Congédiement de Stéphane Robidas: Jeff Gorton ouvre la porte

Congédiement de Stéphane Robidas: Jeff Gorton ouvre la porte

David Garel
Le 2026-07-26

Avant, toutes les critiques visaient Martin St-Louis.

Aujourd’hui, les projecteurs changent de cible.

Quel jeune défenseur du Canadien est objectivement devenu meilleur sous Stéphane Robidas?

La réponse donne mal au coeur.

Stéphane Robidas commence à être en danger

Pendant longtemps, le coach Midget a été épargné.

Quand le Canadien perdait, les critiques visaient Martin St-Louis. Quand le désavantage numérique coulait, on blâmait le manque de talent. Quand un défenseur connaissait une mauvaise séquence, on parlait d’un simple passage à vide.

Aujourd’hui, le discours change.

De plus en plus de journalistes commencent à regarder directement vers l’entraîneur responsable des défenseurs.

Et la question devient extrêmement inconfortable.

Seul Lane Hutson a réellement progressé depuis que Robidas dirige ce département.

Impossible de lui attribuer ce mérite. Hutson était déjà considéré comme un phénomène-prodige avant même de mettre les pieds dans l’organisation. Son talent est exceptionnel et il aurait probablement explosé peu importe l’entraîneur responsable de la ligne bleue.

Kaiden Guhle?

Son développement a plafonné. Les blessures expliquent une partie de ses difficultés, mais plusieurs s’attendaient à voir un défenseur beaucoup plus dominant à ce stade de sa carrière.

Arber Xhekaj?

Son utilisation n’a jamais cessé de diminuer. Son temps de glace a fondu, son rôle s’est rétréci et plusieurs se demandent encore aujourd’hui pourquoi son développement régresse.

Jayden Struble?

Il demeure exactement le même joueur qu’à son arrivée: un plombier dans tous les sens du terme.

Justin Barron n’a jamais réussi à s’imposer avant d’être échangé.

Même David Reinbacher "choke sa vie" depuis qu'il a été sélectionné par le Canadien de Montréal. Lui aussi, son développement a ralenti une fois installé à Montréal.

Les questions deviennent impossibles à éviter.

Voilà pourquoi les propos de Dany Dubé résonnent autant.

« S’il y a un département qui me déçoit, c’est la défensive, le désavantage numérique. Le jeu défensif. »

« Si tu n’es pas bon dans ta zone, tu n’as aucune chance. »

« Je n’achète pas ça », en réponse à l’idée que mieux jouer défensivement coûterait de l’attaque.

« Défensivement, ils ne sont pas dans le coup du tout. »

« La priorité, ça sera de réduire les buts contre. »

Lorsqu’il affirme que le département qui le déçoit le plus est celui de la défensive et du désavantage numérique, il ne critique pas seulement les joueurs.

Il pointe directement le travail des entraîneurs.

Et derrière ce département, il y a un nom.

Stéphane Robidas.

Le plus inquiétant pour lui, c’est que Jeff Gorton a lui aussi envoyé un message qui ressemble à un avertissement.

« À l’attaque, les choses vont bien, notre équipe peut être assez bonne à ce chapitre. »

« Il faudra concentrer nos efforts sur la défense. »

« Il faut vraiment réduire notre nombre de buts alloués. »

« Il faut qu’on soit meilleurs défensivement. »

« C’est clair qu’on doit être meilleur dans notre territoire et s’assurer de garder la rondelle hors de notre filet. Il faut réduire le nombre d’occasions de marquer que l’on donne. »

« Je pense que notre attaque va être capable de s’en sortir elle-même. Je suis persuadé que nous serons bons offensivement. mais défensivement, j'ai des doutes et je n'aime pas ça. »

Quand le patron identifie aussi clairement la faiblesse de son organisation, tous les regards se tournent automatiquement vers l’homme responsable de ce secteur.

Le président du CH ouvre la porte... au congédiement de Robidas.

Comme si ce n’était pas assez, un autre élément vient complètement changer la dynamique derrière le banc.

L’arrivée de Derek Lalonde.

Officiellement, Lalonde viendra notamment épauler Martin St-Louis et prendra en charge le désavantage numérique. Mais dans la LNH, un entraîneur qui possède plusieurs années d’expérience comme entraîneur-chef n’arrive jamais simplement pour regarder les autres travailler.

Lalonde est reconnu comme un enseignant de la défensive.

Il a bâti sa réputation avec des structures extrêmement rigoureuses, autant à Tampa Bay qu’à Detroit.

Plusieurs autour de la LNH sont convaincus que son influence dépassera largement le désavantage numérique.

Il sera inévitablement appelé à donner son opinion sur le travail des défenseurs.

À proposer des ajustements.

À modifier certaines habitudes.

Une partie du territoire de Stéphane Robidas est en train d’être occupée.

Et dans la LNH, lorsqu’un nouvel adjoint d’expérience commence tranquillement à prendre de plus en plus de responsabilités dans le secteur d’un collègue, ce n’est jamais anodin.

Pendant ce temps, plusieurs autres dossiers demeurent en suspens dans le département hockey.

Le contrat de Robidas n’a toujours pas été prolongé, lui dont l'entente se termine à l'été 2027.

Celui de Martin St-Louis non plus.

Le rôle exact de Trevor Letowski doit être clarifié après qu'il ait été congédié de manière déguisée.

Le remplacement de Rob Ramage (directeur du développement) n’est toujours pas réglé.

Le statut permanent de Marco Marciano n’a jamais été confirmé. (tout le monde sait que le coach des gardiens n'a pas été prolongé pour qu'il puisse continuer à entraîner Jacob Fowler durant l'été)

Toutes ces décisions relèvent de Kent Hughes et Jeff Gorton.

Et lorsqu’une organisation retarde autant de décisions touchant son personnel hockey, il est difficile de ne pas croire qu’une réflexion beaucoup plus large est en cours.

La pression change de camp.

Pendant longtemps, Stéphane Robidas travaillait dans l’ombre.

Aujourd’hui, il est sous les projecteurs.

Et à Montréal, lorsque les entraîneurs commencent à devenir le sujet principal des discussions… c’est rarement bon signe.

Congédiement à venir?

S'il n'est pas prolongé d'ici le camp, disons qu'il va passer une "couple" de nuits blanches.