Brett Berard ou Florian Xhekaj? Une bataille féroce s’annonce au camp du Canadien.
Le départ de Brendan Gallagher et celui de Joe Veleno n’ont pas seulement laissé deux postes vacants dans l’alignement du Canadien de Montréal. Ils ont aussi ouvert la porte à une véritable guerre interne qui pourrait devenir l’une des grandes histoires du prochain camp d’entraînement.
Deux noms ressortent déjà du lot : Brett Berard et Florian Xhekaj.
Deux profils complètement opposés. Deux philosophies de hockey. Deux joueurs qui pourraient se battre pour une seule chaise.
Kent Hughes n’a pas acquis Brett Berard pour remplir les rangs du Rocket de Laval. À 23 ans, l’ancien espoir des Rangers arrive à Montréal avec l’impression qu’il s’agit probablement de sa dernière véritable chance de s’établir dans la LNH.
Coincé pendant des années dans une organisation qui ne lui faisait plus confiance, Berard souhaitait un changement d’air. Les Rangers savaient qu’ils risquaient même de le perdre gratuitement au ballottage. Montréal a sauté sur l’occasion pour envoyer William Trudeau dans l'organisation des Rangers.
Même s’il ne mesure que 5 pieds 9 pouces et 175 livres, Berard possède exactement le genre d’énergie que Martin St-Louis adore. Il patine sans arrêt, met énormément de pression sur les défenseurs adverses, attaque les rondelles libres et joue avec une intensité qui fait oublier son petit gabarit.
Il avait d’ailleurs démontré qu’il pouvait contribuer offensivement lors de son premier passage prolongé dans la LNH avec 10 points, dont six buts, en 35 matchs. La saison dernière a toutefois été beaucoup plus difficile. Treize matchs dans la LNH, aucun point et un retour presque permanent à Hartford. Un recul qui explique pourquoi les Rangers étaient prêts à tourner la page.
Montréal, lui, croit encore qu’il reste un joueur de la LNH caché derrière ces statistiques.
Le départ de Brendan Gallagher pourrait lui offrir exactement l’ouverture qu’il attendait.
Mais il y a un problème.
Florian Xhekaj n’a absolument pas l’intention de lui céder cette place.
Le frère d’Arber arrive au camp avec un argument que très peu de joueurs de l’organisation possèdent : une identité parfaitement définie.
Tout le monde sait exactement ce qu’il apporte.
De la robustesse. De l’intimidation. De l’énergie. Un échec avant incessant. Et contrairement à plusieurs bagarreurs modernes, il est aussi capable de contribuer offensivement.
À sa première saison avec le Rocket, il a établi un record de concession pour un recrue avec 24 buts, tout en dominant l’équipe au chapitre des minutes de punition. La saison dernière, il a même obtenu ses premiers matchs dans la LNH.
Il avait été l’un des derniers joueurs retranchés au camp d’entraînement. Cette expérience risque de devenir une énorme source de motivation.
Dans une équipe qui manque encore de caractère physique à l’avant, Florian Xhekaj possède probablement un avantage que Berard n’aura jamais.
Et pendant que Berard pourrait remplacer Brendan Gallagher, Florian Xhekaj pourrait tout aussi bien récupérer le rôle laissé vacant par Joe Veleno selon la façon dont Martin St-Louis voudra construire son quatrième trio.
Il y a également un élément financier qui rend cette compétition encore plus cinglante.
Berard vient de signer un contrat à deux volets extrêmement avantageux pour lui. Il touchera 850 000 $ s’il évolue dans la LNH… mais conservera tout de même 175 000 $ s’il est cédé dans la Ligue américaine.
Florian Xhekaj, lui, toucherait seulement 82 500 $ dans la AHL.
Autrement dit, Berard possède une certaine protection financière.
Pas Florian.
Pour lui, faire le Canadien représente une différence énorme.
Voilà pourquoi cette bataille pourrait rapidement devenir l’une des plus intenses du camp.
Martin St-Louis devra faire un choix entre deux visions complètement différentes.
D’un côté, un petit attaquant ultra rapide, agressif sur la rondelle et capable d’apporter de l’offensive secondaire.
De l’autre, un monstre de puissance qui frappe tout ce qui bouge, protège ses coéquipiers et donne enfin au Canadien une présence physique qui lui a tant manqué lors des dernières séries éliminatoires.
Le poste laissé vacant par Brendan Gallagher ne sera donné à personne.
Il faudra l’arracher.
Brett Berard et Florian Xhekaj vont nous offrir la plus belle bataille du camp d’entraînement des Canadiens de Montréal.
Un monstre... contre un petit...
