Ça sent de plus en plus la fin pour Arber Xhekaj à Montréal. On dirait même que ça pue la fin pour le shérif.
Le défenseur n’a jamais eu la pleine confiance du Canadien. Mais cette année, c’est encore pire.
Martin St-Louis n’adresse plus la parole à son bouc-émissaire.
Quand Xhekaj a des questions sur la glace, c’est Stéphane Robidas qui lui parle. St-Louis n’est plus capable de le supporter et n’a même plus envie de faire semblant.
Ça se sent. Ça se voit. Et cette année, avec la congestion à la ligne bleue, l’émergence de David Reinbacher et Adam Engström, le retour éventuel de Kaiden Guhle et surtout l’arrivée de son propre frère Florian dans la conversation, sa situation devient encore plus précaire.
Le plus inquiétant pour Xhekaj, c’est qu’il ne semble tout simplement pas avoir réussi à gagner sa bataille au camp. Il ne sort pas du lot, il demeure en compétition directe avec Jayden Struble pour un poste de sixième défenseur (7e défenseur quand Guhle sera de retour) et, selon les informations qui circulent autour de l’équipe, Martin St-Louis ne lui accorde aucun temps ni aucune attention particulière.
Xhekaj avait pourtant une carte très claire dans son jeu : son physique. Le « Shérif » mesure 6 pi 4 po, pèse 240 livres et a mené le Canadien avec 148 mises en échec la saison dernière, en plus de purger 116 minutes de pénalité, soit le cinquième plus haut total de la LNH.
Mais offensivement, il n’a obtenu que quatre points en 65 matchs et son temps de glace a chuté à 11 min 25 s par rencontre.
Si tu n’es pas assez fiable défensivement pour être utilisé régulièrement, si tu n’apportes presque rien offensivement et que ton principal avantage est ta robustesse, il faut absolument que cette robustesse soit suffisamment précieuse pour te garder dans l’alignement. Or, le Canadien possède maintenant d’autres options.
Son petit frère. Pire encore, même si Xhekaj voudrait se reconvertir en attaquant, Florian lui bloque le passage.
Pour le poste de défenseur indésirable. Jayden Struble est lui aussi en compétition et il est considéré comme plus fiable défensivement.
Mais revenons à Florian.
La pire nouvelle pour Arber.
Pendant des mois, on a répété qu’Arber Xhekaj pourrait éventuellement être plus utile comme attaquant. Il y avait une logique derrière cette idée : conserver son physique, réduire certaines de ses responsabilités défensives et profiter de sa capacité à déranger l’adversaire. Sauf que le Canadien possède maintenant un autre Xhekaj capable de jouer à l’attaque.
Florian est plus jeune, il peut jouer au centre, il possède davantage de potentiel offensif et il est en train de pousser pour une place à Montréal.
Le Canadien l’a utilisé à différentes positions durant les matchs préparatoires et son développement commence justement à créer un problème très intéressant pour l’organisation : si Florian gagne une place, il devient impossible de justifier la présence automatique d’Arber simplement parce que celui-ci porte le nom Xhekaj et qu’il peut jeter les gants.
Florian est en train de voler la place de son frère parce que son profil finit par rendre Arber beaucoup moins indispensable.
Et regardez simplement la profondeur actuelle à la défense.
Mike Matheson et Noah Dobson sont destinés à jouer ensemble. Lane Hutson et David Reinbacher représentent l’autre combinaison dans le béton. Alexandre Carrier est le 5e défenseur. Adam Engström pousse derrière. Et Kaiden Guhle doit éventuellement revenir.
Ce qui est encore plus troublant, c’est qu’Arber vient tout juste de signer son contrat d’un an de 1,5 million $, après avoir été le dernier joueur de l’organisation à régler son dossier contractuel avant le camp.
Le contrat lui donne une saison supplémentaire pour prouver sa valeur, mais le coach ne veut plus de lui.
St-Louis en veut plus le voir, l’entendre ou le gérer.
Et soyons honnêtes : son camp ne lui donne pas beaucoup d’arguments supplémentaires pour que le coach perde du temps avec lui.
Arber Xhekaj est déjà condamné.
Le plus cruel dans tout ça, c’est que la popularité du Shérif ne garantit absolument rien. Les partisans l’adorent. Son personnage fonctionne. Il est spectaculaire, il est physique et il possède une présence que peu de joueurs du Canadien ont.
Mais une organisation ne peut pas garder un défenseur simplement parce qu’il est populaire si le personnel hockey ne croit pas qu’il peut aider l’équipe à gagner.
En fait, la vérité est que la popularité de Xhekaj donne mal au coeur à Martin St-Louis et aux dirigeants du CH.
Si le shérif n’était pas aussi aimé, il aurait déjà été envoyé au ballottage.
C’est ça le véritable message de ce camp.
Arber Xhekaj n’est pas en train de se battre pour un poste. Il est en train de se battre dans le vide.
Le Canadien en arrive à la conclusion qu’il n’est tout simplement pas un défenseur de la LNH à ses yeux.
Au point que Martin St-Louis… ne veut plus lui parler…
