Le malaise David Reinbacher est rendu invivable.
C’est cruel à dire parce qu’on parle d’un jeune de 21 ans qui travaille fort, qui semble sérieux, humble, intelligent… mais à un moment donné, la réalité finit par rattraper tout le monde.
Encore une fois, Reinbacher était absent au pire moment possible.
Encore une fois, son corps l’a lâché.
Encore une fois, il n’a pas été capable d’aider son équipe quand ça comptait le plus.
Le Rocket de Laval jouait son match ultime contre les Marlies de Toronto. Une saison entière en jeu. Un billet pour poursuivre le parcours éliminatoire. Et pendant que Laval voyait sa saison se terminer dans une défaite de 3-2…
David Reinbacher regardait ça de l’extérieur.
Blessé.
Encore.
La porcelaine a encore cassé.
Le malaise devient encore plus immense quand on regarde ce qui se passe de l’autre côté de la frontière avec Zach Benson.
Pendant que Reinbacher accumule les blessures et les absences, Benson, lui, est en train de devenir exactement le genre de joueur que les Canadiens de Montréal rêvent d’avoir en séries éliminatoires.
Une peste.
Un compétiteur.
Un gars qui joue comme s’il avait six pouces de plus et cinquante livres de plus.
Même ceux qui l’ont côtoyé avant son arrivée dans la LNH n’arrêtent plus de lancer des comparaisons complètement folles.
Dans La Presse, son ancien coéquipier Ethan Gauthier racontait à quel point Benson rendait tout le monde meilleur autour de lui.
« Il facilite tellement le jeu pour ses compagnons de trio, il a tellement d’énergie. Et c’est vraiment un bon gars, qui communique beaucoup. C’était un leader. »
Son ancien entraîneur Stéphane Julien est allé encore plus loin avec une comparaison qui fait presque mal à entendre pour les partisans montréalais.
« Il a l’intelligence de Nick Suzuki, avec l’énergie de Brendan Gallagher. »
Imaginez ça deux secondes.
L’intelligence de Nick Suzuki.
L’énergie de Brendan Gallagher.
Et ce joueur-là a été repêché… au 13e rang en 2023.
Pendant que les Canadiens de Montréal, eux, choisissaient David Reinbacher au cinquième rang au total.
Devant plusieurs attaquants explosifs qui commencent aujourd’hui à transformer des séries éliminatoires. (Ryan Leonard ne saurait tarder à Washington, lui qui est bâti pour les séries).
Et pendant ce temps-là, Reinbacher continue de regarder les matchs en complet.
On peut se consoler en se disant que Matvei Michkov est laissé de côté à Philadelphie.
C’est brutal à écrire.
Mais c’est la réalité.
Reinbacher est un flop.
Michkov... est un talentueux à la tête brûlée...
Le pire dans tout ça, c’est qu’on commence sérieusement à entendre une autre possibilité autour du Canadien : et si Reinbacher venait peut-être de jouer son dernier match au Québec?
Parce que les rumeurs de transactions recommencent déjà à circuler partout.
Connor McDavid? Certains parlent encore du prix complètement délirant évoqué par Mathias Brunet : Cole Caufield, trois choix de premier tour et Michael Hagel.
Et Brunet pense qu'il faudra ajouter un élément... Reinbacher...
Robert Thomas à Saint-Louis? D’autres scénarios reviennent constamment.
Un centre numéro un?
Un vrai deuxième centre offensif?
Peu importe le nom, un élément revient toujours : si Kent Hughes veut aller chercher un joueur majeur, David Reinbacher pourrait rapidement devenir un élément d’une transaction.
Un throw-in tellement sa valeur a baissé.
Il aurait pu être une pièce majeure. Mais il deviendrait seulement le "sweetener" qui peut conclure une transaction.
Ce n’est plus une hypothèse complètement folle.
Parce qu’à un moment donné, une organisation doit se demander une question très simple : combien de temps peut-on encore attendre?
Pendant que Zach Benson fait de la magie à Buffalo, dérange tout le monde, marque des buts importants, se retrouve déjà promu sur le premier avantage numérique et récolte six points en séries… Reinbacher, lui, continue d’inquiéter médicalement.
Cruel.
Surtout quand le joueur repêché huit rangs plus tard est déjà en train de devenir l’ennemi public numéro un au Centre Bell… pendant que le cinquième choix au total regarde les séries de la ligue américaine... de la galerie de presse.
Reinbacher doit quitter le Québec.
Pour lui. Pour nous. Pour tout le monde qui est tanné de ce malaise ambulant...
