Frissons dans la salle de presse: le message de Martin St-Louis pour Arber Xhekaj

Frissons dans la salle de presse: le message de Martin St-Louis pour Arber Xhekaj

Par David Garel le 2026-04-20

Quel moment avons-nous vécu durant la conférence de presse de Martin St-Louis.

Les fleurs qu'il a lancées à Arber Xhekaj... nous ont donné des frissons dans le dos...

Il y a des moments qui passent sous le radar, mais qui en disent long sur une équipe… et sur un joueur. Ce que Arber Xhekaj est en train de vivre, en ce moment, en fait partie.

Parce que pendant longtemps, son histoire avec Martin St-Louis n’a jamais été simple.

Cette relation-là entre le shérif et son coach ne s’est jamais construite dans la facilité.

Il y a eu des frictions. Des messages lancés publiquement. Des décisions difficiles à comprendre de l’extérieur. Des séquences où Xhekaj disparaissait complètement de l’alignement, comme s’il ne faisait plus partie du plan. Ou quand Marty l'a envoyé... comme attaquant...

Et pendant ce temps, autour de lui, tout prenait de l’ampleur : le surnom du Shérif énervait profondément Martin St-Louis, au point que le coach affirme que personne ne l'appelait comme ça dans la chambre.

Le coach a tenté d’effacer le personnage. De faire disparaître le “Shérif”.

« Vous l’appelez comme ça, mais pas nous », avait-il lancé froidement. C'était cinglant. C’était un message clair : ici, on ne construit pas une marque, on construit une équipe.

Le lendemain, Cole Caufield avait avoué que tout le monde l'appelait ainsi, ce qui avait placé le coach dans l'eau chaude publiquement.

Ce n'est pas tout les campagnes marketing qui rendaient fou St-Louis, le fameux burger, les publicités, l’image qui dépassait le joueur.

Et ça, St-Louis n’a jamais été à l’aise avec ça, au point que le coach a snobé le lancement de sa campagne chez la "Belle et le Boeuf".

Au point que Renaud Lavoie a clamé que Xhekaj allait être échangé.

Parce que pour le coach, tout ce qui sort du cadre du hockey devient un problème. Il veut du contrôle. Il veut de la constance. Il veut des joueurs qui ne font pas de bruit en dehors de la glace. Et Xhekaj, malgré lui, est devenu exactement l’inverse : un symbole, une figure populaire, un phénomène médiatique.

Et pendant un bon moment, Xhekaj a payé pour ça.

Utilisation limitée. Messages envoyés publiquement. Moments où il disparaissait complètement de la rotation. On sentait une méfiance, presque une retenue du coach envers ce défenseur capable du meilleur… comme du pire.

Mais Xhekaj a enfin compris ce que St-Louis voulait… sans renier ce qu’il est.

Il n’a pas arrêté d’être physique. Il n’a pas arrêté d’imposer sa présence. Mais il a enlevé les stupidités. Les réactions inutiles. Les pénalités évitables. La violence gratuite.

Il est passé d’un joueur émotif à un joueur maîtrisé... qui fait toujours aussi peur...

Et ça, pour un entraîneur comme St-Louis, ça change tout.

Parce que soudainement, ce n’est plus un projet à encadrer.

C’est un outil qu’il peut utiliser.

C’est peut-être la première fois que Xhekaj joue exactement le hockey que son coach exige depuis le jour un.

Et là, tout change.

Pas dans les mots.

Dans les gestes.

St-Louis lui donne des minutes. Des vraies. Dans des moments importants. Dans un match serré, en séries, avec l’égalité au tableau, Xhekaj est sur la glace à deux minutes de la fin.

Ça, ce n’est pas un hasard.

Ça, c’est un message.

« Il nous donne du bon hockey quand il joue comme ça. Et ce n’est pas seulement hier, depuis les cinq ou six derniers matchs, il a bâti son jeu et on n’a pas peur de lui donner ces moments-là avec ce qu’il nous montre. »

C’est clair. Direct. Et surtout, c’est lourd de sens.

Parce que Xhekaj n’a pas changé qui il est.

Il a changé comment il joue.

Il a compris.

Dans le premier match, il a frappé. Il a tiré. Il a été présent physiquement. Mais surtout, il a été intelligent. Il n’a pas mordu aux provocations. Il a reculé quand il fallait. Il a refusé de tomber dans les pièges.

Et ça, c’est exactement ce que son entraîneur voulait voir.

« Il a joué un match physique, mais contenu, et il a gardé son jeu simple. »

C’est là que tout se joue.

Parce que les critiques, elles ont été violentes. Certains l’ont traité de mou, de gars qui ne répond plus, qui ne fait plus peur à personne. Comme si retenir ses coups, c’était reculer.

Alors que c’est l’inverse.

C’est évoluer.

Xhekaj n’est pas devenu plus doux.

Il est devenu plus dangereux.

Parce qu’il choisit ses moments.

Parce qu’il ne donne plus d’avantages gratuits.

Parce qu’il comprend que son impact ne se mesure pas juste en bagarres… mais en présence sur la glace quand ça compte vraiment.

Et ça, Martin St-Louis l’a vu.

Il ne l’a pas dit avec des grandes phrases.

Il l’a prouvé en lui faisant confiance.

Dans un contexte où la ligne bleue est affaiblie, sans Noah Dobson, avec des blessures qui s’accumulent, Xhekaj ne remplit plus juste un rôle.

Il devient une pièce importante.

Une pièce fiable.

Et dans une série comme celle-là, où l’émotion déborde, où les provocations sont constantes, où chaque erreur peut coûter un match…

Ce type de maturité change tout.

Ce n’est pas juste une belle histoire.

C’est un tournant.

Pour Xhekaj.

Et peut-être aussi pour la perception qu’on avait de lui.