Tomber sur une opportunité au mauvais moment, c’est souvent pire que de ne jamais la voir apparaître.
Et dans le dossier Vincent Trocheck, le Canadien de Montréal est frappé de plein fouet par ce genre de cruauté du calendrier.
Depuis l’échange qui a envoyé Artemi Panarin à Los Angeles, un constat s’impose à New York : le ménage n’est pas terminé.
Le prochain nom à circuler, celui qui colle parfaitement à la logique salariale des Rangers, c’est Trocheck. Un
centre de 32 ans, payé 5,6 M$ jusqu’en 2029, productif, utile, mais lourd dans une organisation qui vient de tirer un trait sur son identité offensive.
Et pendant que ce dossier s’ouvre, Montréal regarde… avec un certain malaise.
Parce que quelques semaines plus tôt, Kent Hughes a déjà appuyé sur la gâchette.
Le Canadien a choisi Phillip Danault.
Un vétéran. Un Québécois. Un centre fiable. Le prix? Un choix de deuxième ronde en 2026. Une transaction propre, défendable, presque conservatrice.
Sauf que le marché vient de bouger. Et là, la comparaison devient inévitable.
Vincent Trocheck, cette saison, c’est 36 points en 43 matchs. Une vraie production de centre de deuxième trio, encore capable de contribuer offensivement à un rythme soutenu.
Oui, le différentiel est laid (-16). Oui, ce n’est pas un joueur parfait. Mais offensivement, il n’y a pas photo.
Danault, de son côté, n’est plus ce qu’il était.
Le centre responsable, élite défensivement, excellent sur les mises au jeu, reste utile… mais son apport offensif est désormais marginal.
Le dos est amoché. Les années s’accumulent. Le rôle est clair : stabiliser, encadrer, gagner des mises en jeu, manger des minutes difficiles. Rien de plus.
Et c’est là que le timing fait mal.
Si Trocheck coûte plus cher qu’un simple choix de deuxième ronde... et tout indique que ce sera le cas... Montréal pourra toujours dire que le marché a changé.
Mais si le retour pour Trocheck s’approche de ce que le CH a payé pour Danault, la question deviendra impossible à éviter.
Parce qu’entre les deux joueurs, hockeyment parlant, l’écart est réel.
Trocheck produit.
Danault contrôle.
Trocheck peut encore influencer un match par son attaque.
Danault influence surtout ce que l’adversaire ne fera pas.
Le Canadien, en reconstruction, a fait le choix de la sécurité. De la culture. Du vestiaire. Du joueur local.
Ce n’est pas une erreur en soi. Mais quand un centre avec une production tangible devient disponible après coup, le doute s’installe.
D’autant plus que Trocheck risque fort d’atterrir chez un rival direct.
Les Detroit Red Wings sont souvent mentionnés.
Les Boston Bruins aussi.
Deux équipes dans la même division.
Deux équipes dans la course aux séries.
Deux équipes qui cherchent exactement ce que Trocheck peut offrir : un centre de deuxième trio capable de produire dès maintenant.
Pendant ce temps, Montréal est verrouillé.
Le poste est comblé. L’argent est engagé. Le rôle est occupé.
Ajouter Trocheck n’aurait jamais eu de sens avec Danault déjà en place. Même âge. Salaire similaire. Même chaise dans l’alignement.
Le Canadien a fait son choix… juste avant que le marché ne s’ouvre réellement.
C’est là que le scénario devient cruel.
Si Trocheck est échangé pour un prix élevé, Kent Hughes sera protégé par le contexte.
Si le retour est modeste, voire comparable à celui de Danault, le Canadien aura l’air d’avoir payé le même prix pour un joueur moins productif.
Et là, le mot tabou surgira : mauvais timing.
Attention, personne ne parle ici d’un scandale ou d’une catastrophe. Danault reste un joueur utile.
Il répond à un besoin précis.
Il apporte une stabilité que Trocheck n’offre pas nécessairement.
Mais dans une ligue où la production offensive des centres coûte de plus en plus cher, rater une occasion de ce calibre, même par quelques semaines, laisse un goût amer.
Le plus ironique dans tout ça?
Le Canadien n’était même pas en retard sur son plan.
Hughes a choisi Danault pour ce que le CH est aujourd’hui, pas pour ce qu’il sera demain.
Trocheck, lui, correspond peut-être davantage à une équipe qui veut accélérer, pas à une équipe qui accepte encore de patienter.
Reste maintenant à voir ce que les Rangers obtiendront.
Ce retour-là va devenir un baromètre. Un point de comparaison. Une référence douloureuse… ou rassurante.
Parce que si Vincent Trocheck quitte New York pour un prix inférieur ou équivalent à un choix de deuxième ronde, il faudra poser la question qui dérange.
Et si le Canadien s’était fait fourrer par le timing?
Entre un centre qui produit encore et un autre qui gagne surtout des mises au jeu, la réponse hockey est évidente.
Le reste, c’est une question de philosophie.
Et parfois, la philosophie coûte cher quand le marché décide de parler après coup.
Oups...
