Phil Danault vient de frapper un mur.
Pour la première fois depuis son retour à Montréal, Phil Danault n’est plus protégé par la protection médiatique québécois, et le coup est venu d’un média traditionnel.
Au Journal de Montréal, Jonathan Bernier a mis des mots sur ce que plusieurs n’osaient plus dire publiquement, pendant que TVA Sports cessait à son tour de marcher sur des œufs.
Même chez les partisans les plus indulgents envers les « gars d’ici », le constat s’impose désormais sans détour : Danault n’est plus au niveau, et son impact réel est en train de plomber des facettes clés du jeu du Canadien.
Les chiffres sont sans pitié, surtout là où il était censé être une valeur ajoutée. L’infériorité numérique du CH, déjà fragile, s’est effondrée au moment précis où Danault a été intégré comme supposé stabilisateur.
Sur les cinq derniers matchs, Montréal a accordé 9 buts en 17 désavantages numériques, pour un taux de succès catastrophique de 47 %, ce qui a fait chuter l’équipe au 27e rang de la LNH.
L’an dernier, le Canadien terminait 9e dans cette catégorie. On parlait d’un recul attendu après les départs d’Armia, Dvorak et Savard, mais certainement pas d’un écroulement aussi brutal.
Or, la séquence coïncide directement avec les difficultés de Danault dans le cercle lors des mises en jeu en infériorité : 5 gains en 12 tentatives (41,7 %) sur cette période.
Pire encore, quatre des neuf buts accordés ont été marqués immédiatement après des mises en jeu perdues, dont ceux de Viktor Arvidsson et Morgan Geekie, deux séquences où la possession initiale a fait toute la différence. Quand tu perds la rondelle dès la mise en jeu, tu défends déjà en retard.
C’est précisément là que le discours change dans les médias. TVA Sports ne joue plus à l'autruche. Antoine Roussel l’a dit sans détour : pour un joueur acquis pour son sérieux défensif, abandonner un repli, “se laisser glider”, perdre cette fraction de seconde qui ouvre la ligne de tir, c’est inacceptable.
Jonathan Bernier est allé plus loin : Danault n’aide plus, il complique. Il n’est pas question ici de malchance ou de mauvais alignement, mais d’un joueur qui hésite, qui force des décisions, qui tente parfois de trop en faire pour masquer ce que l’œil voit déjà.
Et quand la confiance s’effondre, l’erreur devient flagrante: une mauvaise mise en jeu, un pas en retard, une boîte défensive qui s’ouvre.
Le plus troublant, c’est la différence cinglante entre l’image et la réalité. Danault parlait d’un « nouveau départ », d’un retour à la maison qui allait l’aider.
Or, les images racontent autre chose : épaules rentrées, regard au sol, voix basse devant les micros. Les journalistes qui le ménageaient ont changé de ton parce que les faits les y forcent.
Ce n’est plus une question d’adaptation ou de système, mais de rythme de la ligue. La LNH ne pardonne pas la demi-seconde perdue.
Et quand même l’unité où tu étais censé être le leader, le désavantage numérique devient le point faible de l’équipe, le débat n’est plus émotionnel, il est technique.
La protection médiatique a pris fin parce que le hockey a parlé plus fort. Danault gagne encore des mises en jeu à cinq contre cinq, oui, mais à quel prix, si les plus importantes, celles en infériorité, sont perdues, et si la possession initiale coûte des buts ?
Dans une équipe qui lutte pour resserrer les détails, cette dérive n’est plus tenable. Le réveil est brutal, mais il est collectif : médias, partisans et analystes voient désormais la même chose.
Et pour la première fois depuis longtemps, Phil Danault est jugé non pas sur son statut, mais sur son impact réel.
Il était temps...
