On assiste à un effondrement sans précédent concernant Gleb Pugachyov.
Il faut déjà déclarer le choix de première ronde du Canadien de Montréal comme un échec selon l'ancien recruteur du CH, Grant McCagg.
« J’ai regardé ses quatre matchs préparatoires jusqu’à maintenant et je dois dire que je suis non seulement un peu déçu, mais assez déçu de son jeu. »
Ce qui l’inquiète encore davantage, c’est que Pugachyov ne semble pas se rapprocher de la KHL.
Il s’en éloigne.
McCagg pensait que le jeune attaquant passerait tout le camp avec le Torpedo de Nijni Novgorod, qu’il obtiendrait quelques matchs et qu’il aurait une véritable chance de commencer la saison dans la KHL.
À la place, il se retrouve déjà dans la MHL, le circuit junior russe.
« Je pensais honnêtement qu’il serait dans le camp de la KHL tout le camp, qu’il jouerait quelques matchs et qu’il ferait partie de l’équipe pour commencer la saison. »
Et maintenant?
« Je ne pense pas qu’ils seront pressés de le rappeler pour l’instant. »
Ça fait mal.
On parle d’un joueur sélectionné au premier tour.
Et le problème n’est pas uniquement sa production.
C’est son rythme.
Son coup de patin.
Son niveau d’engagement.
Sa constance.
McCagg ne voit tout simplement pas le joueur qui avait convaincu le Canadien de le sélectionner aussi haut.
« Il va devoir se mettre en marche ici. Pas seulement au niveau des points, pas seulement offensivement, mais dans son ensemble. »
Puis il attaque directement l’un des problèmes les plus évidents dans son jeu actuel.
« Il faut qu’il devienne un peu plus rapide. Je n’ai pas aimé son rythme jusqu’à maintenant. »
Et McCagg va même jusqu’à remettre en question la préparation physique de Pugachyov.
Il a regardé les images de son entraînement estival et n’a pas été impressionné par l’orientation de son travail.
Selon lui, le jeune Russe semble avoir mis l’accent sur la force et la prise de masse alors que son véritable besoin était ailleurs: la vitesse sur ses patins.
« Je ne sais pas s’il a fait le bon entraînement durant l’été. »
Puis vient cette comparaison qui devrait faire grincer des dents à Montréal.
« Il a peut-être fait le même genre d’entraînement que Florian Xhekaj l’été dernier : mettre du muscle, mettre du muscle, alors qu’il n’avait pas vraiment besoin de mettre du muscle. Il avait besoin de continuer à travailler sur sa rapidité. »
Et McCagg ne s’arrête pas là.
Il explique quelque chose de très simple : être fort ne sert à rien si tu n’es pas capable d’arriver à temps pour utiliser cette force.
« Tu peux être aussi fort que tu veux, mais si tu n’es pas capable de rattraper un gars pour le frapper, ça ne sert pas vraiment à grand-chose. »
Ouch.
Pugachyov a justement été sélectionné parce qu’il était censé être le Tom Wilson 2.0.
« Il y a beaucoup de présaison où je l’ai vu simplement se promener et être un peu en mode croisière. »
Et les chiffres viennent enfoncer le clou.
En trois matchs dans la MHL, Pugachyov n’a récolté qu’un seul but, dans un filet désert, sans passe, avec cinq mises en échec et un différentiel de moins-2.
McCagg rappelle également qu’il n’a marqué que six buts à ses 41 derniers matchs.
« Je n’ai pas encore vu cette compétitivité constante de Pugachyov durant cette présaison. »
Puis il compare directement son engagement à celui d’un autre espoir du Canadien.
« Ce n’est pas comme ça que Vinny Rohrer joue. Lui, il démontre cette compétitivité constante à chaque présence. »
Le problème devient donc beaucoup plus sérieux.
Pugachyov ne peut pas compenser un manque de talent offensif par une absence de constance dans son jeu.
« Ils l’ont repêché au premier tour parce qu’il compétitionne constamment. »
Kent Hughes s'est avancé au repêchage pour un joueur qui travaille sans relâche, qui frappe, qui gagne ses batailles et qui rend la vie misérable à l’adversaire.
Puis il en remet une couche.
« La présaison, c’est arriver et jouer. Montrer à la grosse équipe ce que tu peux faire. »
« Il est supposé auditionner pour une place dans la KHL. »
Alors il ne peut pas décider de jouer à moitié.
« Tu penses que ne pas frapper les gars va te faire rappeler et jouer dans la KHL? »
McCagg voit également un problème de maturité émotionnelle.
Pugachyov a déjà démontré qu’il pouvait perdre le contrôle et poser des gestes inutiles.
Martin St-Louis apparaît comme un homme qui va mépriser Pugachyov.
« Marty va avoir des hauts et des bas avec lui. »
Puis McCagg fait une comparaison très claire.
« S’il en a eu avec Arber, j’ai le sentiment qu’il va y avoir quelques conversations entre Marty et Gleb. »
Pugachev devra apprendre à contrôler ses émotions, surtout s’il veut un jour jouer dans la LNH.
McCagg a notamment montré une séquence où Pugachev frappe un joueur par-derrière, puis une autre où il se laisse emporter après avoir été provoqué.
Le résultat?
Une pénalité.
Une situation dangereuse pour son équipe.
Et éventuellement une défaite.
« Il a coûté son équipe aujourd’hui. »
McCagg va même jusqu’à dire qu’avec Martin St-Louis, ce genre de comportement pourrait avoir des conséquences immédiates.
« Il est sur le banc ou envoyé dans les mineures s’il fait ça. »
Et il y a une autre phrase qui risque de faire très mal aux partisans du Canadien.
Après avoir analysé l’ensemble des matchs qu’il a vus, McCagg ne croit tout simplement pas avoir regardé un joueur qui ressemble à un choix de première ronde.
« Je ne pense pas qu’il ait amélioré son jeu depuis la saison dernière, et il doit continuer à s’améliorer. »
Puis vient son verdict le plus sévère :
« Si les quatre matchs que j’ai vus cette présaison étaient la façon dont je jugeais si un gars devait être un choix de première ronde ou non, je n’aurais probablement pas sélectionné Pugachyv dans les trois premières rondes. »
Voilà la bombe.
« Je ne le vois pas être rappelé dans la KHL pour terminer la présaison, c’est certain. »
« Pour un gars qui est supposé être tout au sujet de la victoire… il faut contrôler ses émotions à ce moment-là. »
Le Canadien n’a pas besoin d’un autre Florian Xhekaj, Arber Xhekaj. ou un autre poulet sans tête.
Misère.
