Plus on regarde la liste des candidats potentiels pour remplacer Pascal Vincent à Laval, plus une impression se dégage : les Canadiens de Montréal ne semblent pas chercher quelqu’un qui pourrait faire de l’ombre à Martin St-Louis.
Quand on analyse les profils un par un, il devient difficile d’ignorer le fait qu’aucun nom ne possède réellement le poids médiatique ou le pedigree susceptible de créer une pression naturelle sur l’entraîneur-chef du grand club.
C’est exactement ce qui rend le départ de Pascal Vincent aussi questionnant.
Vincent arrivait avec une expérience de la LNH comme entraîneur-chef. Il avait dirigé les Blue Jackets de Columbus. Il possédait une réputation de technicien extrêmement rigoureux. P
Plusieurs journalistes considéraient même qu’il était l’un des cerveaux hockey les plus respectés de l’organisation.
Si Martin St-Louis traversait une période difficile, le nom de Pascal Vincent revenait inévitablement dans les discussions. Même sans le vouloir, sa simple présence créait une comparaison.
Or, Martin St-Louis n’a jamais semblé particulièrement enthousiaste à l’idée de partager son environnement immédiat avec des entraîneurs possédant un bagage susceptible de remettre ses méthodes en question.
Quand on regarde les candidats actuels, on retrouve plutôt des profils compétents, respectés, mais qui n’arriveraient pas à Laval avec cette même stature de pouvoir menacer St-Louis en cas de rumeurs de congédiement.
Plus la liste des candidats potentiels pour remplacer Pascal Vincent à Laval s’allonge, plus une question dérangeante s’impose : les Canadiens de Montréal cherchent-ils réellement le meilleur entraîneur disponible ou cherchent-ils quelqu’un qui ne fera pas trop de vagues?
Poser la question, c'est y répondre.
Regardons les candidats pour devenir la marionnette de Martin St-Louis.
Serge Aubin a connu une carrière remarquable en Europe. Cinq championnats en Allemagne avec Berlin, un autre titre en Autriche et maintenant un poste prestigieux à Berne, en Suisse.
Personne ne remet en question ses résultats. Pourtant, après plus de dix ans loin du hockey nord-américain, il n’arrive pas avec la pression médiatique ou l’influence qu’avait Vincent.
Ron Choules vient de gagner la Coupe Kelly avec les Lions de Trois-Rivières. À 62 ans, il possède une énorme expérience et une réputation de bâtisseur.
Mais personne ne regarde Ron Choules comme un futur entraîneur des Canadiens de Montréal. Son profil est celui d’un homme de hockey respecté, pas d’un candidat qui ferait trembler la hiérarchie.
Benoît Desrosiers est l’un des jeunes entraîneurs les plus appréciés du milieu. Patrick Roy l’a amené avec lui chez les Islanders de New York pour une raison. Les joueurs adorent travailler avec lui.
Le problème? Son expérience comme entraîneur-chef se limite essentiellement à une demi-saison avec les Olympiques de Gatineau. Il demeure davantage un projet qu’une menace pour quiconque.
Sylvain Favreau est probablement le nom le plus impressionnant du groupe. Champion dans la LHJMQ avec Victoriaville, membre régulier de Hockey Canada, reconnu pour son développement des jeunes.
Plusieurs le voient comme le prochain entraîneur québécois à faire le saut chez les professionnels. Mais lui aussi doit encore prouver qu’il peut diriger au niveau professionnel avant de devenir une figure incontournable.
Daniel Jacob connaît déjà tout le monde à Laval, lui qui est l'adjoint éternel du Rocket. Les joueurs le respectent. L’organisation lui fait confiance. Pourtant, il n’a jamais dirigé une équipe professionnelle comme entraîneur-chef sur une saison complète. Son embauche représenterait la continuité absolue.
Stéphane Julien a passé plus d’une décennie à bâtir le Phoenix de Sherbrooke avant de rejoindre les Griffins de Grand Rapids dans la LAH. Son parcours est solide. Son expertise est reconnue. Mais là encore, on parle d’un adjoint dans la LAH, pas d’un entraîneur dont le nom provoquerait un débat quotidien à Montréal.
Carl Mallette a gagné partout où il est passé. Victoriaville, puis Rouen en France. Excellent communicateur. Excellent motivateur. Mais après une saison en Europe, il demeure loin des projecteurs de la LNH.
Daniel Renaud est probablement le plus sous-estimé de toute la liste. Une Coupe du Président avec les Cataractes de Shawinigan, des séries année après année et une réputation exceptionnelle auprès de ses joueurs. Pourtant, il n’a jamais eu l’occasion de se faire connaître à l’échelle professionnelle.
Louis Robitaille a travaillé partout. En Abitibi, au Cap-Breton, à Gatineau et même en Russie. Il a multiplié les sacrifices pour avancer dans le métier. Son parcours force le respect. Mais lui aussi demeure un entraîneur en quête d’une première véritable occasion chez les pros.
Mathieu Turcotte représente la nouvelle génération. Hockey Canada lui a confié des responsabilités importantes. Il a fait le saut dans la Ligue de l’Ontario avec le Sting de Sarnia. Son potentiel est réel. Mais il est encore au début de son ascension.
Tous ces candidats ont des qualités. Tous méritent d’être considérés. Mais aucun n’arrive avec le même poids, la même expérience récente dans la LNH ou la même capacité de créer une comparaison naturelle avec l’entraîneur-chef des Canadiens.
C’est pourquoi plusieurs partisans risquent de voir le prochain choix comme une nomination ayant comme seul objectif d ene pas froisser l'ego de Martin St-Louis.
On veut un profil plus discret, plus consensuel et beaucoup moins susceptible de attirer l’attention que l’homme qui vient de quitter Laval pour Seattle.
Il ne faut surtout pas toucher à l'orgueil de Martin "Napoléon' St-Louis.
