La transaction vient à peine d’être complétée que le malaise Kirill Marchenko commence déjà à faire surface à Toronto.
Matthew Knies, le seul qui avait le profil de papier sablé, est sacrifié. Marchenko débarque dans la Ville-Reine avec 75 millions en poches, et Toronto présente cette acquisition comme une façon de donner une autre dimension à son attaque.
Sauf qu’une vieille histoire vient de refaire surface.
Marchenko s’était présenté au camp de Columbus hors de forme.
L’ancien gardien de la LNH, Andrew Raycroft, l’a identifié comme l’un des deux joueurs qui étaient arrivés au camp avec un niveau de conditionnement qui avait mis Rick Bowness en furie.
Des informations rapportées avant même la transaction confirmaient déjà que Bowness était extrêmement mécontent de deux joueurs qui ne s’étaient pas présentés dans la condition physique attendue.
Il s’agissait de Dmitri Voronko et Kirill Marchenko.
Et maintenant, le Russe arrive à Toronto avec cette histoire qui lui colle aux patins.
Ce n’est pas une rumeur sortie de nulle part après la transaction. Bowness avait lui-même expliqué que Marchenko devait franchir un cap dans les moments importants.
« Il doit apprendre à se battre contre ça. Devenir plus difficile à affronter. Répliquer. Nous devons le pousser vers un autre niveau. Il y a encore plus en lui. Surtout dans les dix derniers matchs, quand les matchs sont en jeu, nos meilleurs joueurs doivent être nos meilleurs joueurs. »
Cette déclaration prend une toute autre dimension maintenant que Marchenko est à Toronto.
Le problème n’est pas simplement son arrivée au camp en mauvaise condition.
C’est ce que cette histoire vient confirmer sur sa réputation.
Bowness avait déjà ciblé son niveau d’engagement dans les moments où son équipe avait le plus besoin de lui.
Et les statistiques de la fin de saison donnent du carburant à cette inquiétude.
Les Blue Jackets se battaient pour une place en séries. Ils ont pourtant complètement déraillé dans le dernier droit. Marchenko n’a inscrit qu’un but dans les huit derniers matchs de Columbus, alors que chaque rencontre avait une importance énorme au classement.
C’est précisément ce que Bowness demandait de changer.
Ses meilleurs joueurs devaient être leurs meilleurs joueurs lorsque les matchs devenaient importants.
Marchenko n’a pas répondu au défi.
Pendant ce temps, Matthew Knies est sous le choc d’avoir été transigé.
Il représentait une dimension physique extrêmement rare chez les Leafs.
Il allait dans les coins.
Il mangeait les bandes.
Il allait devant le filet.
Il acceptait les coups.
Il créait de l’espace.
Et surtout, il jouait avec cette agressivité que Toronto cherche depuis des années.
Elliotte Friedman a d’ailleurs tenu à préciser que Toronto n’a pas échangé Knies parce que l’organisation le considérait comme un mauvais joueur ou un mauvais coéquipier.
Au contraire.
« Personne n’a jamais dit que c’était un mauvais gars, une personne horrible ou qu’on ne l’aimait pas. Les seules inquiétudes dont j’ai entendu parler, c’est qu’il se blesse, alors c’était peut-être un problème pour eux. Je pense simplement que les Leafs ont regardé ce qu’ils pouvaient obtenir pour lui et se sont dit que le plafond de Marchenko était plus élevé. »
Voilà le pari.
Toronto a sacrifié le physique de Knies pour miser sur le potentiel offensif supérieur de Marchenko.
Comment Marchenko remercie Toronto?
En faisant savoir qu’il voulait venir à Montréal. Des informations rapportées dans les médias russes indiquaient que le Russe était beaucoup plus intéressé par le Canadien que par les Maple Leafs. Toronto n’aurait donc pas été son premier choix.
Mais voilà le détail qui change tout : le cash. Avec la prolongation qui s’est négociée à Toronto et l’argent qui vient avec, Marchenko aura finalement choisi la sécurité financière plutôt que sa préférence initiale.
6 ans et 12,5 M$ par année… disons que ça se prend bien.
Montréal lui plaisait davantage, mais Toronto lui a offert le contrat et les conditions qui ont fait pencher la balance. Pour Kent Hughes, c’est probablement le plus frustrant dans cette histoire : le joueur voulait le CH, mais les Leafs ont sorti le chéquier.
Le Canadien a sérieusement étudié le dossier.
Mais Montréal n’a finalement pas payé le prix exigé par Columbus. (Michael Hage devait être inclus dans la transaction).
On comprend peut-être mieux pourquoi Hughes était réticent à vider son coffre pour aller chercher le Russe.
Le Canadien cherche des joueurs avec une bonne attitude, capables de travailler dans le système et de répondre présents dans les moments importants.
Est-ce qu’il va se présenter quand Toronto aura réellement besoin de lui?
Parce que s’il recommence à disparaître lorsque les matchs deviennent importants, les Leafs vont regretter très longtemps d’avoir envoyé Matthew Knies à Columbus.
En attendant, Marchenko débarque à Columbus gras comme un voleur.
Knies, lui, arrive comme une tonne de muscles.
Tout d’un coup, les Maple Leafs deviennent plus talentueux… mais tellement plus « soft ».
Ça va être beau en séries… s’ils ne sont pas éliminés avant…
