Avenir sombre pour Zachary Bolduc: son futur est compromis

Avenir sombre pour Zachary Bolduc: son futur est compromis

Par David Garel le 2026-01-01

Le Canada a battu la Finlande hier soir, et encore une fois, un nom s’est imposé : Michael Hage. L’espoir du Canadien n’a pas simplement bien joué, il a encore façonné le match à sa manière, récoltant deux passes et, surtout, imposant sa présence à chaque présence.

Chaque fois qu’il touche la rondelle, quelque chose se passe. Chaque fois qu’il entre en zone adverse, la défense se déforme. C’est le genre de joueur qui ne triche jamais avec le jeu, mais qui le réinvente à sa manière, avec cette fluidité rare qu’on ne peut pas enseigner.

Avec ses huit points depuis le début du tournoi (deux buts, six passes), Hage trône au sommet des pointeurs du Championnat mondial junior.

Il est, ni plus ni moins, le joueur le plus complet du tournoi jusqu’à maintenant. On le compare à des centres déjà établis, on parle d’un futur pilier offensif pour Montréal, et ce n’est pas un hasard si son nom se murmure déjà dans les cercles du Hobey Baker, le trophée réservé au meilleur joueur universitaire américain.

Certains affirment qu'il deviendra un ailier dans la LNH, et non un centre. Peu importe la position, il sera un stud.

Hage n’est plus un secret. Il est une révélation confirmée. Et sa trajectoire commence à redessiner la carte du futur du Canadien de Montréal.

Pendant que Hage brille à l’international, Alexander Zharovsky fait exactement la même chose de l’autre côté de l’Atlantique.

Le jeune Russe de 18 ans a terminé décembre avec un point par match dans la KHL (11 points en 11 matchs) et a été nommé recrue du mois pour la troisième fois cette saison.

Trois fois... en quatre mois... à 18 ans, dans la deuxième meilleure ligue du monde.

À Montréal, on commence à réaliser ce que ça veut dire. Zharovsky, c’est ce prototype de finesse moderne à la Ivan Demidov : rapide, audacieux, capable de créer ses propres occasions et de transformer des situations neutres en attaques éclatantes. Il n’attend pas que le jeu vienne à lui, il le provoque.

Et quand on regarde la combinaison Hage–Zharovsky, on comprend pourquoi la hiérarchie offensive du Canadien est sur le point de basculer. Ces deux jeunes-là n’arrivent pas pour apprendre. Ils arrivent pour prendre la place.

Ils incarnent l’évolution naturelle d’un club en reconstruction : celle où les noms qu’on voyait autrefois comme des paris deviennent des certitudes.

Mais dans le hockey, chaque montée provoque une chute.

Et celle qui se dessine en ce moment a un visage bien connu : Zachary Bolduc.

Il y a un an à peine, Zachary Bolduc vivait son ascension. À Saint-Louis, il marquait des buts, il jouait avec Robert Thomas, il s’imposait comme un ailier de premier plan sur l’avantage numérique. On parlait d’un futur marqueur de 30 buts, d’un Québécois destiné à signer un contrat de 6 à 7 millions par saison. Il avait trouvé son rythme, sa confiance, et le respect de ses entraîneurs.

Puis est venue la transaction avec Montréal. Et depuis qu'il a été échangé contre Logan Mailloux, c’est la descente aux enfers.

À Saint-Louis, Bolduc brillait sur la première unité de powerplay. À Montréal, il en est exclu.

À Saint-Louis, il jouait 18 minutes par soir avec des passeurs d’élite. À Montréal, il joue parfois 10 minutes sur le troisième ou quatrième trio, souvent avec des travailleurs honnêtes, mais sans la créativité nécessaire pour nourrir un tireur comme lui.

Imaginez jouer avec Josh Anderson et Phil Danault. Ton offensive meurt sur-le-champ.

Dans cette ligue, le temps de jeu, c’est de l’argent. Et quand tu joues avec des plombiers aux mains dans le béton, tu es dans le trouble.

Le résultat? Bolduc vient de voir s’envoler entre 18 et 24 millions de dollars de valeur potentielle sur son futur contrat qu'il va signer cet été.

La perte financière de Zachary Bolduc donne mal au coeur tellement elle est vertigineuse. À Saint-Louis, sa trajectoire le menait vers un statut de marqueur établi : un ailier capable de produire entre 25 et 30 buts par saison, utilisé sur la première unité d’avantage numérique et déployé plus de 17 minutes par match.

Ce type de profil, à 21-22 ans, obtient presque toujours un contrat à long terme de 6 à 7 millions de dollars par saison sur six ou sept ans, soit un total compris entre 36 et 49 millions.

À Montréal, privé de powerplay, limité à un rôle de soutien et plafonné autour de 10-12 minutes par match, Bolduc glisse plutôt vers la catégorie des joueurs dits « complémentaires », généralement contraints d’accepter un contrat pont de 3 à 4 millions par année.

L’écart est brutal : 3 à 4 millions de moins par saison, ce qui représente entre 18 et 24 millions de dollars envolés sur un contrat de six ans, uniquement à cause d’un contexte qui ne lui permet plus de produire à la hauteur de son talent.

Mais le plus douloureux, ce n’est pas la perte d’argent... c’est la perte de sens.

Car le Bolduc qu’on voit aujourd’hui n’est pas un joueur brisé : c’est un joueur sous-employé.

Ce n’est pas le talent qui a changé, c’est le contexte.

À Saint-Louis, on le valorisait pour ses instincts de marqueur. À Montréal, on l’évalue sur ses replis défensifs.
Et dans les négociations salariales, les buts payent. Pas les replis.

Le problème, c’est que Martin St-Louis, en tentant de stabiliser son système, finit par neutraliser certains profils. Bolduc en est la victime parfaite.

L’entraîneur aime les joueurs capables de penser le jeu comme lui, de le ralentir, de s’adapter au rythme collectif, de jouer dans les deux sens de la patinoire.

Bolduc, lui, joue à l’instinct. Il tire vite, il tente des passes risquées, il provoque des déséquilibres. Bref, il dérange, ce qui, dans un système en quête d’équilibre, devient un défaut.

Il faut l'avouer: défensivement, il peut être franchement mauvais.

Pendant ce temps, le jeune Hage, lui, démontre exactement ce que St-Louis aime : discipline, intelligence, effort sur 200 pieds. Et c’est pour ça qu’à Montréal, le futur se construit déjà sans Bolduc.

Quand Hage rejoindra l’équipe au printemps après sa saison NCAA, il y a fort à parier qu’on le testera directement à côté de Suzuki et Caufield, avant de le tester au centre.

Le CH a justement absolument besoin d'un gaucher pour jouer sur le premier trio.

Et si Zharovsky débarque ce printemps (si le CH arrive à le libérer de son contrat) ou à l'été 2027, lui aussi aura une place assurée sur le top-6.

Alors où se retrouvera Bolduc?

Sur un troisième trio, dans un rôle d’énergie, ou pire, dans les discussions de transaction.

Ce qui rend la situation encore plus cruel, c’est qu’à son arrivée à Montréal, Bolduc y croyait.

Il voyait une équipe qui manquait de gauchers, il voyait un entraîneur québécois, un marché passionné, une chance unique de devenir le marqueur local que tout le monde attend.

Il s’imaginait sur le top-6, protégé par Suzuki, alimenté par Caufield, ou jouant avec Ivan Demidov, encouragé par un public prêt à exploser pour chaque but.

Et aujourd’hui, il regarde Hage et Zharovsky prendre la lumière pendant qu’il s’éteint lentement dans l’ombre du système.

Il ne s’agit pas d’un manque de travail, ni d’attitude. Il s’agit d’une collision de trajectoires.

Bolduc n’a pas perdu sa flamme. On la lui a soufflée.

Et à mesure que ses minutes fondent, ce sont des millions, et peut-être une carrière entière, qui s’évaporent.

Le Canadien, lui, continue d’avancer.

L’organisation sait qu’elle possède désormais une base jeune d’une rare qualité : Suzuki, Caufield, Slafkovský, Demidov, Kapanen, Hage, Zharovsky…

Mais cette abondance, si elle est mal gérée, peut aussi broyer ceux qui arrivent au mauvais moment.

Zachary Bolduc représente ce risque.

Le risque d’un joueur prometteur, local, talentueux, mais coincé dans une équipe où la patience est limitée et la compétition féroce.

Son avenir à Montréal ne dépend plus de son talent, mais de sa capacité à survivre dans un environnement où la relève pousse sans pitié.

Pendant que Michael Hage construit sa légende et qu’Alexander Zharovsky confirme la sienne, Bolduc lutte pour ne pas devenir une note de bas de page dans un projet qui l’a dépassé.

Et c’est peut-être ça, la vérité la plus cruelle du hockey moderne : le talent ne suffit plus. Il faut arriver au bon moment, dans la bonne équipe, avec le bon coach pour toi.

Bolduc, lui, est arrivé trop tôt. Avec le pire coach qui le méprise en tant que joueur.

Et il regarde maintenant les portes se refermer devant lui, pendant que la nouvelle génération du Canadien s’avance pour écrire la suite.

Le futur est sombre pour Zachary Bolduc. En fait, on se demande si son avenir... est vraiment à Montréal...