Brendan Gallagher est un guerrier.
Personne ne remettra jamais en doute ce qu’il a donné au Canadien de Montréal, ni la sueur, ni le sang, ni les saisons passées à se faire broyer le corps devant le filet pour un logo qu’il a toujours défendu avec une loyauté presque naïve.
Mais il arrive un moment, cruel et injuste, où l’amour ne suffit plus à masquer la réalité. Et cette réalité, aujourd’hui, est devenue impossible à ignorer : Brendan Gallagher est fini à la corde.
Ce n’est pas une attaque gratuite. Ce n’est pas un manque de respect. C’est un constat partagé, désormais, par les médias traditionnels, ceux-là mêmes qui l’ont protégé pendant des années.
Et quand ces médias commencent à poser publiquement la question de son retrait de l’alignement, c’est que le point de non-retour est atteint. Pour un joueur, il n’y a pas de pire scénario.
Sur la glace, Gallagher n’est plus reconnaissable. Trois buts depuis le début de la saison, oui, mais surtout une présence devenue laborieuse, lourde, pénible à regarder. Il n’avance plus. Il semble essoufflé dès qu’il saute sur la patinoire, comme si chaque présence était un sprint de trop.
Il ne complète plus les jeux, il n’arrive plus à fermer l’espace, il ne frappe plus avec la même efficacité, il n’impose plus le respect physiquement, et surtout, il ne suit plus le rythme d’une équipe qui, paradoxalement, n’a jamais été aussi synchronisée, rapide et talentueuse.
C’est exactement ce que Tony Marinaro a exprimé, avec une tristesse évidente, en ondes. Il a expliqué qu’il se passait quelque chose de presque triste à regarder, parce que Gallagher est aimé de tout le monde, absolument tout le monde à Montréal, mais que plus l’équipe devient cohérente, plus elle devient rapide et habile, plus le contraste avec Gallagher devient frappant.
Selon lui, le voir jouer est devenu pénible, laborieux, et les partisans qui l’adorent commencent à ressentir une forme de frustration, non pas par manque d’amour, mais parce qu’ils voient bien qu’il n’est plus à sa place.
Some #GoHabsGo fans are starting to become disgruntled with Brendan Gallagher...#thesickpodcast @StuCowan1 @TonyMarinaro pic.twitter.com/ptZmxWC3rs
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) January 11, 2026
Marinaro a été très clair : Gallagher essaie. Il veut y arriver. Il tente encore de passer du point A au point B. Il l’a fait toute sa carrière, et même l’an dernier, il y arrivait encore, parfois plus vite que d’autres, en marquant sa part de buts. Mais aujourd’hui, il n’y arrive plus assez vite, et surtout, il détonne dans l’alignement pour toutes les mauvaises raisons. Il a même ajouté que ça lui faisait mal de le dire, précisément parce que Gallagher est un gars de caractère, un gars qui donne absolument tout.
Et c’est là que le malaise devient insoutenable.
Parce que le problème n’est plus seulement Gallagher. Le problème, c’est le contexte. Josh Anderson va revenir. Jake Evans va revenir. Kirby Dach va revenir. Patrik Laine va revenir. Alex Newhook va revenir.
Et à ce moment-là, il n’y aura tout simplement plus de chaise pour Brendan Gallagher. Pas sur le papier. Pas sur la glace. Pas dans une équipe qui veut gagner et qui ne peut plus se permettre de jouer par nostalgie.
Martin St-Louis parle souvent des chaises dans l’alignement, de cette idée que chaque joueur a un rôle précis et doit le remplir.
Or, depuis plusieurs semaines, Gallagher ressemble à un passager, malgré toute sa volonté. Ce n’est pas une question d’effort. C’est une question de limites physiques. Et dans la LNH moderne, quand le corps lâche, le verdict est impitoyable.
Le pire cauchemar de Gallagher, c’est exactement celui-ci : se faire exposer publiquement par les médias traditionnels, voir son nom associé à des discussions de retrait de l’alignement, entendre des analystes se demander ouvertement comment le Canadien peut encore le garder dans la formation avec un contrat de 6,5 millions de dollars qui court jusqu’en 2027.
Parce qu’une fois que cette discussion-là est lancée dans l’espace public, il n’y a plus de retour en arrière.
Dans le vestiaire aussi, le malaise est réel. Les jeunes poussent. Les vétérans encore utiles veulent gagner. Et personne ne veut être celui qui dit tout haut ce que tout le monde sait : Gallagher ralentit le groupe.
Ce n’est pas volontaire. Ce n’est pas par manque de cœur. C’est simplement la fin normale d’une carrière construite sur le sacrifice du corps.
C’est pour cette raison que la conclusion s’impose, qu’on le veuille ou non. Brendan Gallagher doit prendre sa retraite cet été. Il doit le faire pour préserver ce qui reste de son héritage, pour éviter d’être graduellement relégué, humilié, ou pire encore, plaint.
Il doit le faire avant qu’on ne le mette de côté officiellement, avant qu’on ne le sorte de l’alignement match après match, avant que le Centre Bell ne tombe dans ce silence lourd qui accompagne la pitié.
Gallagher a été un guerrier. Mais même les guerriers doivent un jour déposer les armes. Et aujourd’hui, tout indique que ce jour est arrivé.
