33 millions de dollars: Mavrik Bourque fait sauter la banque

33 millions de dollars: Mavrik Bourque fait sauter la banque

David Garel
Le 2026-07-04

À un certain moment, il faut se demander si la LNH n’a pas complètement perdu le nord.

Le contrat accordé à Mavrik Bourque en est peut-être le meilleur exemple.

Le jeune attaquant de 24 ans vient de signer une entente de six ans à 5,5 millions de dollars par saison.

Sérieusement? 33 millions de dollars au total?

On parle d’un joueur qui a disputé 156 matchs dans la LNH.

Son total offensif?

31 buts. 35 passes. 66 points.

Sa meilleure saison?

20 buts et 41 points.

Et pourtant, il vient d’obtenir un contrat de 33 millions de dollars.

C’est complètement renversant.

Bourque est un bon petit joueur. Personne ne remet ça en question. Mais on le voit pas du tout comme un attaquant top-6.

Il n’a jamais démontré qu’il pouvait être un attaquant de premier plan. Il mesure 5 pieds 11 pouces, pèse 187 livres et n’a jamais dépassé le plateau des 20 buts ou des 41 points en une saison.

Dans une autre époque, genre l'an passé, un joueur avec ce profil aurait signé un contrat de transition de deux ou trois ans pour des peanuts afin de prouver qu’il pouvait produire de façon constante.

Aujourd’hui?

On lui garantit six saisons à 5,5 millions de dollars par année.

Voilà où le marché est rendu.

Et c’est exactement ce qui donne encore plus de valeur au travail de Kent Hughes lorsqu’on regarde certains contrats déjà signés à Montréal.

Parce que si Mavrik Bourque vaut aujourd’hui 5,5 M$ par saison, combien valent réellement Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Nick Suzuki, Ivan Demidov ou même Lane Hutson?

C’est là que les joueurs du Canadien doivent parfois avoir un pincement au cœur.

Cole Caufield marque 50 buts, touche 7,85 M$.

Nick Suzuki est un centre numéro un, capitaine, gagnant du trophée Selke, récolte plus de 100 points et gagne 7,875 M$.

Juraj Slafkovský est signé à 7,6 M$.

Ivan Demidov vient d’accepter 9,125 M$ jusqu’en 2035.

Lane Hutson, l’un des jeunes défenseurs offensifs les plus électrisants de la LNH, a accepté 8,85 M$.

On comprend alors pourquoi l’agent Allain Roy affirme que plusieurs joueurs qui ont signé avant l’explosion du plafond salarial ont l’impression d’avoir manqué la fête.

« C’est une question de perspective, mais il faut comprendre la psychologie des joueurs. Ils ne jouent pas seulement pour l’amour du hockey, ils jouent aussi pour ce qu’ils valent sur le marché. Et aujourd’hui, ils réalisent qu’ils valent bien plus que ce qu’ils ont accepté. »

Ils ne regretteront jamais publiquement leurs signatures. Ils aiment Montréal. Ils veulent gagner.

Mais ils regardent forcément les contrats qui tombent partout dans la LNH. Ils se sont faits avoir sur toute la ligne.

Voir des joueurs beaucoup moins dominants qu’eux encaisser des salaires qui s’approchent dangereusement des leurs, ou même peut les dépasser.

À un certain moment, la structure salariale parfaite du Canadien pourrait aussi devenir un défi humain.

Parce qu’il faudra éventuellement expliquer à un vestiaire rempli de joueurs qui ont accepté des rabais pourquoi des joueurs beaucoup moins productifs, ailleurs dans la LNH, gagnent presque autant qu’eux.

Et Kent Hughes ne peut même pas rajouter une vedette à la Leo Carlsson ou Adam Fantilli, car il a peur de décevoir ses stars sous-payés qui n'accepteraient pas qu'une star débarquer et fasse le double de leur "cash".

Le contrat de Mavrik Bourque n’est peut-être qu’une signature parmi tant d’autres.

Mais il illustre parfaitement à quel point le marché est devenu complètement déconnecté.

Et pour les vedettes du Canadien qui ont accepté de laisser des millions sur la table afin d’aider leur organisation, ce genre de contrat donne mal au coeur.

Quand un joueur qui totalise seulement 66 points en 156 matchs commande 5,5 millions par saison, on comprend pourquoi les directeurs généraux parlent d’une explosion des salaires.

Chaque nouvelle signature fait grimper le marché.

Chaque nouveau contrat devient un comparable pour le prochain joueur.

C’est un véritable effet domino.

Ce contrat de Bourque ne concerne donc pas seulement Dallas.

Il influence déjà les prochaines négociations de dizaines de jeunes joueurs partout dans la LNH.

À commencer par les dossiers d’Adam Fantilli, Connor Bedard, Cutter Gauthier, Macklin Celebrini et plusieurs autres.

On raconte que Bedard voudrait 17 M$ par année.

Si Mavrik Bourque vaut aujourd’hui 5,5 millions de dollars par année après une carrière de 66 points en 156 matchs, Bedard vaut minimum 17 M$ par année. Adam FAntilli pourrait demander près de 14 M$ par année.

Celebrini va-t-il viser le 18 millions, juste pour dépasser Bedard?

Pincez-nous quelqu'un. La LNH a perdu la tête.