Il y a quelques mois à peine, le contrat de Lane Hutson faisait déjà sourire les partisans du Canadien de Montréal.
Aujourd’hui, il commence carrément à devenir une blague où l’on se sent mal pour le pauvre défenseur.
Le marché salarial de la Ligue nationale est en train d’exploser à une vitesse qui aurait été difficile à imaginer il y a quelques années.
Le plafond salarial grimpe constamment, les propriétaires génèrent davantage de revenus et les contrats des superstars atteignent maintenant des chiffres qui semblaient complètement impossibles il n’y a pas si longtemps.
Le 20,4 M$ par année, sur huit saisons, pour Cale Makar donne des frissons dans le dos.
Il y a douze ans, Patrick Kane et Jonathan Toews avaient marqué l’histoire en devenant les premiers joueurs de l’ère du plafond salarial à signer des contrats de 10 millions de dollars par année.
Aujourd’hui?
Selon l’agent Alan Walsh, nous pourrions voir un joueur signer un contrat de 30 millions de dollars par saison dans seulement quatre ans.
Il faut prendre une seconde pour réaliser ce que cela signifie pour Lane Hutson.
Son salaire annuel est fixé à 8,85 millions jusqu’en 2033-2034.
Un montant énorme pour un citoyen ordinaire.
Mais dans la LNH qui s’en vient?
Ce montant est une « joke ».
Comment Lane Hutson a-t-il pu se faire avoir à ce point?
Kent Hughes l’a manipulé. Et sa technique est aujourd’hui dévoilée.
Hutson venait de connaître une saison recrue extraordinaire. Il avait remporté le Calder et récolté 66 points. Tout le monde savait qu’il était spécial. Tout le monde savait que le Canadien avait entre les mains un défenseur offensif capable de changer le visage d’une franchise.
Lane Hutson n’était pas encore considéré comme un défenseur complet et le DG du CH lui a mis ça dans les dents.
Voilà ce qui a permis au Canadien de négocier.
Kent Hughes a frappé au moment parfait.
Un dirigeant anonyme a résumé parfaitement la situation de Hutson. Il reconnaît son talent immense, mais considère qu’il demeure encore « incomplet ».
Le dirigeant compare même son évolution à celle de Quinn Hughes, rappelant que le défenseur des Canucks avait lui aussi besoin d’être protégé défensivement au début de sa carrière avant de devenir éventuellement l’un des meilleurs défenseurs de la planète.
Le Canadien n’a pas attendu que Hutson devienne parfait.
Il n’a pas attendu que Hutson obtienne les missions défensives les plus difficiles ou qu’il joue régulièrement sur le désavantage numérique.
Il n’a pas attendu que les dirigeants, les entraîneurs et les recruteurs de la LNH arrêtent complètement de se poser des questions sur son jeu sans la rondelle.
Kent Hughes a signé le contrat avant.
Hutson obtient énormément de départs en zone offensive, n’affronte pas toujours les meilleurs joueurs adverses et n’est pas utilisé régulièrement sur le désavantage numérique.
Hughes a utilisé ces éléments pour affirmer que Martin St-Louis devait encore protéger son jeune défenseur.
Le DG du CH l’a présenté comme un boulet défensif.
Même si ses qualités défensives sont beaucoup plus impressionnantes qu’on pourrait le croire.
Son anticipation est exceptionnelle. Son bâton est efficace. Il récupère un nombre impressionnant de rondelles libres. Il réussit à couper les entrées de zone.
Et lorsqu’un adversaire croit avoir créé suffisamment d’espace, Hutson possède cette capacité extraordinaire de revenir dans le jeu et de récupérer la rondelle.
Martin St-Louis avait d’ailleurs donné une explication intéressante sur son jeune défenseur.
Selon l’entraîneur du Canadien, Hutson comprend tellement bien le jeu offensif qu’il est capable de « reconstruire » mentalement les séquences dans l’autre sens.
Il peut anticiper ce qu’un joueur offensif cherche à faire parce qu’il comprend lui-même les options qui existent.
Voilà pourquoi Hutson peut défendre efficacement malgré son petit gabarit.
Son cerveau arrive avant son corps. Mais son agent n’a pas utilisé son cerveau avant de signer son contrat.
Et à écouter Walsh, Hutson aurait atteint la barre des 30 millions dans quatre ans.
Génial pour le CH. Tellement triste pour lui.
