Tristesse pour Alexandre Texier: il s'effondre à Montréal

Tristesse pour Alexandre Texier: il s'effondre à Montréal

Par David Garel le 2026-03-08

Le destin peut être cruel dans le hockey. Parfois brutal. Et dans le cas de Alexandre Texier, il a pris des allures presque tragiques en l’espace de quelques semaines.

Il y a à peine quelques mois, Texier était l’une des plus belles histoires du Canadien de Montréal. Un pari presque gratuit. Un joueur arrivé sans fanfare, dans un moment où l’équipe était frappée par les blessures. Personne ne savait vraiment à quoi s’attendre. Et soudainement, tout s’est mis à fonctionner.

Sept buts. Seize points en 25 matchs.

Une chimie surprenante avec Nick Suzuki et Cole Caufield.

Un Français souriant qui retrouvait le plaisir de jouer.

Pour un joueur qui avait connu des moments extrêmement difficiles dans sa carrière, notamment en raison de problèmes personnels et de périodes où sa santé mentale avait été mise à rude épreuve, Montréal ressemblait enfin à une renaissance.

Le conte de fées était parfait.

Peut-être trop parfait.

Parce que dans la LNH, les illusions ne durent jamais longtemps.

Devant cette production inattendue, le directeur général Kent Hughes a décidé d’agir vite. Très vite. Une prolongation de contrat de deux ans, 2,5 millions par saison. Sur le moment, plusieurs ont applaudi. On parlait d’un vol. D’un joueur top-6 obtenu à rabais.

Mais aujourd’hui, la question commence à circuler partout autour de l’équipe.

Et si le Canadien avait agi trop vite?

Dans un épisode du balado de la Gazette, le journaliste Stu Cowan a posé la question directement aux anciens champions de la Coupe Stanley Chris Nilan et Rick Green.

La réponse de Nilan est tombée, sèche et honnête.

Selon lui, le problème n’est pas le talent.

« Il a du talent, il n’y a aucun doute là-dessus… mais quand les séries arrivent, il faut aller dans les zones difficiles. Il faut être capable de se battre pour la rondelle. Prendre un coup pour faire un jeu. »

Et c’est exactement là que fait mal.

Parce que Texier possède les mains, la vision, l’intelligence… mais il n’a jamais été reconnu pour sa robustesse. Dans une équipe qui veut devenir plus dure à affronter, ce manque de présence physique devient un problème.

Nilan ne tourne pas autour du pot.

« Si tu n’es pas capable de tenir tête physiquement, le talent seul ne suffira pas. »

L'ancien dur à cuire le traite... de "soft" dont le coeur trempe dans la M...rde...

Rick Green ajoute un autre élément troublant : Texier aurait peut-être oublié ce qui faisait son succès initial.

« Il faisait des choses simples qui fonctionnaient. Et quand un joueur devient trop confortable, parfois il oublie ce qui lui permettait de réussir. »

Ouch. Texier regarde maintenant les matchs… depuis les gradins.

Il s'est effondré devant nos yeux.

Mine de rien, l’attaquant français a été laissé de côté lors des quatre derniers matchs du Canadien, même si l’équipe a joué deux matchs en 24 heures. Il est en santé. Disponible. Mais il ne joue pas.

Sa dernière apparition remonte au 26 février contre les Islanders, où il avait pourtant récolté une passe.

Depuis?

Silence.

Texier regarde les matchs aux côtés de Patrik Laine, lui aussi laissé de côté. Une chute brutale pour un joueur qui évoluait encore récemment sur le premier trio.

Et l’ironie est douloureuse.

Parce que cette chute survient immédiatement après un tournoi olympique catastrophique avec la France. Zéro point en quatre matchs. Une défaite humiliante de 10-2 contre le Canada. Et une avalanche de critiques venant des médias français, qui lui reprochent d’avoir été trop effacé, trop soft, trop périphérique.

Texier pensait revenir à Montréal pour tourner la page.

Au lieu de ça, il découvre qu’il n’a plus de place garantie.

Le cruel paradoxe de son histoire est là.

Texier n’est peut-être pas assez robuste pour un bottom-6…

mais peut-être pas assez dominant pour un top-6 non plus.

Un entre-deux cruel pour un joueur talentueux.

Et soudainement, le contrat qui semblait être une aubaine devient une question inconfortable : le Canadien a-t-il prolongé Texier trop rapidement?

La bonne nouvelle pour Montréal, c’est que l’engagement reste modeste. Deux ans. 2,5 millions par saison. Rien qui puisse handicaper l’organisation.

Mais pour Texier, le choc est brutal.

Après avoir touché le sommet — premier trio, renaissance, contrat garanti — il se retrouve aujourd’hui à regarder les matchs depuis les gradins.

Dans le hockey, tout peut basculer très vite.

Et en ce moment, le destin d’Alexandre Texier ressemble à celui d’un joueur qui est passé, en quelques semaines à peine, d’une histoire magique… à une désillusion cruelle.