Le pauvre David Savard ne suit plus.
C’est triste à dire, mais c’est la réalité. Le vétéran québécois, jadis un leader défensif fiable, est désormais à deux doigts de la retraite, incapable de maintenir le rythme de la LNH moderne.
Chaque match devient un supplice, chaque relance un risque, chaque repli un supplice. Et malheureusement, c’est Arber Xhekaj qui en subit les conséquences.
Oui, le « Shérif » est dans l’eau chaude. Pas seulement à cause de ses performances personnelles qui l'ont envoyé direct dans les gradfins, mais aussi à cause de son association forcée avec un partenaire qui traîne la patinoire comme un boulet. Et c’est là que l’injustice frappe fort.
Parce que dans le roman-savon des Canadiens, on a vite trouvé un coupable : Xhekaj. On l'accuse d’être trop lent dans sa tête, trop indiscipliné, pas assez intelligent avec la rondelle.
Mais rarement parle-t-on de Savard, qui, match après match, s’enfonce davantage dans la lenteur et les revirements invisibles.
Pendant que Jayden Struble est protégé avec raison, David Savard joue maintenant à peine 10 minutes par match et Arber Xhekaj, lui, est puni.
Un shift raté, et c’est le banc...puis les gradins..
Deux matchs moyens, et c’est la galerie de presse. Et maintenant, ce sont les rumeurs de transaction qui explosent.
Et si ce n’était pas la faute d’Arber? Et si le véritable problème, c’était que Xhekaj essaie de jouer du hockey à haute intensité… en traînant un Savard épuisé, dépassé, rincé?
Quand l’un des deux défenseurs est toujours en retard, incapable de soutenir la transition, de gérer un deux-contre-un ou de bouger latéralement avec fluidité, c’est tout le duo qui en souffre.
Et dans l’œil de Martin St-Louis, ce n’est jamais Savard qui encaisse. C’est toujours Xhekaj.
Pourquoi? Parce que Savard est un vétéran. Un bon gars. Un Québécois discret. Mais un bon gars qui ralentit tout ce qu’il touche.
Et aujourd’hui, ce bon gars est indirectement en train de tuer la carrière montréalaise d’un autre Québécois. Parce qu’avec Xhekaj rayé de l’alignement à répétition, et même laissé dans les estrades contre la Floride, on a bien compris que Martin St-Louis a lancé un message : Xhekaj n’est plus une priorité.
Mais ce n’est pas tout. Ce dimanche à Sunrise, alors que Xhekaj mangeait du popcorn dans les gradins, les Canadiens ont battu les puissants Panthers. Et St-Louis a gagné. Sur le banc, dans les médias, et dans l’opinion publique.
Le pire cauchemar pour Xhekaj. Une victoire charnière… sans lui.
Et maintenant? Maintenant, les langues se délient. Les rumeurs de transaction fusent. Chicago. Philadelphie...Des destinations commencent à circuler.
Les Sharks de San Jose étaient intéressés, mais depuis qu'ils ont obtenu Vincent Desharnais, ils n'ont plus besoin de l'homme fort du CH.
Le message est clair et net : s’il ne s’adapte pas vite, s’il ne commence pas à jouer comme un défenseur de la LNH et non comme un boxeur de coin de rue, sa carrière à Montréal est terminée.
Certains ont même proposé de l’essayer à l’attaque. Mais pourquoi faire? Quand on a déjà Florian Xhekaj, son frère, qui casse tout à Laval et qui est perçu par plusieurs comme NHL ready pour un rôle de 4e trio. Lui, il est "coachable". Lui, il patine. Lui, il n’est pas un problème.
Certains osent même suggérer d’envoyer Joshua Roy à Laval pour faire de la place à Florian et tenter de raviver la flamme d’Arber.
Une tentative désespérée de sauver les deux frères en une seule manœuvre. Mais soyons lucides : la solution ne viendra pas d’un autre joueur. Elle viendra d’Arber Xhekaj lui-même.
Le message est clair : il doit évoluer.
Il ne suffit plus de jeter les gants une fois tous les 15 matchs. Il ne suffit plus de distribuer deux mises en échec et de faire lever la foule.
Ce rôle est mort dans la LNH moderne. Si Xhekaj veut survivre, il doit devenir un défenseur fiable. Capable de lire le jeu. De gérer des relances. D’éviter les pénalités idiotes. De compléter des passes simples. De jouer 15 minutes par soir sans se faire remarquer pour les mauvaises raisons.
Sinon? Sinon, il deviendra un autre Jared Tinordi. Un autre Nicolas Deslauriers. Un gars de profondeur, qui change de club tous les deux ans et qui n’est plus jamais un visage de franchise.
Et pendant ce temps-là, David Savard, lui, continue d’avoir sa place assurée. Tranquillement, sans faire de vagues, il gruge des minutes, fait ce qu’il peut… mais ralentit tout ce qu’il touche.
Le problème, c’est que personne n’ose le dire.
Parce que c’est un bon soldat.
Mais les faits sont là. Savard n’aide plus personne. Et tant qu’on lui colle Xhekaj comme partenaire, on condamne le jeune défenseur à l’échec.
Alors oui, Arber Xhekaj doit se regarder dans le miroir. Mais la direction aussi. Et Martin St-Louis en premier.
Parce que s’ils décident de tourner la page sur lui cet été, qu’ils assument. Mais qu’ils aient aussi le courage de dire que David Savard n’est plus l’homme de la situation. Qu’ils aient l’honnêteté de reconnaître que l’échec de Xhekaj est collectif.
Et qu’ils réalisent que si jamais Arber Xhekaj se fait échanger… ce ne sera pas seulement une perte de robustesse.
Ce sera la perte d’un joueur unique, sacrifié parce qu’il a été mal entouré, mal utilisé… et mal jugé.