80 millions de dollars: Juraj Slafkovsky rejette la jalousie

80 millions de dollars: Juraj Slafkovsky rejette la jalousie

David Garel
Le 2026-08-19

Juraj Slafkovsky a fait économiser des dizaines de millions de dollars au Canadien de Montréal.

Ou plutôt...

Il a perdu 10 millions de dollar par année... sur 8 ans...

80 millions de dollars.

Ouch.

Et le plus fou, c’est qu’il ne parle même pas d’argent.

Dans une entrevue cinglante, Slafkovsky vient essentiellement de confirmer que les jeunes vedettes du Canadien ont accepté de laisser de l’argent sur la table pour avoir une meilleure chance de gagner.

Hum.

Slafkovsky gagne actuellement 7,6 millions de dollars par saison.

Selon le plus récent classement de Corey Pronman, il est maintenant considéré comme le quatrième meilleur joueur U23 de toute la LNH, derrière seulement Macklin Celebrini, Connor Bedard et Matthew Schaefer.

Devant Leo Carlsson.

Devant plusieurs jeunes joueurs qui seront éventuellement payés comme des supervedettes.

Et si Slafkovsky était aujourd’hui à la fin de son contrat et qu’il devait négocier avec le marché actuel en fonction de ce qu’il est en train de devenir, il ne serait probablement pas question de 7,6 millions.

On parlerait potentiellement de 15, 16, 17, voire 18 millions de dollars par année si le plafond continue d’exploser et que Slafkovsky confirme les projections qui commencent à se dessiner.

C’est là que le calcul devient complètement fou.

Si Slafkovsky devait éventuellement valoir 18 millions par saison, mais qu’il touche 7,6 millions avec Montréal, on parle d’une différence de 10,4 millions de dollars par année.

Sur quatre ans, c’est plus de 41 millions de dollars.

Sur huit ans, l’écart théorique dépasse 83 millions de dollars.

Et Slafkovsky vient justement de dire qu’il ne regrette absolument pas cette décision.

« Ce n’est pas vraiment une question d’argent pour personne là-bas, à Montréal. Nous avons tous le même objectif dans cette équipe. Personne ne se soucie vraiment de l’argent à ce stade-ci. »

« Tous les contrats que les gars ont, ou même celui que j’ai personnellement, ont déjà suffisamment facilité notre vie. Personne n’a vraiment besoin de plus que ça. »

Depuis des mois, on entend exactement l’argument inverse.

On dit que les joueurs du Canadien vont finir par regarder les contrats signés ailleurs et se demander pourquoi ils ont accepté moins.

Que la jalousie va détruire la chambre.

On dit que Kent Hughes prendrait trop avantage de ses jeunes joueurs.

On dit qu’un jour, Demidov, Hutson ou Slafkovsky pourraient se réveiller et réaliser qu’ils ont laissé des dizaines, voire des centaines millions sur la table.

Slafkovsky vient pratiquement de répondre : on le sait. Et on s’en fout.

« Nous préférerions simplement nous concentrer sur le fait d’accumuler ces bagues de la Coupe Stanley, parce que c’est un chiffre beaucoup plus important, et je ne pense pas qu’aucune somme d’argent puisse surpasser ça. »

C’est probablement la meilleure publicité possible pour Kent Hughes.

Le DG du Canadien ne peut évidemment pas contrôler ce que ses joueurs pensent. Il peut négocier les contrats, mais il ne peut pas forcer ses vedettes à accepter une philosophie collective.

Slafkovsky vient de dire publiquement que cette philosophie existe.

Et le classement de Pronman rend la situation encore plus intéressante.

Le Slovaque n’est pas le seul joueur de Montréal qui pourrait être extrêmement sous-payé dans quelques années.

Ivan Demidov est huitième.

Lane Hutson est onzième.

Alexander Zharovsky est 55e.

Gleb Pugachyov est 56e.

David Reinbacher est 73e.

Michael Hage est 93e.

Sept joueurs du Canadien figurent parmi les 156 meilleurs jeunes joueurs de la LNH selon Pronman.

La mentalité sous-payée que Kent Hughes voulait créer va le sauver.

Si Hage, Zharovsky et les autres embarquent dans cette philosophie…

Le Canadien va devenir invincibe.

On ne parle pas seulement d'une génération de jeunes joueurs talentueux, mais bien d'une génération de jeunes joueurs qui accepte de perdre des millions pour gagner ensemble.

Slafkovsky a perdu 80 millions de dollars.

Mais une Coupe Stanley... ça n'a pas de prix...