90 000 dollars dans les poches: comment les joueurs vont se partager l'argent des séries?

90 000 dollars dans les poches: comment les joueurs vont se partager l'argent des séries?

David Garel
Le 2026-05-19

Le Canadien de Montréal vient officiellement de mettre la main sur une somme de 2,25 millions de dollars simplement en atteignant la finale d’association. Une récompense de la Ligue nationale de hockey pour les équipes qui survivent à l’enfer des deux premières rondes éliminatoires.

Et soudainement, un malaise commence à circuler.

Comment les joueurs vont-ils répartir cet argent?

Les joueurs de la LNH ne touchent plus de salaire régulier pendant les séries. Les chèques arrêtent après la saison régulière. Ensuite? Ce sont les fameux bonis des séries.

Au total, c’est une enveloppe de 24 millions de dollars qui est distribuée aux équipes en séries éliminatoires. Et plus tu avances, plus les montants deviennent importants.

Au premier tour, chaque équipe éliminatoire recevait 470 000 $, ce qui représentait environ 18 800 $ par joueur si tout. Ensuite, en deuxième ronde, le montant doublait pratiquement à 940 000 $ par équipe, soit environ 37 600 $ par joueur.

Maintenant que les Canadiens de Montréal sont en finale de l’Est, on entre dans une autre catégorie. La troisième ronde rapporte 2,25 millions $ à l’équipe, ce qui équivaut à environ 90 000 $ par joueur.

Si le Canadien atteint la finale de la Coupe Stanley, l’enveloppe grimpe à 4,12 millions $, soit environ 164 800 $ par joueur. Et si Montréal complétait l’improbable en remportant la Coupe Stanley? Là, les champions toucheraient 6,92 millions $, ce qui représente environ 276 800 $ par joueur.

Mais revenons à ce qui nous intéresse: le 90 000 dollars par joueur qui vient d'être gagné et qui peut changer des vies.

Car on ne parle pas d’un vestiaire où tout le monde gagne le même salaire.

On parle d’une équipe où Nick Suzuki touche 7,875 millions de dollars par année, où Juraj Slafkovský gagne environ 7,6 millions, où Noah Dobson, avec son nouveau contrat monstre à 9,5 millions de dollars par saison, fait désormais partie de l’élite salariale.

Est-ce qu’un gars comme Noah Dobson va vraiment vouloir son 90 000 $?

Question légitime.

Parce qu’à l’autre bout du spectre, tu as des gars comme Jakub Dobeš, héros absolu des deux premières séries, qui 965 000 $ par année.

Oui, 965 000 $, c’est déjà énorme dans la vraie vie. Évidemment.

Mais dans la LNH?

C’est des peanuts.

Et soudainement, un bonus de 90 000 $, ça commence à représenter quelque chose de beaucoup plus significatif.

Même chose pour Zachary Bolduc, autour de 863 000 $ par année.

Même chose pour plusieurs jeunes joueurs qui ne roulent pas encore sur des contrats astronomiques.

Information importante: cet argent peut être réparti comme l’équipe le souhaite.

Traditionnellement, dans plusieurs vestiaires, les gros salariés acceptent parfois de réduire leur part ou de redistribuer davantage vers les joueurs à plus petit salaire, vers les gars qui n’ont pas encore signé le gros contrat de leur vie… ou même vers certains membres du personnel de soutien.

Les thérapeutes.

Les soigneurs.

Les entraîneurs vidéo.

Les employés de l’ombre.

Ceux qui vivent les séries avec l’équipe sans jamais toucher les millions.

Imaginez la scène.

Nick Suzuki, capitaine multimillionnaire.

Noah Dobson à 9,5 millions.

Slafkovský à plus de 7 millions.

Brendan Gallagher, toujours autour de 6,5 millions de dollars à réchauffer le banc des gradins, alorsi plusieurs pensent déjà à un éventuel rachat de contrat.

Est-ce que ces gars-là vont réellement dire : “Oui, je veux mon 90 000 $ au complet”?

Il y a un autre nom qui risque de créer un malaise dans toute cette histoire-là : Patrick Laine.

Parce que oui, les bonis de séries, ça se partage à l’interne selon une formule décidée par les joueurs. Et selon ce qui circule autour de l’équipe, le cas Laine risque de faire jaser dans le vestiaire.

Patrick Laine n’est pratiquement plus dans le portrait depuis un bon moment.

On parle ici d’un joueur qui gagne déjà une fortune. Avec un salaire astronomique de 8,7 millions $ par année, est-ce vraiment lui qui a besoin d’un autre chèque de 90 000 $?

Imaginez le malaise si Patrick Laine, absent du portrait depuis des lunes, au point de lui inventer une blessure pour le garder sur la liste des blessés à long terme, insistait pour toucher sa pleine part.

Surtout que tout le monde le sait: Laine est au cash.

Évidemment, personne ne va rendre ça public. Ces discussions restent presque toujours dans le vestiaire.

Suzuki et les vétérans vont prendre le contrôle du dossier pour éviter les tensions.

Avec ce groupe qui répète depuis des mois qu’il est une famille, qu’il est spécial, qu’il est uni… voilà peut-être un vrai test de culture interne.

Qui va penser au groupe?

Qui va penser aux jeunes?

Qui va penser au héros du moment?

Et surtout…

Est-ce que Noah Dobson va vraiment demander son 90 000 $?

Est-ce que Laine va faire des chichis de diva?