Tristesse pour Pascal Vincent: la pire nouvelle pour le futur

Tristesse pour Pascal Vincent: la pire nouvelle pour le futur

Par David Garel le 2026-05-12

Ce qui se passe avec le Rocket de Laval envoie un message tellement... triste...

Peut-être même le message le plus cruel de toute la reconstruction des Canadiens de Montréal. Parce qu’au fond, le rappel de quatre jeunes lundi n’a pas seulement servi à combler des postes de réservistes pour les séries.

Il a surtout servi à identifier qui compte encore vraiment dans les plans du Canadien… et qui commence déjà à glisser dangereusement vers la sortie.

Quand David Reinbacher, Adam Engström, Owen Beck et Florian Xhekaj reçoivent l’appel, il faut comprendre une chose : ce n’est pas seulement un geste symbolique.

Oui, ils vont regarder les matchs des gradins. Oui, à moins d’une catastrophe, ils ne joueront pas une seule minute. Mais au moins, l’organisation leur dit encore : « On croit en vous. Vous faites partie du futur. »

Pour plusieurs autres, le silence est une véritable claque au visage..

Sean Farrell. Joshua Roy. Filip Mesar. William Trudeau. Jared Davidson. Tyler Thorpe. Luke Tuch. Lucas Condotta. Même Samuel Blais, vétéran respecté du groupe. La réalité devient impossible à ignorer : le Canadien est en train de refermer la porte.

Et c’est là que le texte de Mathias Brunet dans La Presse frappe fort, même involontairement. Parce qu’en rappelant que pas un seul des 21 joueurs utilisés par Martin St-Louis depuis le début des séries n’a joué à Laval cette saison, il expose une vérité que plusieurs partisans refusent encore d’accepter : le Rocket n’est plus vraiment une rampe de lancement vers Montréal. Du moins, pas comme avant.

Le portrait est brutal.

Nick Suzuki n’est jamais passé par Laval. Cole Caufield pratiquement pas. Juraj Slafkovský a sauté directement dans la LNH. Ivan Demidov n’ira jamais perdre un an dans les mineures. Lane Hutson non plus. Jacob Fowler risque de suivre exactement la même trajectoire. Michael Hage demeure dans la NCAA. Alexander Zharovsky continue sa progression en Russie.

Les vrais talents élites ne passent déjà plus par Laval.

Et c’est ça, le problème.

Pendant des années, les partisans regardaient le Rocket comme un aperçu du futur des Canadiens de Montréal. Tu allais à Place Bell pour voir les prochains joueurs de premier plan, les prochains morceaux importants du noyau. Aujourd’hui, la dynamique change complètement. Les meilleurs espoirs contournent Laval. Les autres s’y empilent.

Et c’est là qu’on arrive au vrai drame.

Il n’y a tout simplement plus de place à Montréal.

Le noyau commence à être verrouillé. Quand Kent Hughes regarde son groupe, combien de postes reste-t-il réellement?

Reinbacher? Aura-t-il sa chance ou il sera échangé?

Owen Beck? À quoi sert-il si Oliver Kapanen est là (déjà que le Finlandais est dans les estrades en ce moment).

Florian Xhekaj dans un rôle précis de goon?

Engström est celui qui est le plus proche de la LNH.

Bref, aucune place... ou presque...

Alors qu’est-ce que ça veut dire pour Joshua Roy? Pour Sean Farrell? Pour Filip Mesar? Pour William Trudeau? Pour Jared Davidson?

Ça veut dire qu’ils risquent de devenir des actifs.

Des noms qu’on développe juste assez pour les présenter sur le marché des transactions... mais qui ne valent rien en réalité.

Il faut être honnête : quelle est encore la fenêtre pour Farrell? Il a 24 ans, produit offensivement dans la Ligue américaine, mais n’a jamais convaincu à Montréal.

Joshua Roy? Chaque année semble amener une nouvelle déception ou une nouvelle question sur sa constance et son éthique de travail.

Filip Mesar? Pendant qu’on parlait de son potentiel offensif, le train a continué d’avancer devant lui. Un flop!

William Trudeau? Bon défenseur, intelligent, mais où joue-t-il avec Hutson, Guhle, Dobson, Reinbacher, Xhekaj, Struble, Engström et compagnie déjà dans le portrait?

Même Bryce Pickford devient fascinant à observer. Le défenseur intrigue énormément avec sa production offensive junior, mais soyons sérieux deux secondes : s’il éclate vraiment, où va-t-il jouer? Qui sort de cette brigade défensive?

C’est pour ça qu’il y a de plus en plus de logique derrière une idée que plusieurs refusent encore d’admettre : cet été pourrait être celui des sacrifices.

Kent Hughes devra consolider.

Tu ne peux pas accumuler éternellement des joueurs de soutien dans la Ligue américaine sans leur offrir une vraie ouverture.

À un moment donné, le message devient toxique. Tu demandes à des jeunes de tout donner à Laval tout en sachant très bien qu’ils n’auront jamais de véritable chance à Montréal. Le rappel de Beck, Reinbacher, Engström et Xhekaj le montre déjà : l’organisation a pratiquement choisi ses gagnants.

Les autres sont au fond du trou.

Ou sur le marché... avec une valeur nulle...

Quelle tristesse pour Pascal Vincent.

Le pauvre coach se retrouve coincé dans une position étrange. Il doit bâtir une culture gagnante, développer des joueurs, pousser un groupe à performer… tout en sachant que les meilleurs talents élites sautent directement à Montréal ou restent ailleurs dans leur développement.

Laval risque de devenir un club rempli de « presque espoirs », de joueurs de profondeur, de gars qu’on espère relancer ou valoriser dans une transaction de ligue américaine.

Ça change complètement l’identité du Rocket.

Le « swag » du Rocket, cette impression que tu regardais le futur des Canadiens de Montréal, est mort.

Pourquoi un partisan se déplacerait-il avec le même enthousiasme si les vrais bijoux de l’organisation ne restent jamais longtemps ou ne passent même plus par Laval?

Pourquoi un joueur rêverait-il du Rocket si le chemin vers Montréal semble désormais presque fermé?

Le Rocket peut encore offrir du hockey spectaculaire à prix abordable. La Ligue américaine demeure essentielle pour développer certains profils.

Mais il y a aussi une autre vérité qu’il n’a fait qu’effleurer.

Le Canadien envoie peut-être son message le plus cinglant depuis le début de sa reconstruction : si tu n’es pas vu comme un joueur d’impact rapidement, tu risques de rester pris à Laval… jusqu’au jour où ton nom devient une monnaie d’échange pour une autre équipe de la ligue américaine.

Pascal Vincent voit le futur devenir très noir. Pour lui... et son équipe...

Pauvre gars...