Martin St-Louis est-il en train de tomber dans le piège de John Tortorella?
À quelques heures du plus gros match de l’année, l’ambiance autour de l’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal est devenue franchement étrange. Tendue. Malaisante. Et pour plusieurs observateurs, même un peu inquiétante.
On comprend le stress d’un match numéro sept.
On comprend la pression.
On comprend qu’après une humiliation de 8 à 3 au Centre Bell, le sommeil n’a probablement pas été parfait.
Mais il y a une différence entre être stressé… et donner l’impression de mépriser complètement la fonction médiatique.
Et lundi midi, Martin St-Louis avait l’air d’un homme qui ne voulait absolument pas être là.
Ça sautait aux yeux.
Même les journalistes présents à Buffalo l’ont senti immédiatement.
Le journaliste Dave Lévesque de TVA Sports ne s’est même pas caché : Martin St-Louis était « à cran ». Quatre minutes de point de presse. Réponses courtes. Sèches. Presque froides.
Ça fait jaser... de la mauvaise façon...
Surtout, ça donne un mauvais karma pour le match de ce soir.
Il y a une façon de protéger son équipe sans donner l’impression que tout le monde lui tape sur les nerfs.
Surtout quand Lindy Ruff est aussi gentil avec les médias:
Ruff aussi est stressé. Lui aussi n'a pas envie de parler aux journalistes le jour d'un match numéro 7. Mais il respecte le travail des journalistes, contrairement à Marty "air bête" St-Louis.
Quand on lui demande comment ses joueurs peuvent aider Jakub Dobeš après le désastre du match numéro six, sa réponse tombe sèchement :
« Jouer la game qui est en avant de toi. C’est facile. »
C’est tout.
Pas d’explication.
Pas d’ouverture.
Quand on lui demande si son gardien s’est remis mentalement d’avoir été retiré du match après six buts accordés?
« Je ne suis pas préoccupé pour Dobeš. »
Comment il se sent ce matin?
« Je ne sais pas. »
Vraiment?
Tu es sur le même avion que lui. Tu prépares un match numéro sept qui peut définir une saison complète. Et la réponse est essentiellement : je ne sais pas?
Même en anglais, le ton était sec.
Quand un journaliste lui demande comment il a aidé Dobeš à digérer ce cauchemar et s’il lui avait parlé, Martin St-Louis réplique :
« Non, évidemment que non. Tu étais dans l’avion avec lui. »
Ouch.
Ce genre de réponse-là, ça passe mal.
On ne parle pas ici d’un journaliste sensationnaliste qui cherche un scandale. On parle de gens qui font simplement leur travail.
Et c’est là que plusieurs commencent à faire le parallèle avec John Tortorella.
Le fameux coach qui transforme chaque point de presse en guerre personnelle contre les médias.
Réponses arrogantes.
Réponses passives-agressives.
Le fameux « next question ».
Le coach qui donne parfois l’impression que poser une question est une offense personnelle.
La différence?
Tortorella a bâti toute sa réputation là-dessus.
Martin St-Louis, lui, s’est toujours présenté comme un communicateur humain. Accessible. Réfléchi. Authentique.
Et c’est justement pourquoi ce point de presse choque autant.
Parce que ça ne lui ressemble pas.
Ou pire encore…
Parce que ça commence peut-être à lui ressembler quand la pression devient immense.
Quand on lui demande son message à l’équipe avant un match numéro sept :
« Allons jouer au hockey. »
Quand on lui demande quelle est la recette du succès :
« Notre identité. »
C’est quoi cette identité?
Réponse sèche :
« Tu ne la connais pas? »
Ouf.
Le journaliste reformule calmement. Il veut juste savoir comment Martin la décrit lui-même.
Réponse :
« Connectés. Paix. »
Fin de conversation.
On sentait presque le malaise dans la salle.
Comme si chaque question devenait une nuisance.
Comme si tout le monde dérangeait.
Et pendant ce temps-là, les médias de Buffalo commencent eux aussi à le remarquer.
Parce qu’au-delà du hockey, l’attitude devient une histoire.
Et ça, dans une série où le karma semble déjà fragile après une humiliation historique à domicile, plusieurs y voient un mauvais signe.
Oui, ça peut sembler ésotérique pour certains.
Mais au hockey, les gens croient au karma plus qu’on le pense.
Tu viens de perdre 8 à 3.
Tu t’es fait complètement détruire à domicile.
Tu arrives devant les médias nerveux, sec, impatient, presque condescendant.
Et tout le monde commence à murmurer la même chose :
Mauvaise énergie.
Mauvais vibe.
Mauvais karma.
Parce qu’au fond, qu’est-ce que ça coûte de répondre normalement?
Qu’est-ce que ça coûte de simplement respecter la fonction des journalistes qui sont là depuis des jours, qui voyagent, qui couvrent ton équipe et qui essaient simplement d’informer les partisans?
Personne ne demandait un grand discours.
Personne ne demandait de dévoiler l’alignement.
Personne ne demandait une séance de thérapie.
Juste un minimum d’ouverture.
Et c’est peut-être ça le plus troublant.
Pendant que Kaiden Guhle parlait de sourire, d’avoir du plaisir, de relaxer malgré la pression, Martin St-Louis donnait l’impression d’un homme complètement rongé par le stress.
Un homme crispé.
Fatigué.
À bout.
Et honnêtement?
Ça se ressent.
Parce qu’un coach transmet une énergie.
Bonne ou mauvaise.
Et en ce moment, l’énergie projetée par Martin St-Louis n’a rien de rassurant.
Surtout à quelques heures d’un match où toute une saison se joue sur un seul soir.
