Banni du vestiaire: le shérif n’est plus

Banni du vestiaire: le shérif n’est plus

David Garel
Le 2026-08-21

Le Canadien veut effacer le « Shérif » du vestiaire. Le malaise devient personnel

Les négociations entre Arber Xhekaj et le Canadien de Montréal étaient déjà suffisamment compliquées sans qu’un nouveau front ne s’ouvre autour de l’identité même du défenseur.

Alors que le clan Xhekaj tente toujours de faire monter la valeur de son client à la table des négociations, le journaliste Brendan Kelly de la Montreal Gazette a remis sur la table un élément particulièrement délicat : le rapport entre Xhekaj, son personnage public et le Canadien.

Et il y a un détail qui fait énormément de bruit.

Le « Shérif » n’existerait tout simplement pas dans le vestiaire du Canadien.

Ce n’est pas une interprétation.

C’est Martin St-Louis lui-même qui l’a dit publiquement.

Après une excellente performance de Xhekaj, alors qu’un journaliste lui demandait si le « Shérif » était de retour, l’entraîneur a répondu froidement :

« Vous l’appelez comme ça, mais pas nous. »

"Personne ne l’appelle le Shérif dans notre vestiaire. C’est vous qui l’appelez comme ça. Il n'est pas un shérif."

Quelques heures ensuite, Cole Caufield est allé affirmer aux médias que tout le monde l'appelait "le shérif".

« Quand vous avez commencé à l'appeler ainsi, personne ne le faisait dans l'organisation. »

St-Louis s'attaque... à son identité... et son intégrité...

Les partisans l’ont adopté.

Les médias l’ont adopté.

Le surnom est devenu associé à son identité.

Même le restaurant La Chambre et la Belle et le Boeuf avaient créé un burger portant le nom « Le Shérif », tellement le personnage était devenu populaire. Une partie des ventes était destinée à des fondations soutenues par Xhekaj.

Et pourtant, à l’intérieur du vestiaire, son entraîneur refuse catégoriquement de l’utiliser.

Ce n’est peut-être qu’un détail pour certains.

Pour le clan Xhekaj?

Ça peut être beaucoup plus gros.

Parce qu’un joueur comme Arber Xhekaj ne vend pas uniquement des mises en échec et des combats.

Il vend une identité.

Le Shérif, c’est devenu son image.

C’est son personnage qui va lui ramener le "cash".

Et c’est aussi ce qui a contribué à faire de lui l’un des joueurs les plus populaires du Canadien malgré un rôle très limité sur la glace. Sa popularité à Montréal a été documentée à plusieurs reprises, au point où Martin St-Louis est devenu le grand méchant dans l'histoire.

Le coach ne s’est pas contenté de répondre qu’il préférait appeler son joueur par son prénom.

Il a tenu à préciser que ce surnom appartenait aux partisans et aux médias, pas au vestiaire.

Et lorsqu’on connaît l’histoire des négociations entre Xhekaj et le Canadien, ce détail devient beaucoup plus lourd.

Le clan Xhekaj considère son client comme un joueur qui possède une valeur particulière à Montréal.

Le Canadien, lui, semble continuer de considérer Xhekaj beaucoup plus froidement : un défenseur indésirable, un septième défenseur potentiel, un joueur dont la valeur repose énormément sur sa robustesse et sa capacité à protéger ses coéquipiers.

Voilà le véritable choc.

Le joueur voit le Shérif.

Le Canadien voit Arber Xhekaj.

Et entre les deux visions, il y a présentement plusieurs centaines de milliers de dollars.

Le clan Xhekaj voudrait être payé comme un joueur qui possède une valeur particulière... de shérif...

Kent Hughes, lui, ne veut pas payer pour la popularité.

Il veut payer pour le hockey.

Et Martin St-Louis n’aide certainement pas la cause de Xhekaj lorsqu’il refuse de reconnaître publiquement le personnage que les partisans ont créé autour de lui.

D’autant plus que St-Louis a déjà expliqué très clairement ce qu’il attend de Xhekaj : de la simplicité, de la discipline, une meilleure lecture défensive et une utilisation intelligente de ses qualités physiques. Il a aussi reconnu que Xhekaj avait progressé lorsqu’il jouait avec retenue et constance.

C’est donc beaucoup plus complexe qu’une simple guerre de surnoms.

Le Canadien tente de transformer Xhekaj en défenseur fiable.

Le public veut continuer d’avoir son Shérif.

Et Xhekaj, lui, doit trouver le moyen de devenir les deux.

Ls négociations deviennent explosives.

Et pendant ce temps, le surnom qui avait contribué à faire de Xhekaj une vedette populaire au Québec devient presque un symbole du problème.

Le Shérif appartient aux partisans.

Mais dans le vestiaire de Martin St-Louis?

Il n’a jamais vraiment eu sa place.

Et si Brendan Kelly a raison de remettre cet élément au cœur du dossier actuel, le clan Xhekaj doit forcément se demander jusqu’à quel point Montréal veut réellement conserver le joueur… et jusqu’à quel point Montréal veut simplement se débarrasser du personnage.