Le malaise Brendan Gallagher commence sérieusement à sentir la fin.
Pendant que les Canadiens de Montréal tentent de survivre face aux Hurricanes de la Caroline, pendant que Martin St-Louis cherche désespérément des solutions à une équipe qui manque d’énergie, de caractère et de mordant physique, un nom continue d’être laissé de côté soir après soir : Brendan Gallagher.
Et voilà maintenant qu’une rumeur qui paraissait impossible il y a encore quelques mois commence tranquillement à prendre forme à l’autre bout du pays.
Vancouver.
Le journaliste Rob Williams, qui couvre les Canucks et qui est bien branché dans ce marché, vient lancer une bombe en liant directement Gallagher aux Canucks. Plus les semaines avancent, plus cette idée commence à faire du sens, même si elle risque de faire mal au cœur à une bonne partie de Montréal.
Car soyons honnêtes : Gallagher ne cadre plus vraiment avec la réalité hockey actuelle des Canadiens de Montréal.
C’est cruel à écrire et encore plus cruel à voir aussi.
On parle d’un joueur qui a incarné cette organisation pendant plus d’une décennie. Un gars qui a saigné pour ce chandail, qui a joué blessé, qui s’est fait casser le corps pour tenter de maintenir cette équipe en vie pendant des années plus sombres.
Un joueur respecté par tous dans ce vestiaire. Lane Hutson le décrit encore comme le cœur de cette équipe. Juraj Slafkovský parle de lui comme d’un exemple quotidien.
Et pourtant, au moment le plus important de la saison, il regarde les matchs du haut de la passerelle.
Le message est sans pitié.
Surtout quand Martin St-Louis a préféré Oliver Kapanen, Joe Veleno et un Kirby Dach lâche comme jamais à un vétéran comme Gallagher dans une série où les Canadiens de Montréal se font physiquement manger vivants.
Le plus inquiétant, c’est qu’on commence à sentir un inconfort organisationnel.
Gallagher gagne 6,5 millions de dollars. Il lui reste une saison à son contrat. À ce prix-là, pour un joueur devenu de plus en plus marginal dans l’alignement, Kent Hughes devra prendre une décision difficile cet été.
Il faut éliminer ce malaise toxique et tout le monde comprend qu’un divorce devient inévitable.
Un rachat est la dernière option aux yeux de Kent Hughes.
Le DG du CH aimerait mieux transiger Gallagher, mais est-ce vraiment réaliste)
Seulement à Vancouver... là où il a grandi et joué son hockey junior.
Les Canucks ont de l’espace sous le plafond salarial. Ils cherchent à rebâtir une identité. Leur vestiaire a été secoué ces dernières années et plusieurs voix dans l’Ouest croient qu’un joueur comme Gallagher pourrait justement aider à réparer cette culture fragilisée et paver la voie vers la reconstruction.
Gallagher est fini à la corde, mais demeure un leader et un gars qui ne triche jamais. On parle d'un vétéran qui joue encore avec son cœur même si son corps suit moins qu’avant.
Mais le jeune vestiaire des Canucks aura besoin d'un papa.
Vancouver, c’est un retour à la maison.
Gallagher a grandi sur la côte Ouest après avoir déménagé d'Edmonton à Tsawwassen à l’adolescence. Il est devenu une vedette junior avec les Giants de Vancouver.
Sa famille est toujours là-bas. Il y retourne constamment pendant l’été. Manny Malhotra, une personne qu’il connaît bien, pourrait faire partie du futur des Canucks derrière le banc alors qu'il est le favori pour devenir le coach en chef.
L’idée n’est donc pas complètement folle.
Mais il y a un prix.
Voilà où le dossier devient délicat pour Kent Hughes.
Vancouver ne prendra jamais un contrat de 6,5 millions gratuitement. Montréal devra probablement joindre un petit bonbon à la transaction. Un choix. Un espoir secondaire. Peut-être un Joshua Roy? Le Québécois ne vaut absolument rien sur le marché des transaction.
Ce sera sûrement un choix au repêchage, surtout avec la reconstruction qui s'amorce à Vancouver.
La réalité, c’est que le Canadien est rendu à une étape où chaque dollar commence à compter. Ivan Demidov devra être payé. Kent Hughes veut ajouter un deuxième centre entre Nico Hischier, Mason McTavish et Robert Thomas. Zahary Bolduc devra être signé. Le noyau commence à coûter cher.
Brendan Gallagher et son salaire doivent partir.
Le pire dans tout ça?
Montréal prie pour son départ. Le malaise est rendu insupportable, même pour les fans du CHé
Il doit quitter... simplement pour qu’il retrouve un rôle digne de ce qu’il mérite.
Car voir un joueur de cette importance finir sa carrière montréalaise dans les gradins, silencieusement, match après match, pendant que l’équipe manque justement du genre de cœur qu’il incarnait… ça commence à ressembler à une fin qui brise le coeur.
Espérons qu'un retour à la maison va lui redonner... sa dignité...
