Jacob Fowler n’a visiblement pas digéré la décision du Canadien de Montréal. Cinq jours après avoir été retranché et envoyé à Laval, le jeune gardien a encore la situation en travers de la gorge. Cette fois, il l’a dit publiquement, sans chercher à cacher sa déception.
« J’ai amorcé le camp comme tout le monde, je voulais faire l’équipe. Évidemment, je n’étais pas heureux de la conversation que nous avons eue », a déclaré Fowler après son premier match de la saison avec le Rocket.
Le message est difficile à interpréter autrement.
Fowler voulait faire le Canadien. Il croyait avoir fait suffisamment durant le camp pour mériter le poste d’auxiliaire derrière Jakub Dobeš. L’organisation a plutôt choisi Samuel Montembeault, laissant son jeune gardien amorcer la saison dans la Ligue américaine.
Pour Fowler, la décision ne correspond visiblement pas à son évaluation de son propre camp.
« Je trouve que j’en ai suffisamment fait pour être de l’équipe, mais ça ne semble pas être le cas », a-t-il ajouté.
Cette déclaration arrive après une première sortie qui donne encore plus de poids à sa frustration.
Vendredi soir, Fowler a été envoyé dans une situation particulièrement difficile contre le Crunch de Syracuse. Le Rocket a été dominé 20-8 au chapitre des tirs après deux périodes et a finalement perdu 2-0. Malgré cette domination, le gardien de 21 ans a maintenu son équipe dans le match pendant une grande partie de la soirée.
Il a repoussé 29 des 31 tirs dirigés vers lui, terminant la rencontre avec un taux d’efficacité de ,935. Fowler a notamment réalisé plusieurs arrêts importants sur des chances de grande qualité, dont deux échappées en deuxième période.
Sans son travail devant le filet, le pointage aurait pu devenir beaucoup plus difficile pour Laval.
La situation crée donc un drôle de contraste. Le gardien vient de connaître une excellente performance dans la Ligue américaine tout en répétant publiquement qu’il croyait mériter une place à Montréal.
Kent Hughes et son équipe doivent maintenant composer avec un joueur qui veut clairement être dans la LNH.
Fowler n’a pas simplement accepté sa rétrogradation en silence. Il a reconnu qu’il devait agir en professionnel et respecter la décision de l’organisation, tout en expliquant qu’il n’était pas satisfait de la conversation avec la direction.
Cette nuance est importante.
Le jeune gardien ne remet pas publiquement en question son avenir avec le Canadien. Il affirme plutôt qu’il pense avoir fait assez pour gagner sa place. Son niveau de confiance reste donc élevé, même si son statut actuel ne correspond pas à ses attentes.
Le dossier des gardiens ajoute aussi une couche supplémentaire à cette histoire. Jakub Dobeš a obtenu le poste de partant et Montembeault celui d’auxiliaire. Fowler doit maintenant accumuler les départs avec le Rocket en attendant qu’une ouverture se présente à Montréal.
Reste à voir combien de temps cette situation pourra durer si ses performances continuent de parler en sa faveur.
Fowler est considéré comme une pièce importante de l’avenir du Canadien. Il a maintenant l’occasion de transformer sa frustration en performances et de forcer Hughes à revoir ses options.
Pour l’instant, son message est clair : il voulait Montréal, il croit avoir mérité Montréal et il n’a toujours pas digéré la décision qui l’a envoyé à Laval.
Le goût amer, lui, est encore bien présent.
Ouch...
