Le petit frère « raté » de Bradly Nadeau vient de prendre sa revanche. Quelle belle histoire.
Josh Nadeau détruit tout sur son passage
On l’a trouvé trop petit. On l’a trouvé trop frêle. On a regardé ses 5 pieds et 9 pouces et ses 170 livres en se demandant s’il allait réellement pouvoir survivre au hockey professionnel.
Et pendant longtemps, Josh Nadeau a vécu dans l’ombre de son petit frère Bradly, le grand espoir des Hurricanes de la Caroline, celui qui a été repêché au premier tour en 2023 et à qui on promettait déjà un avenir dans la Ligue nationale.
Josh, lui, avait droit à une étiquette beaucoup moins flatteuse : le « frère raté ». Celui qui n’avait pas le gabarit. Celui qui n’avait pas été repêché. Celui qui allait devoir se contenter de regarder son petit frère avancer pendant que lui chercherait désespérément sa propre porte d’entrée vers le hockey professionnel.
Sauf que dimanche soir à Gatineau, le fameux petit frère « raté » a décidé qu’il était peut-être temps de régler quelques comptes.
Et quelle façon de le faire.
Josh Nadeau a complètement pris le contrôle de la rencontre entre les espoirs du Canadien de Montréal et ceux des Sénateurs d’Ottawa. Trois buts. Un tour du chapeau.
Le Canadien a finalement remporté le match 5-4 en tirs de barrage, mais le spectacle appartenait à Nadeau. Après avoir connu un premier match extrêmement intéressant dans lequel il avait démontré ses habiletés sans réussir à trouver le fond du filet, l’attaquant de 22 ans a décidé qu’il n’allait pas repartir de Gatineau sans laisser sa carte de visite.
Daniel Jacob avait demandé à ses jeunes joueurs de profiter de ce tournoi pour démontrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Josh a pris le message au pied de la lettre.
Son premier but est venu en avantage numérique, après que le gardien des Sénateurs eut repoussé le tir initial de Parker Trottier. Le retour s’est retrouvé directement dans la zone de danger et Nadeau n’a pas eu besoin qu’on lui explique deux fois quoi faire avec une rondelle libre devant une cage ouverte. Bang.
Premier but. Plus tard, il a récidivé en profitant de la circulation devant le filet pour surprendre le gardien adverse. Puis, en troisième période, il a complété son tour du chapeau à la suite d’une superbe montée de Luke Mittelstadt.
Nadeau n’a eu qu’à terminer le travail, mais ce troisième but résumait parfaitement la soirée qu’il venait de connaître : il était constamment dans l’action, constamment autour de la rondelle et constamment dangereux.
Et c’est justement ça qui est intéressant avec Josh Nadeau. Oui, il est petit. Oui, il fait 5 pieds et 9 pouces. Oui, il pèse 170 livres. Mais il joue comme si ces chiffres n’existaient pas. Il possède des mains extrêmement rapides, un excellent sens offensif et cette capacité à trouver les espaces avant les autres.
Surtout, il est une véritable bombe sur patins.
Il avait déjà démontré ses qualités offensives à l’Université du Maine et dans la BCHL, où il avait connu des saisons particulièrement productives, mais il y avait toujours cette fameuse question qui revenait : est-ce que son petit gabarit allait finalement l’empêcher de faire le saut chez les professionnels?
Eh bien, Josh a déjà franchi une étape importante.
Il a maintenant un contrat avec le Rocket de Laval en poche.
lLe gars qu’on présentait comme le frère « raté » a maintenant une organisation de la Ligue américaine qui croit suffisamment en lui pour lui offrir une véritable occasion de poursuivre son développement chez les professionnels. Il ne demande plus la permission d’exister à côté de Bradly. Il commence à construire sa propre histoire.
Et Daniel Jacob a justement envoyé un message très clair après la rencontre. L’entraîneur-chef du Rocket ne s’est pas contenté de parler des trois buts de Nadeau.
Il a particulièrement aimé son implication sans la rondelle, son travail défensif, son énergie et sa capacité à protéger le disque. Ce n’est pas seulement un gars qui tire au filet. C’est exactement le genre de détail qui peut faire la différence pour un joueur de petit gabarit qui tente de gagner sa place chez les professionnels.
Parce que c’est bien beau de marquer trois buts contre des espoirs, mais si tu veux jouer dans la Ligue américaine, puis éventuellement dans la Ligue nationale, tu dois démontrer que tu peux faire beaucoup plus que remplir le filet. Tu dois être fiable.
Tu dois être engagé. Tu dois être capable de récupérer une rondelle, de gagner une bataille, de jouer dans ta zone et de créer de l’offensive malgré un adversaire beaucoup plus imposant. Dimanche, Nadeau a montré plusieurs de ces éléments.
La revanche ne fait que commencer.
Il y a quelque chose de particulièrement savoureux dans son parcours. Pendant que Bradly attirait les projecteurs, devenait un choix de première ronde et grimpait dans les listes de prospects, Josh devait constamment répondre aux mêmes questions sur son potentiel.
Est-il trop petit? Peut-il jouer contre des joueurs plus gros? Est-ce que son talent offensif va se transposer chez les professionnels? Est-ce qu’il va réussir à sortir de l’ombre de son frère?
Aujourd’hui, Josh n’a peut-être pas encore toutes les réponses. Mais il vient d’envoyer un sacré avertissement.
Le « petit frère raté » vient de signer avec le Rocket.
Le « nain » qu’on disait trop petit vient de marquer trois buts.
Le gars qu’on comparait constamment à son frère vient de connaître une soirée où Bradly Nadeau n’avait absolument rien à voir avec la performance qu’on regardait.
C’était Josh.
Josh Nadeau.
Et il était partout.
Il faut maintenant voir jusqu’où cette revanche peut aller. Parce que le plus intéressant dans cette histoire, c’est que Josh n’a plus besoin d’être « le frère de Bradly ». Il a maintenant une véritable occasion de devenir Josh Nadeau, joueur de hockey professionnel.
Et après un tour du chapeau pareil?
Peut-il rêver à la LNH, même s'il ne possède qu'un contrat de la ligue américaine et qu'il est tout petit et tout frêle?
Le minuscule Josh vous répondra... que tout est possible...
