Disparition à Québec: le passé de Pierre-Karl Péladeau le rattrape

Disparition à Québec: le passé de Pierre-Karl Péladeau le rattrape

David Garel
Le 2026-07-30

Bill Daly vient de faire voler en éclats l’un des plus grands mythes de l’histoire des Nordiques

Pendant des années, le débat sur le retour des Nordiques s’est résumé à une question : est-ce que la LNH voulait réellement revenir à Québec?

Cette semaine, le numéro deux de la ligue répète ce que tout le monde sait: Pierre-Karl Péladeau n'a jamais fait d'offre pour les Nordiques.

Invité au balado The Eye Test avec Pierre McGuire et Jimmy Murphy, le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, a lancé une déclaration qui mérite qu’on s’y attarde.

Selon lui, le principal obstacle n’est pas la faiblesse du dollar canadien. Ce n’est pas le Centre Vidéotron. Ce n’est pas le marché de Québec. Ce n’est même pas Gary Bettman.

Le véritable problème est ailleurs.

« Le plus grand enjeu auquel nous avons été confrontés à Québec, c’est que nous n’avons pas identifié un propriétaire prêt à payer le prix demandé pour obtenir une équipe, ou prêt à exploiter une concession à long terme à Québec. »

Pauvre Péladeau. Après Bettman, c'est Daly qui l'envoie sous l'autobus.

l problème n’a jamais été l’amour des Québécois pour le hockey. Bill Daly a même rappelé que la ligue explore le dossier de Québec depuis plus de dix ans, depuis le processus d’expansion qui a finalement mené à l’arrivée de Las Vegas.

Québec n’a jamais disparu des radars de la LNH.

Les discussions ont continué.

Les rencontres ont eu lieu à plusieurs reprises depuis 10 ans.

Mais, selon Daly, la ligue n’a toujours pas trouvé un propriétaire répondant à ses critères.

Cette précision est capitale parce qu’elle contredit directement le discours répété pendant des années selon lequel Gary Bettman aurait fermé la porte à double tour au marché de Québec.

Version véhiculée... par Péladeau lui-même pour sauver la face.

Bill Daly affirme essentiellement que la porte n’a jamais été complètement verrouillée.

Encore faut-il que quelqu’un la pousse jusqu’au bout.

Cette déclaration arrive d’ailleurs peu de temps après les propos de Pierre LeBrun, qui se montre beaucoup plus pessimiste.

Selon l’informateur de TSN, la meilleure occasion de revoir les Nordiques est passée au moment où la LNH a accordé une franchise à Las Vegas. Depuis, les difficultés vécues dans certains petits marchés canadiens, notamment Winnipeg et Ottawa, auraient refroidi l’enthousiasme de la ligue envers une autre équipe canadienne.

LeBrun croit que, dans les circonstances actuelles, les chances de revoir les Nordiques sont extrêmement minces, pour ne pas dire inexistantes.

Renaud Lavoie ne partage absolument pas cette lecture.

Selon lui, la LNH demeure une entreprise. Si un investisseur crédible se présente devant Gary Bettman avec un projet solide, un propriétaire engagé à long terme et les milliards nécessaires pour obtenir une franchise, la ligue écoutera.

Lavoie rappelle également un élément souvent oublié : un récent sondage réalisé auprès des joueurs de la LNH plaçait Québec parmi les villes les plus populaires pour accueillir une équipe d’expansion.

Ce n’est pas un sondage de partisans nostalgiques. Ce sont les joueurs eux-mêmes qui reconnaissent le potentiel du marché québécois, l’ambiance unique qui règnerait au Centre Vidéotron et la passion incomparable des amateurs.

Les joueurs ne décident pas de l’expansion.

Les gouverneurs, oui.

Mais lorsque ceux qui jouent dans la ligue considèrent Québec comme une destination de premier plan, cela démontre que le marché conserve une crédibilité importante à l’intérieur même du monde du hockey.

Bill Daly est également venu balayer un autre argument souvent invoqué.

La faiblesse du dollar canadien?

Selon lui, ce n’est pas un obstacle déterminant.

Oui, cela représente un défi.

Comme il existe des défis dans tous les marchés.

Mais ce n’est pas ce qui empêche Québec d’obtenir une franchise.

Le message est cinglant.

La LNH ne pointe pas du doigt le Centre Vidéotron.

Elle ne pointe pas du doigt les partisans.

Elle ne pointe pas du doigt l’économie de Québec.

Elle reconnaît Pierre-Karl Péladeau coupable sur toute la ligne, lui qui a disparu des radars à chaque fois qu'on parle des B

Elle affirme que le dossier ne pourra avancer que lorsqu’un propriétaire convaincra la ligue qu’il est prêt à investir les sommes exigées et à exploiter une concession pendant des décennies.

Pendant ce temps, la valeur des équipes continue de grimper à une vitesse spectaculaire.

Les droits de télévision explosent.

Les revenus de la ligue atteignent des sommets.

Les évaluations financières publiées ces dernières années montrent qu’une franchise de la LNH vaut aujourd’hui plusieurs fois ce qu’elle valait lors du processus d’expansion ayant mené à l’arrivée de Las Vegas.

Chaque nouvelle hausse de valeur rappelle à quel point cette période a représenté un moment charnière pour Québec.

C'est ce qui s'appelle rater le bâteau.

Bill Daly vient de rappeler une réalité incontournable.

Le retour d’une équipe à Québec ne dépend pas d’une campagne de nostalgie, ni de mensonges véhiculés pour faire passer Bettman comme le grand méchant de l'histoire, alors qu'en réalité, c'est Péladeau qui a "choké".

Les chiffres donnent aujourd’hui le vertige.

Lorsque la LNH a lancé son processus d’expansion menant à l’arrivée de Las Vegas, le prix d’entrée était de 500 millions de dollars américains. À l’époque, cette somme semblait énorme. Plusieurs se demandaient si une concession pouvait réellement valoir un tel montant.

Neuf ans plus tard, la réponse est sans appel.

La valeur moyenne d’une équipe de la LNH atteint maintenant environ 2,2 milliards de dollars américains. (⁠Yardbarker)

Les Maple Leafs de Toronto sont évalués à environ 4,3 milliards de dollars. Les Rangers de New York suivent à près de 3,8 milliards. Le Canadien de Montréal dépasse les 3,4 milliards. Les Kings de Los Angeles avoisinent 3,15 milliards, les Oilers d’Edmonton franchissent les 3,1 milliards et les Bruins de Boston dépassent les 3 milliards.

Même les équipes situées au bas du classement des évaluations affichent aujourd’hui des valeurs qui auraient semblé inimaginables en 2016. Les Jets de Winnipeg valent environ 1,46 milliard, les Sénateurs d’Ottawa près de 1,44 milliard, les Sabres de Buffalo environ 1,42 milliard et les Blue Jackets de Columbus autour de 1,40 milliard.

Une franchise qui coûtait 500 millions de dollars au moment du processus d’expansion vaut aujourd’hui, dans bien des cas, trois ou quatre fois plus.

Cette explosion n’est pas le fruit du hasard.

Les revenus de la LNH continuent de grimper grâce à la croissance des droits de télévision, aux commandites, aux revenus commerciaux et à l’appréciation générale des franchises sportives. Chaque nouvelle entente médiatique fait grimper la valeur de toutes les équipes.

Au Canada, Rogers a conclu une nouvelle entente nationale de 11 milliards de dollars avec la LNH, tandis que les prochains droits américains devraient eux aussi prendre énormément de valeur.

D’un côté, la valeur des franchises explose. De l’autre, Québec possède déjà un amphithéâtre moderne de 18 259 places qui attend toujours une équipe de la LNH.

Pendant ce temps, Pierre-Karl Péladeau... est coupable.

Car s'il y avait un propriétaire capable de convaincre la LNH qu’il possède les moyens financiers, la volonté et l’engagement à long terme nécessaires pour ramener le hockey de la LNH dans la capitale nationale, c'était bien PKP.

Il a eu peur de payer.

Aujourd'hui, il disparaît... et paye de sa réputation. Ouch.