Vingt ans après la leucémie : Jason Blake vit l’impensable

Vingt ans après la leucémie : Jason Blake vit l’impensable

André Soueidan
Le 2026-06-06
lnh

Certaines histoires dépassent complètement le hockey.

Celles qui frappent le plus fort ne sont pas toujours les buts gagnants, les grosses mises en échec ou les transactions monstres.

Parfois, tout ce que ça prend, c’est un père assis dans les gradins, incapable de retenir ses larmes pendant que son fils patine en finale de la Coupe Stanley.

Et dans le cas de Jason Blake… ça vient chercher quelque chose de profondément humain.

Parce qu’il fut un temps où l’ancien joueur des Maple Leafs de Toronto ne savait même pas à quoi son avenir allait ressembler.

En 2007, alors qu’il venait tout juste de signer un énorme contrat à Toronto et qu’il croyait probablement vivre les plus belles années de sa carrière, Jason Blake a reçu un diagnostic qui change une vie entière : la leucémie myéloïde chronique.

Le mot cancer. Le genre de moment qui arrête le temps. Le genre de moment où le hockey devient soudainement secondaire.

À travers les traitements, les inquiétudes et l’incertitude, Blake a continué à jouer dans la Ligue nationale. Il a même remporté le trophée Bill Masterton pour son courage et sa persévérance.

Mais derrière le joueur de hockey, il y avait aussi un homme qui devait probablement se poser les mêmes questions que n’importe quel père dans sa situation.

Est-ce que je vais voir mes enfants grandir?

Est-ce que je vais être présent?

Est-ce que je vais survivre assez longtemps pour voir leur vie commencer?

Vingt ans plus tard… le voilà à regarder son fils Jackson Blake jouer en finale de la Coupe Stanley avec les Hurricanes de la Caroline.

Et même lui semble incapable de croire à ce qu’il voit.

Dans un texte bouleversant publié par Michael Russo dans The Athletic, Jason Blake s’est livré avec une sincérité qui donne des frissons.

« Je suis tellement fier de lui », a-t-il confié.

Mais ce n’est pas juste la fierté d’un ancien joueur de hockey qui regarde son fils réussir. C’est beaucoup plus profond que ça.

Jason Blake a disputé 871 matchs dans la LNH. Il a joué pour les Islanders, les Maple Leafs et les Ducks.

Il a représenté les États-Unis aux Jeux olympiques. Il a connu une carrière que des milliers de joueurs rêveraient d’avoir.

Et pourtant… il n’a jamais dépassé la première ronde des séries éliminatoires.

Aujourd’hui, son fils de 22 ans est à quatre victoires de soulever la Coupe Stanley.

Quand les Hurricanes ont éliminé le Canadien de Montréal pour accéder à la finale, Jason Blake n’a même pas célébré.

« Je suis resté là à regarder… puis les larmes sont montées », raconte-t-il.

Puis il a lancé la phrase qui résume toute cette histoire.

« Mon gars joue en finale de la Coupe Stanley. »

Le plus beau dans tout ça, c’est la relation entre les deux hommes.

Jason Blake raconte qu’ils sont littéralement meilleurs amis.

Pas une formule inventée pour faire joli dans un article.

Des vrais meilleurs amis.

« On se parle trois ou quatre fois par jour », dit-il.

Quand Michael Russo lui demande si c’est une exagération, Jason se met à rire.

« Non. Chaque jour. »

Même à 22 ans, Jackson Blake continue d’apprendre le hockey avec son père.

Et ce qui frappe le plus dans toute cette histoire-là, c’est que Jackson semble être devenu exactement le joueur que Jason Blake rêvait de voir.

Pas seulement au niveau du talent.

Au niveau du caractère.

Au niveau du travail.

Au niveau du cœur.

Jason dit lui-même que son fils est probablement un meilleur joueur que lui à cet âge-là. De meilleures mains. Une meilleure vision du jeu. Plus de talent offensif.

« Son éthique de travail est la même que la mienne. »

Ça résume parfaitement l’ADN des Blake.

Jackson n’est pas un phénomène flashy construit uniquement sur le talent naturel.

Comme son père, il joue avec une rage constante, un moteur qui ne s’arrête jamais et une obsession du détail qui finit par rendre les adversaires fous.

Rod Brind’Amour lui-même l’a reconnu publiquement en expliquant que le jeune attaquant est devenu un joueur complètement différent grâce à son travail.

Et quand on connaît l’histoire de Jason Blake… ça frappe encore plus fort.

Parce qu’au fond, cet homme-là a passé sa vie entière à se battre.

Se battre pour atteindre la LNH malgré son petit gabarit.

Se battre pour garder sa place.

Se battre contre la leucémie.

Et aujourd’hui… il regarde son fils vivre le rêve qu’il n’a jamais réussi à atteindre lui-même.

Les larmes qu’il verse ne viennent pas de la jalousie.

Elles viennent d’un père qui réalise soudainement que tout ce combat-là en valait la peine.

Wow…