Le calendrier de la série Montréal-Tampa Bay vient de sortir… et ça ne passe pas.
Pourquoi? Ça ça envoie un message clair. Encore une fois.
Les Canadiens de Montréal vont amorcer leur série contre le Lightning de Tampa Bay… un dimanche en après-midi.
T'es sérieux Gary?
Dans l’absolu, ce n’est pas dramatique. Mais dans la réalité du marché québécois, c’est probablement le pire moment possible.
Les familles sont prises ailleurs, les activités sont déjà prévues, les jeunes ne sont pas devant la télé comme un samedi soir, et l’ambiance naturelle autour d’un match des séries… elle tombe à plat.
Et c’est là que ça accroche.
Parce que tout le monde le sait ce que représente un samedi soir au Centre Bell. Ce n’est pas juste un match. C’est un événement. C’est une ville complète qui vibre. C’est une énergie qui traverse l’écran. C’est exactement ce que la LNH devrait vouloir mettre de l’avant.
Mais non.
À la place, on donne :
Match #1 : dimanche après-midi à Tampa (17h45 pm)
On me dit que le CH débutera sa série dimanche soir (Tampa) à 17h45, puis jouera mardi (Tampa) à 19h ou 19h30. @TVASports
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) April 16, 2026
Match #2 : mardi
Match #3 : vendredi soir à Montréal
Match #4 : dimanche
Based on what I am hearing, here's the LIKELY schedule for the #GoBolts vs #GoHabsGo Games 1-4:
— Jimmy Murphy (@MurphysLaw74) April 16, 2026
Sunday: Game 1 at Tampa Bay (likely matinee)
Tuesday: Game 2 at Tampa Bay
Friday: Game 3 at Montreal
Sunday: Game 4 at Montreal
Donc aucun samedi soir?
La honte.
Et après ça, on va nous dire que c’est une question de logistique, que l’amphithéâtre à Tampa était occupé le samedi, que le calendrier est complexe, que tout doit s’emboîter.
Oui… mais il y a toujours une constante.
Les décisions sont prises en fonction du marché américain.
Toujours.
Gary Bettman ne s’en cache même plus. Et comme l’a très bien résumé Renaud Lavoie, même si les droits télé canadiens rapportent énormément, même si le Groupe TVA et Sportsnet paient des milliards pour ces matchs, la priorité reste du côté américain.
Dans son intervention, Lavoie est cinglant. Il explique exactement comment les décisions se prennent… et surtout, pour qui elles se prennent :
“Mais je te parle d’une possibilité, parce que si ABC rentre dans le portrait, moi, je l’ai tout le temps dit, ce n’est pas Sportsnet et ce n’est pas TVA Sports qui rentrent dans la Ligue, malgré tous les milliards. Bien plus, on en donne bien plus qu’aux États-Unis. C’est les États-Unis qui rentrent.”
Même si les diffuseurs canadiens paient davantage, même si le Canadiens de Montréal représente un marché majeur, la réalité reste la même : la ligue est construite autour du marché américain. Pas autour du Québec. Pas autour du Canada.
Lavoie pousse même l’image plus loin, presque en caricature, mais avec un fond de vérité qui frappe :
“Et quand ABC arrive et dit à Gary, on va te faire un méchant show. On va te mettre du hockey de l’après-midi à la soirée… Gary, t’embarques-tu avec nous autres? Gary devient tout excité.”
“Je pourrais dire tellement d’affaires… mais je vais citer Patrick Huard : ‘Farme ta gueule’.” pour être sûr qu'il ne se mette pas dans le trouble face à la LNJ.
On sent une frustration réelle, même chez ceux qui sont dans le système.
C’est aux États-Unis le produit est construit.
C’est là que les décisions se prennent.
Et le marché québécois, lui, s’ajuste.
Parce qu’au final, ils savent une chose : peu importe l’horaire, le Centre Bell va être plein. Les cotes d’écoute vont être bonnes. Les gens vont regarder.
Alors pourquoi se casser la tête?
C’est exactement ça, le problème.
On ne récompense pas un marché passionné. On l’exploite.
On sait que le Canadien va livrer l’ambiance, va livrer l’attention, va livrer les chiffres… alors on le place où ça arrange le reste de la ligue.
Et tant pis si ça brise le rythme naturel.
Tant pis si ça enlève ce moment unique qu’est un samedi soir de séries à Montréal.
Ce qui rend le tout encore plus frustrant, c’est que sportivement, la série est énorme. Deux équipes de 100+ points. Une rivalité qui s’est construite. Une intensité garantie.
Et malgré ça, on se retrouve avec un horaire éclaté, sans logique locale, sans respect pour ce que représente ce marché-là.
Au final, ce n’est pas juste une question d’heures de match.
C’est une question de priorité.
Et encore une fois, le message est clair : les États-Unis sont rois... et le Québec est né pour un petit pain...
