Trop gentils avec le vilain : les médias québécois s’écrasent devant Scott Sabourin

Trop gentils avec le vilain : les médias québécois s’écrasent devant Scott Sabourin

Par André Soueidan le 2026-04-23

Une scène presque surréelle s’est jouée dans le vestiaire du Lightning… pas sur la glace, pas après un coup salaud, mais devant un micro. Et franchement, ça en disait long.

Le décor est déjà planté depuis le début de la série. Tampa joue sale, joue rough, joue dans la tête. Jon Cooper n’essaie même plus de cacher l’identité de son club… il l’embrasse.

Ça jappe, ça brasse, ça pousse après le sifflet, ça teste les limites. Bref, une gang qui a décidé de devenir le méchant de l’histoire.

Et au milieu de tout ça, Scott Sabourin.

Pas là pour faire du fancy, pas là pour collectionner les points. Son rôle est simple… déranger, fatiguer, provoquer. Un gars inséré précisément pour salir le match et sortir l’adversaire de sa zone de confort.

Et pourtant… quand les journalistes québécois se présentent devant lui, le ton change complètement.

On oublie le joueur dérangeant. On oublie le contexte de la série. On sort les gants blancs.

Les questions tournent autour de ses racines, de sa région, de son monde. On cherche un point d’attache, un petit quelque chose pour le rapprocher du public d’ici. Comme si on voulait lui coller une étiquette sympathique malgré ce qu’il représente sur la glace.

Le problème… c’est que Sabourin n’embarque pas.

Réponses courtes. Regard ailleurs. Aucune chaleur particulière. Il joue le jeu, mais sans conviction. Comme quelqu’un qui comprend exactement ce qu’on essaie de faire… et qui refuse d’entrer dans le scénario.

Et là, ça devient intéressant.

Parce que pendant que certains tentent de le rendre attachant, lui reste parfaitement fidèle à son personnage. Il ne cherche pas à plaire. Il ne cherche pas à reconnecter avec le Québec. Il est là pour gagner… point.

Cette interaction-là met en lumière un malaise qu’on voit souvent ici.

Cette tendance à vouloir humaniser quelqu’un, même quand ce n’est clairement pas le moment. Comme si on était incapables d’assumer pleinement le côté antagoniste d’un joueur adverse.

Pendant ce temps, le Lightning n’a aucune gêne.

Les vétérans en rajoutent. Les gestes après le sifflet s’accumulent. L’intensité monte d’un cran à chaque présence. Ils savent exactement ce qu’ils font… et surtout, pourquoi ils le font.

C’est calculé.

Et ça fonctionne.

Le Canadien, lui, essaie encore de naviguer là-dedans. Par moments, ça tient. Par moments, ça déborde. Quelques pénalités inutiles, des séquences où l’émotion prend le dessus… et Tampa en profite.

C’est là que la série se joue, en partie.

Pas seulement avec la rondelle… mais entre les deux oreilles.

Sabourin, dans tout ça, devient presque un symbole. Pas le plus talentueux, pas le plus visible sur la feuille de pointage… mais un élément qui incarne parfaitement ce style-là. Un gars qui accepte d’être détesté si ça aide son équipe à gagner.

Et pendant qu’on essaie encore de le rendre “proche du monde”… lui s’en fout complètement.

Vendredi, quand la série va débarquer à Montréal, il ne faut pas s’attendre à une réception chaleureuse. Le Centre Bell va le cibler. Le bruit va monter. La pression aussi.

Et cette fois, il n’y aura plus de petites questions sur ses origines.

Seulement du hockey… et du vrai.

Misère...