Coup dur pour Martin St-Louis : son nouveau plan tombe à l'eau
Martin St-Louis. Capture d'écran Youtube

Coup dur pour Martin St-Louis : son nouveau plan tombe à l'eau

André Soueidan
Le 2026-09-27

Martin St-Louis voulait une unité de désavantage numérique plus agressive, plus rapide, capable de mettre l’adversaire sous pression avant même qu’il puisse installer son avantage numérique… contre Ottawa, cette nouvelle philosophie a été mise à l’épreuve, et deux fois, les Sénateurs ont trouvé exactement la même porte d’entrée.

La veille du match, Alex Newhook expliquait pourtant avec enthousiasme ce que le Canadien cherchait à faire avec son nouveau désavantage numérique.

Interrogé sur l’importance de sa vitesse dans cette nouvelle façon de défendre, l’attaquant ne cachait pas son appréciation du changement.

« On aime ça comme groupe d’attaquants parce que ça nous permet d’utiliser notre vitesse un peu plus et de mettre les équipes sous pression », expliquait Newhook.

Il ajoutait que cette approche pouvait être utilisée « autant dans les situations sur le demi-cercle qu’un peu partout sur la glace », une philosophie qui devait justement permettre au Canadien de jouer sur sa vitesse à l’avant.

Sur papier, l’idée avait donc du sens. Mettre de la pression, bouger rapidement, forcer l’équipe adverse à prendre ses décisions sous pression et profiter de la vitesse des attaquants montréalais.

Sauf qu’Ottawa avait visiblement une autre idée en tête… et les deux buts inscrits en avantage numérique dans la victoire de Montréal ont exposé une faiblesse très précise.

Les deux séquences commencent sur une mise au jeu en zone défensive du Canadien.

Montréal ne joue pas un désavantage numérique traditionnel où chacun protège essentiellement une zone déterminée.

Les joueurs suivent leurs adversaires et cherchent à les accompagner agressivement. Le problème apparaît lorsque cette agressivité pousse un défenseur beaucoup trop haut.

Sur le premier but, Mike Matheson se fait littéralement aspirer vers la ligne bleue.

Le joueur qu’il surveille l’amène hors de sa zone, Matheson suit le mouvement et, en quelques secondes, l’espace derrière lui devient immense.

Le coin de la patinoire est complètement libéré. Un joueur d’Ottawa vient alors occuper cet espace, reçoit la rondelle et devient une sorte de pivot pour redistribuer le jeu de l’autre côté.

Le résultat est immédiat : la structure montréalaise est étirée et Ottawa obtient un surnombre.

Quelques minutes plus tard, même histoire.

Cette fois, c’est Alexandre Carrier qui est attiré vers la ligne bleue.

Même principe, même déplacement agressif, même espace qui s’ouvre dans le coin.

Ottawa envoie encore une fois un joueur prendre cette zone libre et la rondelle circule rapidement vers l’autre côté. Deux séquences pratiquement construites sur le même principe… deux buts.

À ce moment-là, difficile de ne pas se demander si les Sénateurs avaient fait leurs devoirs avant cette rencontre.

Ottawa n’a pas simplement profité d’une mauvaise passe ou d’une erreur individuelle isolée.

Les deux séquences montrent une équipe qui semble avoir compris comment provoquer le mouvement qu’elle voulait obtenir.

En attirant le défenseur montréalais vers la ligne bleue, les Sénateurs ont réussi à déplacer toute la structure du Canadien et à créer exactement l’espace dont ils avaient besoin.

Puis Martin St-Louis est arrivé devant les journalistes avec une réponse qui donne encore plus de poids à cette lecture.

Questionné sur les problèmes rencontrés par son désavantage numérique, l’entraîneur-chef n’a pas cherché à maquiller la situation.

« C’était un peu trop agressif, je pense. C’est un équilibre, l’agressivité, et on va continuer à travailler là-dessus », a reconnu St-Louis après la rencontre.

Le mot important est évidemment « équilibre ».

La nouvelle philosophie n’est pas nécessairement abandonnée après une seule soirée.

St-Louis a plutôt reconnu que ses joueurs avaient poussé l’agressivité trop loin dans certaines situations.

Il a aussi expliqué que l’équipe allait devoir continuer à travailler afin de trouver le bon dosage entre être proactive et ne pas se faire sortir de sa structure.

C’est exactement ce que les deux buts d’Ottawa viennent illustrer.

La vitesse et la pression peuvent devenir des armes redoutables en désavantage numérique… jusqu’au moment où l’agressivité fait perdre la couverture.

À partir de là, ce qui devait mettre l’adversaire sous pression devient une invitation à attaquer l’espace laissé derrière.

Le Canadien voulait commencer la saison avec une nouvelle identité en désavantage numérique.

La première véritable démonstration vient toutefois de montrer que cette identité doit encore être ajustée.

Ottawa a trouvé deux fois la même ouverture, et Martin St-Louis l’a lui-même reconnu quelques minutes plus tard.

Le plan n’est peut-être pas mort… mais il vient certainement de recevoir son premier gros avertissement.

Ouch…