Chaque jour qui passe ajoute une nouvelle couche d’angoisse à ce qui est devenu un véritable calvaire pour Ivan Demidov.
Et pendant que les amateurs du Canadien de Montréal retiennent leur souffle dans l’espoir de voir débarquer un prodige en séries éliminatoires, la réalité, elle, est beaucoup plus sombre, plus opaque, et surtout plus cruelle.
Alors que les jeunes espoirs de la NCAA signent les uns après les autres leur contrat avec leur équipe de la LNH quelques heures après leur élimination, le Canadien, lui, est plongé dans un silence complet en ce qui concerne Ivan Demidov.
Et ce silence n’a rien d’innocent. Il est le fruit d’un système verrouillé, politique, et désormais toxique entre la KHL et la LNH.
Car depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, il n’existe plus aucune entente de transaction entre les deux ligues. Les communications sont rompues.
Aucune médiation possible. Aucune résolution de litige. Et c’est dans ce contexte que le Canadien doit tenter de gérer un dossier devenu cauchemardesque. Comme le résume un agent impliqué dans ce genre de dossiers :
« C’est le chaos total. »
L'agent qui a parlé au Journal de Montréal a voulu rester anonyme, par peur de représailles.
Mais pour Demidov, ce n’est pas qu’un problème administratif. C’est une pression psychologique constante. Depuis des mois, le SKA de Saint-Pétersbourg multiplie les humiliations publiques, les manipulations de temps de jeu et les messages codés à peine déguisés, dans l’espoir de le forcer à signer une prolongation de contrat.
Dernier épisode en date : le début des séries éliminatoires où Demidov est relégué au rôle de 13e attaquant. Lui, le meilleur pointeur de l’équipe en saison régulière.
Lui, le joueur qui a battu le record de Kaprizov pour un joueur de moins de 20 ans dans la KHL. Mis de côté. Ignoré. Brisé.
Et ce n’est pas tout. Il y a maintenant des rumeurs crédibles voulant que le SKA songe même à le rétrograder dans la MHL, dans leur équipe junior, sous prétexte qu’il est toujours admissible.
Ce serait non seulement une gifle, mais aussi un dernier coup de massue avant la fin de son contrat le 31 mai. Une façon d’envoyer un message : tu veux partir ? Tu vas souffrir jusqu’à la fin.
Et pendant que Demidov subit ce traitement indigne, le SKA s’apprête, en parallèle, à négocier la libération d’un autre joueur : Alexander Nikishin, un défenseur vedette de 23 ans… qui, lui, est représenté par la firme Quartexx Management, anciennement dirigée par nul autre que Kent Hughes.
Et Nikishin ? Il pourrait faire le saut dans la LNH pour rejoindre les Hurricanes de la Caroline dès cette saison.
C’est l’insulte après l’injure. Le SKA ferme la porte à Demidov… mais l’ouvre à l’espoir de la Caroline, dans une manœuvre qui a tout de la provocation.
Il y a ici deux poids, deux mesures, assumés. On punit le jeune qui refuse de plier, et on récompense celui qui a le bon agent et les bonnes relations.
Pendant ce temps, la copine d’Ivan Demidov, autrefois très active sur YouTube et Instagram, est disparue des réseaux sociaux depuis des mois.
Sa dernière publication Instagram remonte à 29 semaines. Son dernier contenu YouTube ? Il y a 8 mois. Un silence troublant.
Comme si elle aussi subissait des pressions. Comme si elle savait qu’il valait mieux se taire. Même son visa canadien est dans l’incertitude la plus totale. Rien ne garantit qu’elle pourra accompagner son amoureux à Montréal. Un isolement total.
Et c’est dans ce contexte que certains analystes, à l’image de Jean Perron, osent parler de Demidov comme d’un joueur à problème. Perron, qui a même été jusqu’à le qualifier d’“étranger”, comme s’il n’avait aucune légitimité à mettre les pieds dans le vestiaire du CH.
Un discours aussi dépassé que toxique. À l’heure où Demidov affronte une pression mentale gigantesque, être traité ainsi dans les médias québécois est non seulement injuste, c’est inhumain.
Le Canadien, de son côté, est dans le noir complet. Le dossier est bloqué. Il n’y a pas d’entente possible avec le SKA tant que ce dernier ne consent pas à libérer son joueur.
Aucune somme d’argent ne peut acheter les derniers mois de contrat. La seule option, c’est attendre la fin mai… ou espérer un miracle.
Mais pendant qu’on attend, Demidov, lui, souffre. Il garde le silence, il encaisse, il continue de s’entraîner, de marquer des buts pour aider son équipe en séries.
Chaque jour, une humiliation de plus. Chaque jour, une menace potentielle de plus. Certains partisans commencent même à craindre le pire scénario : qu’il subisse le même sort qu’Ivan Fedotov, ce gardien russe que la Russie a empêché de venir en Amérique en le forçant à faire son service militaire.
Demidov ne devrait pas être à risque à ce point, mais dans le climat actuel, plus rien ne peut être exclu.
Ce que vit Ivan Demidov, c’est un cauchemar. Un cauchemar géopolitique, médiatique, personnel. Il est temps que la pression cesse.
Il est temps que ce dossier se règle. Parce que la guerre n’est pas la sienne. La politique ne devrait pas l’écraser. Et un espoir aussi brillant ne devrait pas être traité comme un moins que rien pour avoir rêvé du Centre Bell.