications.

Seulement une vérité.

Tu gagnes… ou tu portes cette défaite... à vie...