Il régnait une drôle d’ambiance mardi matin à Brossard.
Une ambiance de fin de chapitre pour certains.
Une ambiance d’incertitude pour d’autres.
Une ambiance qui résume parfaitement l’été qui attend le Canadien de Montréal.
Sur la glace du complexe d’entraînement, plusieurs visages familiers étaient présents. Nick Suzuki. Phillip Danault. Jacob Fowler. Ivan Demidov. Alexander Zharovsky.
Et surtout Brendan Gallagher.
Pendant quelques minutes, plusieurs fans se sont arrêtés sur cette image.
Gallagher en uniforme d’entraînement du Canadien.
Pour la dernière fois.
Plus les jours avancent, plus une conclusion s’impose.
Le numéro 11 était sur la glace de Brossard pour la dernière fois... à vie...
Du moins en tant que joueur du CH et non comme coach du développement (un poste qui l'attend assurément).
Ce n’est plus un secret dans les corridors de la LNH.
Gallagher sera échangé dans les prochains jours alors que Vancouver l'attend.
Son agent Gerry Johansson travaille directement avec Kent Hughes et les Canucks afin de trouver une solution satisfaisante pour tout le monde.
Les représentants du vétéran ont même tenu à souligner à quel point le directeur général du Canadien collabore activement dans le dossier... avec sa classe habituelle...
« Kent est incroyable. Très coopératif. »
Cette phrase résume parfaitement où en est la situation.
Personne ne cherche une confrontation.
Personne ne cherche à forcer quoi que ce soit.
Les deux camps veulent simplement tourner la page avec respect.
Selon plusieurs informations qui circulent présentement, Vancouver demeure la destination la plus logique.
Gallagher adore la Colombie-Britannique.
Les Canucks cherchent du leadership.
Les Canucks cherchent aussi du salaire pour les aider à gérer certaines manœuvres financières qui pourraient survenir au cours des prochaines semaines. Ils veulent être certains d'atteindre le plancher salarial.
Le dossier avance.
Une source a même comparé les négociations à une partie de baseball rendue au deuxième coussin.
La transaction n’est pas complétée.
Mais plusieurs étapes importantes ont déjà été franchies.
Kent Hughes conserve toutefois un atout important dans sa manche.
La possibilité de racheter le contrat de Gallagher plus tard durant l’été demeure bien réelle.
Cette simple possibilité change complètement la dynamique des discussions.
Aucune équipe ne pourra exiger un prix déraisonnable pour absorber son contrat.
Le Canadien possède d’autres options.
C’est exactement ce qui lui permet de négocier en position de force.
Pendant que l’avenir de Gallagher se dessine tranquillement, un autre dossier continue de faire énormément parler.
Matthew Knies.
Encore lui... toujours lui...
Selon Darren Dreger, plusieurs organisations ont recommencé à appeler Toronto au sujet du puissant attaquant de 23 ans.
« On m’a dit que plusieurs équipes faisaient leurs devoirs sur Knies. »
Cette phrase a immédiatement fait réagir Montréal.
Pourquoi?
Parce que tout le monde se souvient encore de la transaction avortée à la date limite.
Cette transaction aurait envoyé Knies chez le Canadien pour Alexander Zharovsky, deux choix de 1re ronde et Bryce Pickford avant que la LNH juge que les documents avaient été transmis après l’heure limite.
Plus le temps passe, plus cette histoire va marquer l'histoire de Montréal dans la section des feuilletons sans fin.
Knies a récolté 66 points en 79 matchs.
Il possède exactement le profil que recherche Kent Hughes.
Du talent.
Du caractère.
Du gabarit.
De la robustesse.
Une présence capable de transformer complètement un top-6.
Le plus intéressant demeure toutefois ce que Kent Hughes lui-même a déclaré lors de son bilan de saison.
Sans jamais nommer le joueur concerné, il a confirmé qu’il comptait revisiter le fameux dossier qui avait échappé au Canadien à la date limite.
Le message était clair.
Montréal n’a jamais complètement fermé le livre.
Et tout indique aujourd’hui que le téléphone continue de fonctionner entre les deux organisations.
Cette réalité place Alexander Zharovsky dans une position horrible.
Le jeune espoir russe est arrivé à Montréal avec le sourire.
Avec l’enthousiasme d’un joueur qui rêve de son avenir dans l’organisation.
Ivan Demidov l’a immédiatement pris sous son aile.
Les deux Russes s’entraînent ensemble.
Demidov lui fait découvrir la ville.
Il l’accompagne dans son intégration.
Il veut clairement faciliter sa transition.
Le problème?
Tout le monde sait maintenant que Zharovsky a circulé dans plusieurs discussions importantes.
Tout le monde sait que son nom a été associé au dossier Knies.
Tout le monde sait que le Canadien le considère comme une monnaie d’échange de très grande valeur.
Impossible de prétendre le contraire.
Lorsque ton nom revient constamment dans les négociations impliquant des joueurs vedettes, tu finis par comprendre le message.
Tu comprends que ton avenir n’est pas totalement entre tes mains.
Tu comprends que les dirigeants apprécient ton talent.
Mais tu comprends aussi qu’ils sont prêts à l’utiliser pour obtenir un morceau encore plus important.
Mardi matin, les gens à Brossard ont trouvé Zharovsky particulièrement discret.
Particulièrement concentré.
Particulièrement nerveux.
Difficile de lui reprocher quoi que ce soit.
Son nom circule partout.
Les rumeurs s’accumulent.
Les spéculations explosent.
Et pendant ce temps, Kent Hughes continue de magasiner agressivement.
L’été du Canadien ne fait que commencer.
Gallagher paraît de plus en plus près de la sortie.
Le dossier Knies continue de vivre, même si le DG des Leafs, John Chayka, jure que son attaquant n'est plus disponible.
Zharovsky se retrouve au centre des spéculations de toute façon alors que son nom circule à Anaheim pour Mason McTavish, à Détroit pour Dylan Larkin et au New Jersey pour Nico Hischier.
Plus les jours avancent, plus une impression s’installe à travers la ligue.
Kent Hughes prépare quelque chose.
Quelque chose d’important.
Quelque chose qui pourrait transformer profondément le visage du Canadien de Montréal.
Une transaction est imminente. On parle de quelques jours pour Gallagher. Et pour Zharovsky, les nuits blanches vont continuer.
Car les rumeurs ne se couchent jamais.
