Ils ont perdu la tête à Chicago?
La prolongation de contrat à long terme accordée à Kyle Davidson ne fait absolument aucun sens.
ll faut arrêter deux secondes et envoyer la foutaise du propriétaire Danny Wirtz aux poubelles.
Le pauvre parle de “meilleure banque d’espoirs de la LNH”. Sur quelle planète, exactement?
Ça fait quatre ans que Blackhawks de Chicago coulent volontairement, quatre ans qu’ils accumulent des choix, et qu’ils terminent dans le fond du classement, et aujourd’hui, on nous explique que le plan fonctionne.
Pourtant, sur la glace, c’est toujours le même portrait : une équipe qui finit 31e, qui dépend encore de vétérans pour produire.
On nous vend une reconstruction basée sur les jeunes, mais dans les faits, les principaux contributeurs offensifs ne sont même pas ces jeunes-là.
Mis à part Connor Bedard, qui fait ce qu’il peut dans un contexte aussi pauvre, et Frank Nazar, qui tourne autour d’un rythme d’environ 50 points à sa deuxième saison, la production repose encore largement sur des joueurs d’expérience.
Les sept meilleurs pointeurs de l’équipe ont tous dépassé la trentaine. Ça veut dire quoi? Que quatre ans après avoir tout démoli, tu n’as toujours pas de relève offensive crédible pour prendre le relais.
Le problème, ce n’est pas d’avoir reconstruit. Ça, tout le monde peut le faire. Tu vends, tu échanges, tu perds volontairement, tu accumules des choix. C’est la partie facile.
Là où un directeur général est jugé, c’est après. C’est quand il faut transformer ces actifs en joueurs dominants. Et c’est exactement là que le projet de Davidson commence à s’effondrer.
Il a échangé des jeunes joueurs établis ou prometteurs contre des paquets de choix… pour finalement se retrouver avec quoi?
Prenons Alex DeBrincat. À 24 ans, il sort d’une saison de 41 buts. Dans la LNH d’aujourd’hui, c’est de l’élite pure. Davidson l’échange aux Sénateurs contre le 7e choix en 2022 + un 2e tour + un 3e tour. Résultat concret? Le 7e choix devient Kevin Korchinski, qui n’est toujours pas établi dans la ligue. On doute que le défenseur devienne un joueur d'impact dans la LNH, pendant que DeBrincat continue de marquer ailleurs. Tu as échangé un marqueur élite prouvé contre de l’incertitude… qui, pour l’instant, ne donne rien.
Ensuite, Brandon Hagel. 23 ans, contrat ridicule pour sa production, joueur complet, capable de jouer sur un top 6 et sur un désavantage numérique. Échangé au Lightning de Tampa Bay contre deux choix de première ronde. Sur papier, ça semble correct.
Mais Hagel est devenu un joueur de 60-70 points, utilisé dans toutes les situations à Tampa. Et avec ces choix? Chicago repêche Oliver Moore et Sacha Boisvert. Deux futurs centres de bottom-6. Aucun impact immédiat. Encore une fois : tu échanges du concret pour de l’espoir.
Dylan Strome, lui, c’est encore pire. Pas échangé. Juste laissé aller en tant que joueur autonome avec compensation. Zéro retour. Aujourd’hui, il est centre numéro un avec les Capitals de Washington, tourne autour de 60-70 points, joue sur le premier avantage numérique. Chicago n’a même pas essayé de capitaliser.
Et comme si ce n’était pas suffisant, arrive le moment charnière : le repêchage.
Tu es dans le top. Tu as le luxe de choisir un joueur de concession. Et qu’est-ce que Chicago fait? Ils passent à côté de Becket Sennecke et Ivan Demidov pour aller chercher Artyom Levshunov.
Un défenseur choisi par besoin organisationnel plutôt que par pur talent. Résultat? Pendant que Demidov et Sennecke produisent comme des prodiges, Levshunov accumule les difficultés défensives et donne des signes inquiétants dans son développement.
C’est exactement le genre de décision qui définit une organisation.
Pendant ce temps, ailleurs dans la ligue, certaines équipes font exactement ce que Chicago prétend faire… mais pour vrai.
Les Sharks de San Jose, par exemple. Eux aussi ont reconstruit. Eux aussi ont accumulé des choix. Mais regarde leur banque : Macklin Celebrini qui domine déjà, Will Smith qui produit, Michael Misa, Sam Dickinson, Igor Chernyshov, Quentin Musty, William Eklund. Ça, c’est une banque d’espoirs.
Et là, il faut dire les vraies affaires : Chicago est à des années lumières de ce talent.
Et que dire du Canadien de Montréal qui a entrepris sa reconstruction en même temps que les Hawks? Le CH est prétendant à la Coupe Stanley aujourd'hui. Ouch.
Alors quand tu entends le propriétaire dire que Davidson a “construit la meilleure banque de jeunes joueurs de la LNH”, ça sonne comme une déconnexion totale avec la réalité. Ou pire : une tentative de justifier une décision déjà prise.
Parce qu’au final, c’est ça qui dérange le plus.
Ce n’est pas juste que le travail est discutable. C’est qu’il est récompensé comme s’il était irréprochable.
Et dans une ligue où chaque erreur de repêchage peut te coûter une décennie, où chaque transaction mal évaluée peut te faire reculer de trois ans, donner une prolongation à un directeur général qui accumule les décisions douteuses, qui passe à côté de talents générationnels et qui n’a toujours rien prouvé sur la glace… ça dépasse la simple incompréhension.
On parle d'une bourde monumentale.
