Commotion à Philadelphie: le Canadien de Montréal se fait avoir

Commotion à Philadelphie: le Canadien de Montréal se fait avoir

Par David Garel le 2026-04-13

Les Canadiens de Montréal sont en train de se faire avoir. Pas à moitié. Complètement.

Parce qu’au moment où la saison régulière se termine, le portrait qui se dessine n’a aucun sens hockey. Tu regardes le classement général, tu regardes les points accumulés, tu regardes l’évolution de l’équipe… et la récompense?

Une série de première ronde contre le Lightning de Tampa Bay. Une équipe du top de la ligue. Une machine structurée. Une organisation bâtie pour le printemps.

Et le CH va sûrement commencer la série... à l'extérieur...

On parle ici d’un affrontement entre deux formations qui flirtent avec les 106+ points. Une 5e contre une 6e au classement général de toute la LNH… qui vont s’éliminer dès le premier tour.

Pendant ce temps, ailleurs dans l’Est, des clubs moins dominants vont avoir un chemin beaucoup plus accessible. C’est là que le système devient indéfendable.

Parce que si on appliquait une logique simple, un classement 1 contre 8 dans la conférence, Montréal ne tomberait pas sur Tampa. Le CH affronterait les Penguins de Pittsburgh, une formation loin d’être au même niveau de danger immédiat que Tampa Bay. Une série où le Canadien aurait un vrai statut de favori, une vraie chance de construire quelque chose.

Et si on allait encore plus loin, avec un classement global 1 à 16, la situation devient presque ridicule tellement elle expose les failles du système actuel : Montréal se retrouverait face aux Flyers de Philadelphie, une équipe qui vient de se qualifier par miracle:

Une équipe qui fait le party ce soir... mais une formation qui a ses limites et qui est tellement prenable dans un quatre de sept.

Mais non.

À cause du format par divisions, tu te retrouves avec des duels artificiellement gonflés dès le départ. Des équipes élites qui se sortent entre elles trop tôt. Et le Canadien est pris en plein là-dedans.

Le pire, c’est que tout est déjà écrit. La seule série confirmée, c’est justement celle entre Pittsburgh et Philadelphie, une rivalité naturelle (la bagarre de la Pensylvannie) qui fait le bonheur de Gary Bettman.

Pendant ce temps, Montréal regarde le classement et comprend tranquillement que son sort va se jouer contre Tampa Bay, une équipe qui sait exactement comment gagner en séries, qui a de l’expérience, du talent, du vice (une équipe sale qui joue pour blesser).

Le Lightning ne ralentit pas. Victoire en prolongation contre Detroit et devance le CH. Nikita Kucherov continue de produire comme un malade, lui qui a joué les héros en prolongation.

Jon Cooper contrôle son groupe. Ils arrivent en séries avec une structure déjà prête, déjà testée.

Pendant ce temps, Montréal va perdre l’avantage de la glace… tout en gérant des blessures (Dobson, Carrier), de l’incertitude, et une défensive qui inquiète.

Et c’est là que ça devient encore plus frustrant.

Parce que cette équipe-là, avec 106 points, avec une progression constante, avec un premier trio dominant, avec un Nick Suzuki qui frôle les sommets et un Cole Caufield qui vient d’en planter 50 (51)… elle méritait mieux qu’un mur dès la première ronde.

Elle méritait une rampe de lancement.

Pas un test final.

Mais le système ne récompense pas le mérite. Il récompense l’alignement des divisions. Il récompense le hasard du calendrier. Et surtout, il crée des aberrations où deux des meilleures équipes de la conférence doivent s’entretuer immédiatement.

Et après ça, on va analyser froidement.

On va dire que le Canadien manque d’expérience.

Qu’il n’est pas prêt.

Qu’il lui manque une pièce.

Mais la réalité est plus simple que ça : on l’a envoyé dans un duel qu’il n’aurait jamais dû jouer aussi tôt.

Et pendant ce temps-là, la ligue regarde ça… et trouve ça parfait.

Parce que pour Gary Bettman, ces affrontements-là créent du spectacle.

Peut-être.

Mais ils détruisent complètement la logique sportive.

Et cette année, c’est le Canadien de Montréal qui en paie le prix.