Nick Bobrov n’est pas allé à Sherbrooke pour regarder un match de la LHJMQ comme monsieur Tout-le-Monde.
Le co-directeur du recrutement amateur du Canadien était dans les gradins du Palais des sports Léopold-Drolet jeudi soir, alors que le Phoenix recevait l’Océanic de Rimouski. Sherbrooke a finalement remporté un festival offensif 5-4, mais pour Montréal, le résultat importait beaucoup moins que les joueurs présents sur la glace.
Parce que Bobrov avait plusieurs noms à surveiller selon le journaliste Maxime Truman.
Et encore une fois, les Russes attirent immédiatement l’attention.
Le Phoenix compte actuellement trois joueurs russes qui seront admissibles au prochain repêchage de la LNH : Ilya Kolmakov, Daniyar Aibatov et Ilya Kuzminykh. Les deux derniers viennent tout juste d’arriver au Québec, alors que Kolmakov connaît déjà la LHJMQ après une première saison avec Sherbrooke.
Et lorsqu’on connaît l’historique de Bobrov et Martin Lapointe, difficile de ne pas faire le lien.
Depuis trois ans, le Canadien n’a pas hésité à utiliser ses choix importants sur des Russes : Ivan Demidov, Alexander Zharovsky et Gleb Pugashyov. Bobrov connaît ce marché mieux que presque personne dans l’organisation.
Alors quand il se déplace personnellement pour observer trois Russes admissibles au repêchage, ça mérite qu’on s’y attarde.
Le nom qui ressort le plus est celui d’Ilya Kolmakov.
L’attaquant de 17 ans avait déjà attiré énormément d’attention la saison dernière à Sherbrooke. Il avait notamment explosé avec une soirée de six points et un tour du chapeau contre Saint John en février, dans une victoire de 8-5 du Phoenix.
Il n’arrive donc pas à l’automne 2026 comme un joueur sorti de nulle part.
Ilya Kolmakov est exactement le genre de jeune joueur qui explique pourquoi Nick Bobrov était à Sherbrooke. Né à Perm, en Russie, l’attaquant a quitté son pays pour poursuivre son développement en Amérique du Nord et a complètement explosé dès sa première saison avec Little Caesars, récoltant 157 points, dont 54 buts et 103 passes, en U16 AAA.
Le Phoenix l’a ensuite sélectionné au premier rang du repêchage européen, et malgré ses seulement 16 ans, son talent saute déjà aux yeux.
Avec ses 6 pieds 1 pouce et 164 livres, Kolmakov possède une excellente vision du jeu, un sens de la passe particulièrement développé et la capacité de créer des occasions qui ne semblent pas exister.
Lui-même se décrit comme un passeur naturel et cite Nikita Kucherov comme son modèle, notamment pour sa façon de surprendre les défenseurs avec des passes intelligentes.
Son entraîneur, Gilles Bouchard, ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme :
« Quand tu le regardes jouer, tu vois immédiatement que c’est un joueur spécial. »
Bouchard reconnaît qu’il devra encore apprendre et corriger certains aspects, notamment sa vitesse et son jeu défensif, mais il n’a aucun doute sur une chose : le talent est là, et il y en a énormément.
Kolmakov figure actuellement autour de la deuxième ronde dans les différentes listes. Elite Prospects le place notamment au 58e rang de son classement.
Et le Canadien possède justement, pour l’instant, un choix de deuxième ronde.
Coïncidence?
Peut-être.
Mais ce sont exactement les genres de coïncidences qu’on surveille lorsqu’un recruteur comme Bobrov se déplace en personne.
Kolmakov n’est toutefois pas le seul nom intéressant à Sherbrooke.
Daniyar Aibatov est un défenseur droitier de six pieds un pouce et 180 livres qui évoluait auparavant dans la MHL russe. Ilya Kuzminykh, lui, est un attaquant gaucher qui avait produit à un rythme impressionnant dans les circuits russes U17 avant de traverser l’Atlantique.
Et justement, Kuzminykh a marqué deux fois contre Rimouski.
Bobrov n’a donc pas eu besoin de chercher bien longtemps pour trouver du talent.
Mais il y avait également un autre joueur qui pouvait difficilement passer inaperçu.
Maxmilian Mares.
Le géant tchèque de l’Océanic mesure officiellement 6 pieds 6 pouces et pèse 231 livres selon la fiche actuelle de Rimouski. Il est capable d’évoluer au centre ou à l’aile et il fait déjà partie des joueurs à surveiller pour le repêchage 2027.
Mares avait été sélectionné au cinquième rang du repêchage international de la LCH par Rimouski après avoir inscrit 20 buts et 35 points en 47 matchs dans le circuit junior tchèque la saison précédente.
Et son début de saison attire déjà les regards.
Il figurait récemment au 13e rang du classement de Craig Button, qui présente 32 espoirs en vue du repêchage 2027.
Voilà pourquoi la présence de Bobrov à Sherbrooke est beaucoup plus intéressante qu’une simple visite de routine.
Le Canadien possède déjà un premier choix et un deuxième choix pour le prochain repêchage.
Et si Kolmakov continue de grimper, si Mares confirme qu’il appartient véritablement au groupe des espoirs de première ronde et si les autres Russes de Sherbrooke commencent eux aussi à attirer l’attention, Montréal aura plusieurs options dans cette cuvée.
Le Canadien n’est plus en reconstruction.
Kent Hughes n’a plus besoin de remplir son organisation de dix nouveaux espoirs par année.
Mais il doit continuer à trouver des joueurs capables de devenir des morceaux importants lorsqu’ils seront prêts.
C’est exactement ce que Bobrov est allé chercher à Sherbrooke.
Et lorsqu’on voit un recruteur de son calibre dans les gradins avec trois Russes admissibles au repêchage sur la même glace, difficile de ne pas commencer à se demander si Montréal n’a pas déjà commencé à préparer son prochain gros coup russe.
