Tricherie à l’entraînement: le Canada accusé

Tricherie à l’entraînement: le Canada accusé

Par David Garel le 2026-02-10

Ça devait être un simple entraînement.

Ça s’est transformé en mini-scandale olympique.

À Milan, à trois jours du premier match du Canada, la guerre psychologique est officiellement commencée, et pour une fois, ce sont les Canadiens qui se retrouvent dans le rôle du grand méchant.

Tout part d’une décision qui n’a l’air de rien : Jon Cooper ferme l’entraînement de son équipe aux médias. Une première depuis le retour des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques. Aussitôt, les alarmes se déclenchent.

Stratégies cachées.

Combinaisons secrètes.

Systèmes dissimulés.

Bref : paranoïa générale.

Cooper a tenté d’éteindre l’incendie rapidement.

Selon lui, l’entraînement n’était pas vraiment fermé,(seulement déplacé sur une petite patinoire adjacente à l’aréna principal, un espace trop petit pour accueillir caméras, micros et journalistes.

« L’entraînement n’était pas fermé. C’est juste que la glace est trop petite. Trop de distractions, trop de monde. Et si vous me demandez si les trios ont changé ou si quelque chose s’est passé… non. Rien n’a changé. »

Tout le monde devra le croire sur parole.

Parce que personne n’a rien vu.

Et dans un tournoi où chaque détail est disséqué à la loupe, c’est exactement ce qui rend les autres fous.

La Suède a fait la même chose le même jour. Son entraîneur-chef, Sam Hallam, a admis vouloir au moins une séance sans fuites médiatiques, notamment pour travailler ses unités spéciales sans que les réseaux sociaux devienne un tableau blanc public pour les adversaires.

Mais ce sont surtout les États-Unis qui ont réagi.

D’abord, le sélectionneur américain Mike Sullivan annonce à son tour une pratique fermée. Décision prise à la dernière seconde, au point où même les officiels de la LNH sur place sont pris de court.

Puis volte-face.

Les Américains rouvrent finalement leurs portes aux journalistes.

Et là, le contraste saute aux yeux.

Pendant que le Canada protège ses cartes, les États-Unis laissent fuiter leurs trios, leurs paires défensives… et même leurs unités de jeu de puissance.

Résultat?

Tout le monde connaît maintenant la structure américaine.

On savait que Quinn Hughes dirige la première vague avec Auston Matthews, Kyle Connor, Matthew Tkachuk et Tage Thompson.

On savait aussi que la deuxième unité comprend Jake Guentzel, Jack Hughes, Brady Tkachuk, Clayton Keller et Jackson LaCombe.

Mais leur stratégie est maintenant connue de tous.

Et là, ça devient explosif.

Parce que pendant que les Américains jouent cartes sur table… le Canada, lui, observe.

Il y a même eu des membres du personnel canadien aperçus près de la pratique américaine.

Boom.

Dans certains cercles, on parle carrément de “triche morale”.

Les États-Unis laissent tout voir.

Le Canada cache son jeu.

Puis le Canada va regarder chez les voisins.

Bienvenue aux Jeux olympiques.

Sullivan l’a admis avec un sourire crispé :

« Comme staff, on aimerait tous avoir du temps seuls avec notre équipe, sans lire notre plan de match sur Twitter 30 secondes plus tard. Mais on comprend que c’est aussi une business, et que l’accès fait partie du jeu. »

Le message : on est frustrés, mais on fait avec, car on a de la classe comparé au Canada.

Il a ajouté que les frères Tkachuk incarnent l’ADN américain, leur esprit combatif ayant servi de catalyseur à son équipe. Pendant ce temps, le Canada, lui, reste silencieux. Aucun détail ne filtre.

Même le dossier du village olympique devient flou artistique.

Les Américains ont annoncé dès le jour un qu’ils resteraient au village pour vivre l’expérience complète. Du côté canadien? Flottement total.

Drew Doughty a lâché un hésitant « euh… oui, ce soir », quand on lui a posé la question, pour se diriger avec ses coéquipiers à l'hôtel.

Nathan MacKinnon a répondu qu’il croyait que les deux options étaient sur la table.

Pendant ce temps, Sam Bennett et Logan Thompson ont laissé entendre que le Canada quitterait éventuellement le village pour un hôtel réservé par l’AJLNH, question d’avoir accès à des salles vidéo et à un environnement plus contrôlé.

Encore une fois : le Canada brouille les pistes.

Même chose pour la préparation tactique.

Les joueurs canadiens ont reçu, dès leur sélection, un accès à une plateforme vidéo privée contenant tous les systèmes. Cooper pouvait voir qui avait fait ses devoirs.

« On veut mettre les joueurs dans la meilleure position possible pour réussir. On ne peut pas tout enseigner sur place. Il y a eu énormément de préparation. Et oui… on voyait qui regardait les vidéos. »

Présence quasi parfaite, selon lui.

Du côté américain, Sullivan a aussi donné des “quiz” à ses joueurs.

« Jusqu’à maintenant, ils ont tous passé avec mention. »

Mais malgré tout ce discours pédagogique, ce qui reste, c’est l’atmosphère.

Tendue.

"Suspicious".

Chargée.

Le Canada ferme ses portes.

La Suède ferme ses portes.

Les États-Unis les ouvrent… puis accusent implicitement leurs rivaux de jouer à cache-cache.

Canada–États-Unis est déjà rendu un match mental.

Et dans les médias internationaux, le narratif est clair :

Le Canada est devenu l’équipe mystérieuse et méchante.

L’équipe opaque.

L’équipe qui cache ses cartes.

Bref, le vilain officiel du tournoi.

À deux jours du premier match contre la Tchéquie, la bataille est déjà commencée.

Pas sur la glace.

Dans les corridors.

Dans les regards.

Dans le silence.

Et honnêtement?

C’est exactement comme ça que le Canada aime ça.