13 minutes de honte totale: Dylan Larkin fait peine à voir

13 minutes de honte totale: Dylan Larkin fait peine à voir

David Garel
Le 2026-09-18

Dylan Larkin voulait éteindre l’incendie. Il voulait parler directement aux partisans, éviter que ses coéquipiers aient à répondre à sa place et remettre toute cette histoire derrière lui. Mais après treize minutes devant les journalistes, une chose est devenue évidente : le bruit n’est pas parti. Il vient simplement de changer de forme.

Larkin a demandé une transaction aux Red Wings durant l’été. Il a ensuite perdu son titre de capitaine. Il est maintenant blessé et n’est même pas en mesure de commencer le camp normalement. Et lorsqu’il s’est présenté devant les médias, il a refusé d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à demander son départ.

« Je vous parle aujourd’hui parce que vous méritez des réponses. Les partisans méritent des réponses. Je ne veux pas de cette distraction. Je ne veux pas qu’un de mes coéquipiers ait à répondre avant que vous m’entendiez. J’essaie d’être professionnel dans tout ça et j’ai hâte de retourner sur la glace et de regagner la confiance de mes coéquipiers sur la glace, là où je crois que c’est le plus important. »

Sur papier, c’est une déclaration respectable.

Mais dans la réalité, elle ouvre immédiatement une nouvelle série de questions.

Pourquoi a-t-il demandé une transaction?

Qu’est-ce qui s’est réellement passé?

Pourquoi voulait-il partir?

Pourquoi ne peut-il pas en parler?

Et surtout : comment ses coéquipiers vont-ils réellement vivre avec ça lorsque les matchs commenceront?

Larkin a répété qu’il n’était pas prêt à expliquer ses raisons.

« Je ne suis vraiment pas prêt à en parler. »

Il a également insisté pour dire qu’il préférait garder certaines choses entre lui et l’organisation.

« Je préfère garder ça entre l’organisation et moi. »

Le problème, c’est que cette histoire ne concerne plus seulement Larkin et les Red Wings.

Elle concerne maintenant tout le vestiaire.

Elle concerne les partisans.

Elle concerne les entraîneurs.

Elle concerne le nouveau directeur général par intérim Shawn Horcoff.

Et elle concerne évidemment toutes les équipes qui pourraient éventuellement tenter de mettre la main sur lui.

Larkin a bien tenté de protéger ses coéquipiers.

« Je leur ai parlé. Et je leur ai parlé honnêtement. Vous savez, ils méritaient ça. Je vous dirais que ce n’était pas à cause d’eux. Et c’est aussi loin que j’irai là-dessus. »

Mais justement : personne ne sait ce que signifie réellement cette phrase.

Les joueurs peuvent publiquement soutenir Larkin. J.T. Compher l’a fait en rappelant qu’il existe toujours une dimension affaires dans le hockey professionnel et que, lorsqu’un joueur est avec eux, l’objectif doit demeurer celui de gagner.

Mais cela ne signifie pas que tout est réglé dans le vestiaire.

Larkin était le capitaine.

Il était le visage de l’organisation.

Il portait ce « C » sur son chandail.

Et maintenant, il demande à quitter Detroit.

Il faut donc que ses coéquipiers acceptent de continuer à travailler avec un joueur qui leur a clairement indiqué qu’il ne voulait plus être là à long terme.

C’est énorme.

Larkin dit qu’il veut regagner leur confiance.

« J’ai essayé de leur donner de l’espace pour leur permettre d’assimiler tout ça. Je donnerais tellement cher pour être sur la glace. Je travaille fort pour retrouver la santé et je veux être là. Le moment est vraiment malheureux, et j’aimerais pouvoir montrer par mes actions comment reconstruire la confiance avec mes coéquipiers et avec les partisans. »

Encore une fois, c’est exactement ce qu’il doit faire.

Mais les mots ne régleront pas cette histoire.

Les performances devront le faire.

Et les partisans de Detroit, eux, risquent d’être beaucoup moins patients.

Larkin le sait.

« Je ne peux pas vraiment contrôler ça. Ce sont des partisans passionnés. Il y a de la frustration. Je suis frustré moi aussi. J’espère simplement qu’il y aura 22 autres gars dans le vestiaire. C’est à propos d’eux, pas d’un seul joueur. On va, je l’espère, passer à autre chose. »

Mais comment passer à autre chose lorsque personne ne connaît la véritable raison de la demande de transaction?

C’est exactement le problème.

Le bruit va continuer.

Chaque mauvaise séquence va ramener les questions sur Larkin.

Chaque fois que les Red Wings seront sifflés, son nom risque de revenir.

Et si Larkin joue bien, une autre question apparaîtra : est-ce qu’il joue pour les Red Wings ou est-ce qu’il joue pour augmenter sa valeur avant une transaction?

Il se retrouve donc dans une situation où pratiquement tout peut être interprété.

Et à Montréal, forcément, on surveille tout ça.

Larkin n’a toujours pas ajouté Montréal à sa liste de destinations acceptées. Mais avec l’instabilité actuelle à Detroit, le changement de direction au sommet et les discussions entourant son avenir, la situation pourrait encore évoluer.

Et il y a une chose que les Red Wings doivent absolument éviter : que le dossier Larkin devienne plus gros que l’équipe.

La distraction est déjà partout.

Larkin voulait la faire disparaître.

Il a plutôt donné aux journalistes treize nouvelles minutes de matière.

Et tant qu’il ne dira pas pourquoi il veut quitter Detroit, cette histoire ne disparaîtra pas.

Elle va simplement continuer de grossir.