Contrat de Martin St-Louis: l’annonce est cédulée

Contrat de Martin St-Louis: l’annonce est cédulée

David Garel
Le 2026-08-18

Tout indique que Martin St-Louis est déjà signé pour 4 ans.

La prolongation serait essentiellement une formalité à régler. Le moment choisi pour l’annoncer pourrait toutefois être particulièrement intéressant : le tournoi de golf du Canadien approche, les dirigeants seront réunis, les joueurs et les membres de l’organisation seront de bonne humeur et, surtout, tout le monde pourra afficher une belle unité autour d’une nouvelle entente qui pourrait garder St-Louis derrière le banc pour plusieurs années.

Le scénario qui circule est celui d’une prolongation de quatre saisons, ce qui permettrait à St-Louis de rester sous contrat jusqu’à un horizon égal à celui de Kent Hughes et Jeff Gorton. Les deux dirigeants ont obtenu des prolongations de cinq ans au début de la saison dernière. L’idée serait donc de conserver les trois hommes dans une fenêtre contractuelle de country club.

Lorsque St-Louis a remplacé Dominique Ducharme en février 2022, Montréal sortait d’une saison catastrophique. Depuis, la progression a été constante : 55 points lors de la saison 2021-2022, 68 en 2022-2023, 76 en 2023-2024, 91 en 2024-2025 et finalement 106 points en 2025-2026. Le Canadien a participé aux séries lors des deux dernières saisons et vient maintenant d’entrer dans une nouvelle réalité : il ne s’agit plus simplement de développer les jeunes, mais de gagner.

C’est précisément cette progression qui avait convaincu Jeff Gorton.

« Je pense que dans la Ligue nationale, c’est très difficile de s’améliorer chaque année sans connaître une certaine régression », avait expliqué le président du Canadien.

St-Louis est maintenant le quatrième entraîneur-chef qui occupe son poste depuis le plus longtemps dans la LNH, derrière Jon Cooper, Jared Bednar et Rod Brind’Amour. Il n’est plus l’ancien joueur qui débarquait derrière un banc pour tenter de survivre à une reconstruction. Il est devenu l’entraîneur d’une équipe de 106 points qui possède maintenant des ambitions beaucoup plus grandes.

Martin St-Louis gagne actuellement 5 millions de dollars par saison et son contrat se termine à l’été 2027.

Il n’a donc absolument aucune raison de signer une prolongation à rabais.

Le marché des entraîneurs a évolué depuis sa dernière entente et Mike Sullivan a établi une nouvelle référence en signant un contrat de cinq ans à 6,5 millions de dollars par saison avec les Rangers, pour une valeur totale de 32,5 millions.

Alors, si Montréal veut sécuriser St-Louis pour quatre années supplémentaires, les calculs deviennent très simples.

6 M$ par année : 24 M$ sur quatre ans.

6,25 M$ par année : 25 M$.

6,5 M$ par année : 26 M$.

7 M$ par année : 28 M$.

Et c’est justement le scénario à 6,5 millions qui paraît logique.

Le Canadien pourrait simplement placer St-Louis au même niveau que Sullivan.

Pas besoin de créer une nouvelle controverse ou de faire de Martin St-Louis le seul entraîneur le mieux payé de toute la LNH.

On l’installe à égalité avec le nouveau standard du marché et tout le monde repart heureux.

Le coach est satisfait... et son ego démesuré est nourri.

Le vestiaire reçoit le message que son entraîneur est solidement en place.

Et les médias ont leur petite bombe à analyser pendant quelques jours.

Est-ce que son bilan justifie ce salaire?

Pourquoi lui donner davantage que certains entraîneurs ayant déjà gagné la Coupe Stanley?

St-Louis doit faire attention.

Parce qu’à 5 millions de dollars, on pouvait encore présenter son contrat comme celui d’un entraîneur qui accompagne une jeune équipe en développement.

À 6,5 millions, ce discours disparaît.

Une annonce autour du tournoi de golf protège St-Louis.

Tout le monde est réuni.

Les dirigeants sont accessibles.

Les joueurs sont détendus.

L’organisation veut montrer qu’elle avance dans la même direction.

Entre 24 et 28 millions de dollars pour un coach pee-wee?

Ouch. Certains partisans n’ont jamais complètement abandonné cette étiquette envers St-Louis. Ils voient encore l’entraîneur qui ne punit pas suffisamment ses joueurs, celui qui privilégie l’humain, celui qui donne beaucoup de liberté à ses jeunes et celui dont les méthodes tactiques ont été critiquées à plusieurs reprises.

Trop soft.

Chaque défaite sera analysée différemment.

Chaque décision controversée sera ramenée à son salaire.

Martin St-Louis devrait donc bientôt avoir quatre années supplémentaires devant lui.

Le meilleur coach pee-wee au monde entier.