Ça devait arriver un jour. Et ce jour est peut-être déjà arrivé.
Anze Kopitar, le joueur emblématique des Kings de Los Angeles, a ouvert la porte pour la première fois à l’idée que la saison 2025-26 pourrait être la dernière de sa carrière.
Et quand un guerrier comme lui ose prononcer ces mots, ça prend tout son sens.
Interrogé par Jaime Maggio lors du Sports Central Podcast, le capitaine slovène a craqué.
Pas d’esquive, pas de sourire forcé. Juste une vérité crue, celle qui glace le sang de tout partisan des Kings :
« Si je disais que je n’y ai pas pensé, je mentirais. J’y ai pensé. Rien n’est encore complètement décidé, mais oui, cette saison pourrait être ma dernière dans la LNH. » – Anze Kopitar
Une bombe. Une phrase qui pèse des tonnes à Los Angeles.
Le joueur de 38 ans, deux fois champion de la Coupe Stanley, visage d’une franchise et bientôt meilleur pointeur de toute son histoire, annonce peut-être la fin du voyage.
Et ce n’est pas une rumeur inventée par un journaliste en mal de clics. C’est lui, en personne, qui l’a dit.
Ce qui frappe, c’est le mélange d’émotion et de lucidité dans sa voix. Kopitar ne cache rien : il est partagé entre son amour viscéral du hockey et le besoin d’être enfin présent pour sa famille.
Il a ajouté :
« C’est doux-amer. Le hockey, c’est ce que je connais depuis toujours. C’est mon premier amour, et ça a été une grande partie de ma vie et de celle de ma famille.
Mais en même temps, mes enfants auront 11 et 9 ans.
C’est le moment où ils ont besoin de leur père beaucoup plus que si je continuais à jouer. Ils ont fait énormément de sacrifices. J’ai manqué plein de fêtes, d’anniversaires, de récitals, de matchs, de compétitions de patinage artistique.
Il arrive un moment où tu te dis : ça suffit, j’ai fait ma part et maintenant je veux être un père. C’est dans ma tête, mais même si c’est ma dernière année, je vais tout donner et tout laisser sur la glace. »
Traduction : il a tout donné, mais la vie, la vraie, l’appelle ailleurs.
Et ça, ça veut dire que l’un des derniers monuments de la génération post-Gretzky, post-Lemieux, post-Sakic, s’apprête à tirer sa révérence.
La carrière de Kopitar, c’est d’abord une leçon de constance et de loyauté.
Drafté en 2005, 11e au total, il a endossé le chandail des Kings sans jamais le quitter.
Deux Coupes Stanley, un Selke, un Lady Byng, une réputation d’excellence défensive et offensive. Une star complète, respectée dans toute la ligue.
Et bientôt, le record de points de franchise, devant Marcel Dionne, lui aussi une légende.
Mais ce qui rend l’histoire encore plus savoureuse ... et amère ... à Montréal, c’est ce fameux repêchage 2005.
Le Canadien possédait le 5e choix au total. Carey Price ou Anze Kopitar.
Le CH a choisi Price, le gardien prodige de Tri-City, qui deviendrait l’un des meilleurs de sa génération avant que ses genoux ne le trahissent.
Kopitar a glissé jusqu’au 11e rang, et Los Angeles a sauté dessus.
Le reste appartient à l’histoire. Kopitar a porté les Kings vers deux bannières, a été le pivot que Montréal cherchait désespérément depuis des décennies, pendant que Price portait à lui seul une équipe trop souvent médiocre sur ses épaules.
Les débats ont fait rage : fallait-il repêcher Kopitar?
Fallait-il bâtir autour d’un centre élite plutôt que d’un gardien?
On ne le saura jamais. On sait seulement que si Chris Kreider n’avait pas pulvérisé le genou de Carey Price en 2014, peut-être que Montréal aurait aussi eu sa parade.
Peut-être que les deux choix étaient les bons, mais que la malchance a frappé plus fort au nord de la frontière.
Aujourd’hui, Kopitar ferme le cercle. Il ne sera pas ce joueur qui finit sa carrière ailleurs pour quelques dollars de plus ou pour un dernier tour de piste. Il restera un King jusqu’au bout, fidèle à la ville qui l’a adopté.
Pas de détour par Vegas, pas de passage à Toronto, pas de dernière folie à Boston. Non. Kopitar, c’est Los Angeles. Point.
Et c’est ce qui rend cette annonce encore plus dramatique.
Parce que les Kings n’ont jamais connu la vie sans Kopitar.
Il est le ciment de la franchise. Le jour où il raccrochera ses patins, ce sera une fracture historique, aussi violente que le départ de Gretzky vers les Kings en 1988… mais à l’envers.
À Montréal, cette annonce résonne d’une manière toute particulière.
Parce qu’elle rappelle cruellement ce qui aurait pu être. Imaginez un instant le CH avec un centre numéro 1 de ce calibre pendant près de deux décennies.
Imaginez un Kopitar qui alimente Caufield, qui encadre Suzuki, qui guide Slafkovský. Imaginez l’impact d’un joueur de cette stature dans le chaos montréalais des années 2010 et 2020.
Mais la réalité est implacable : Kopitar ne sera jamais un Canadien. Il restera dans l’histoire comme une occasion manquée.
Carey Price a donné tout ce qu’il avait, mais ses genoux ont mis fin à l’illusion.
Et pendant ce temps, Kopitar a bâti une dynastie à Los Angeles.
Il est encore trop tôt pour dire avec certitude si ce sera la dernière saison de Kopitar.
Peut-être que son corps tiendra, peut-être que l’appel du hockey sera trop fort pour dire stop.
Mais une chose est certaine : il a ouvert la porte, et il l’a fait clairement, sans détour.
Et cette phrase, sortie de sa bouche, résonne déjà comme un écho de fin :
« Cette saison pourrait être ma dernière dans la LNH. »
Un coup de tonnerre. Une vérité qu’on refuse d’accepter, mais qu’on doit encaisser.
Parce que le jour où Anze Kopitar retirera son casque pour la dernière fois, ce sera plus qu’un joueur qui disparaît.
Ce sera la fin d’une ère.
AMEN