Gary Bettman encaisse un revers majeur : le hockey québécois respire enfin

Gary Bettman encaisse un revers majeur : le hockey québécois respire enfin

William Petit Lemay
Le 2026-06-06
lnh gary bettman

La NCAA vient de poser un geste qui pourrait avoir des répercussions importantes sur tout l’écosystème du hockey nord-américain. Une décision qui touche directement le développement des jeunes joueurs, qui influence la LHJMQ et qui, à long terme, aura aussi un impact sur la LNH.

Depuis plusieurs mois, plusieurs intervenants du milieu du hockey s’inquiétaient du projet de la NCAA visant à faire démarrer le compteur d’admissibilité des athlètes dès la fin du secondaire ou à leur 19e anniversaire, selon la première éventualité.

Finalement, la NCAA a choisi de reculer.

L’organisation a annoncé que la période d’admissibilité de cinq ans débutera plutôt lors de l’inscription à temps plein dans un établissement scolaire ou au début de l’année académique suivant le 19e anniversaire du joueur.

Cette nuance peut sembler technique à première vue, mais elle change énormément de choses pour le hockey.

Pourquoi?

Tout simplement parce que le parcours des joueurs de hockey n’est pas le même que celui des athlètes de football, de basketball ou de baseball. Plusieurs jeunes passent d’abord par les rangs juniors avant de faire le saut vers le hockey universitaire américain.

C’est précisément ce que Bill Daly, commissaire adjoint de la LNH, expliquait récemment en affirmant que la ligue n’appuyait pas le projet initial de la NCAA.

Gary Bettman partageait également cette inquiétude. Selon lui, une règle uniforme appliquée à tous les sports risquait de nuire à certains systèmes de développement déjà bien établis.

Dans ce dossier, la NCAA a finalement écouté les nombreuses voix provenant du monde du hockey.

Pour le Québec, cette nouvelle pourrait représenter un petit souffle d’air frais.

Depuis que la NCAA a ouvert ses portes aux joueurs provenant du hockey junior majeur canadien, plusieurs observateurs constatent une véritable migration des talents vers les universités américaines.

Les exemples se multiplient.

Émile Guité a choisi l’Université du New Hampshire. William Lacelle prendra la direction de l’Université du Nebraska-Omaha. Charlie Morrison poursuivra son parcours avec l’Université du Connecticut. Xavier Villeneuve a quant à lui choisi l’Université de Boston.

Cette tendance inquiète plusieurs personnes au sein de la LHJMQ.

Pendant longtemps, les meilleures années de développement des joueurs québécois se déroulaient presque exclusivement dans le circuit junior majeur. Aujourd’hui, la NCAA représente une option de plus en plus attrayante pour plusieurs jeunes espoirs.

C’est justement pourquoi cette modification réglementaire attire autant l’attention.

Un joueur peut maintenant continuer son développement junior sans voir sa fenêtre universitaire se refermer aussi rapidement qu’avec le projet initial. Cela offre davantage de flexibilité et permet aux ligues juniors canadiennes de conserver une partie de leur attrait.

Pour le hockey québécois, chaque saison supplémentaire passée dans la LHJMQ représente une occasion de garder davantage de talent à la maison, de maintenir un bon niveau de compétition et de favoriser le développement des jeunes joueurs devant les partisans d’ici.

La situation demeure tout de même complexe.

La NCAA continue d’exercer une attraction énorme auprès des espoirs. Les installations, les études, les ressources financières et la qualité du développement demeurent des arguments très convaincants.

Personne ne s’attend à voir l’exode des joueurs s’arrêter du jour au lendemain.

Par contre, cette décision démontre que la NCAA a entendu les préoccupations exprimées par la LNH, les ligues juniors canadiennes, USA Hockey et plusieurs autres acteurs importants du milieu.

Une chose est certaine : lorsque Gary Bettman, Bill Daly, les ligues juniors canadiennes et plusieurs organisations de développement parlent d’une seule voix, il devient difficile d’ignorer le message.

Cette fois, la NCAA a choisi d’ajuster son tir. Pour le hockey québécois, ce changement représente une rare bonne nouvelle dans un dossier où plusieurs craignaient de voir encore plus de jeunes talents quitter vers les États-Unis.