Effondrement de Juraj Slafkovsky: Martin St-Louis a tout perdu

Effondrement de Juraj Slafkovsky: Martin St-Louis a tout perdu

Par David Garel le 2026-05-13

Il va falloir dire les vraies affaires sur cette défaite de 3-2.

Oui, le bond absurde de la porte de la Zamboni a changé le match.

Oui, les Sabres de Buffalo ont eu un but chanceux.

Oui, l’avantage numérique du Canadien n’a pas capitalisé assez. (1 en 7)

Mais au final, un des gros responsables de cette défaite s’appelle Martin St. Louis.

Et ça mérite d’être dit.

Mardi soir, il a coaché un match très difficile... pour ne pas dire horrible..

Probablement son plus faible derrière le banc depuis le début des séries.

Le problème numéro un?

L’absence totale d’ajustements.

C’est pourtant devenu une force de Martin St-Louis depuis deux ans. Quand une série tourne mal, il bouge. Il modifie ses combinaisons. Il brasse ses cartes. Il lit les émotions du match. Il sent le momentum.

Contre le Lightning de Tampa Bay, il avait constamment ajusté ses trios.

Même chose plus tôt dans cette série contre les Sabres.

Mardi?

Rien.

Ou presque.

Et ça saute aux yeux quand on regarde le dossier de Juraj Slafkovsky.

Soyons honnêtes : malgré sa passe sur le but en avantage numérique de Cole Caufield, Slafkovsky a connu un match atroce.

Des revirements à la pelletée.

Des décisions forcées.

Une tendance à vouloir battre trois joueurs tout seul.

Des jeux compliqués quand le match demandait de la simplicité.

Il était frustré. En retard mentalement sur certaines séquences. Incapable de retrouver son rythme.

Et pourtant?

23 minutes et 10 secondes de temps de jeu. Quoi? Quand c'était le pire attaquant du CH sur la glace.

C’est énorme pour un joueur qui n’avait clairement pas sa game.

À un certain moment, un entraîneur doit protéger son joueur contre lui-même.

Le ramener un peu.

Lui enlever de la pression.

Changer ses compagnons de trio.

Essayer autre chose.

Pendant ce temps-là, Kirby Dach a joué seulement 8 minutes et 51 secondes.

Dans un match de séries.

Quand ton top-6 tourne en rond.

Comment expliques-tu un écart aussi gigantesque?

Même logique du côté de la défensive.

On comprend qu’en séries, les grosses minutes existent.

Mais il y a une différence entre faire confiance à tes chevaux… et les brûler.

Lane Hutson : 28:02.

Noah Dobson : 24:09.

Mike Matheson : plus de 22 minutes.

Alexandre Carrier : 17 minutes.

Kaiden Guhle : 15:16.

Et Arber Xhekaj?

3 minutes et 46 secondes.

À ce stade-là, pourquoi l’habiller?

Surtout dans un match physique, sale, émotif, exactement le genre de rencontre où sa présence peut changer le ton d’un banc.

Les Sabres avaient habillé Luke Schenn pour le confronter. Et au lieu de donner la chance au shérif de faire un homme de lui-même, il le rabaisse en lui faisant réchauffer le banc.

On peut aimer ou non certaines décisions de Xhekaj.

On peut critiquer son indiscipline parfois.

Mais si tu l’habilles pour jouer ce style de hockey… puis tu le fais pratiquement regarder le match pendant deux périodes et demie, ça devient difficile à comprendre.

Le plus inquiétant?

Le Canadien semblait fatigué en troisième.

Les jambes étaient plus lourdes.

Les décisions plus lentes.

Les Sabres retrouvaient tranquillement leur identité défensive.

Et pendant ce temps, Martin St-Louis continuait essentiellement avec les mêmes cartes.

Aucun vrai électrochoc.

Aucun changement de trio majeur.

Aucune tentative claire pour casser le rythme.

C’est ça qui surprend le plus.

D’habitude, Martin est un coach instinctif.

Un coach qui sent sa game.

Mardi, il a eu l’air figé.

Et dans une série maintenant égale 2-2, le cinquième match à Buffalo devient énorme.

Le Canadien n’a pas perdu cette rencontre uniquement à cause d’un mauvais bond.

Il a aussi perdu une bataille derrière le banc.

Martin St-Louis s'est fait manger tout ronde par Lindy Ruff hier soir... au pire timing possible...