Transaction surprise à Vancouver : Kent Hughes pris en embuscade

Transaction surprise à Vancouver : Kent Hughes pris en embuscade

Par André Soueidan le 2026-02-25
canucks kent hughes

Le signal est clair.

Tyler Myers ne joue pas ce soir.

Retiré de l’alignement par les Canucks pour « raisons liées à une transaction ». À une semaine et demie de la date limite. Pas blessé. Pas puni. Pas reposé.

Protégé.

Quand un défenseur de 6’8”, droitier, qui joue encore plus de 20 minutes par match, est soudainement envoyé dans les gradins pour éviter un risque inutile… ça veut dire que le téléphone chauffe.

Et quelque part, à Brossard, Kent Hughes écoute.

Parce que ce nom-là, on l’a déjà entendu. On l’a déjà disséqué. On l’a déjà lié à Montréal.

À l’époque, la nuance était simple : clause complète de non-mouvement, vétéran attaché à Vancouver, peu enclin à lever sa protection en pleine saison.

Aujourd’hui?

Le décor a changé.

Rick Dhaliwal confirme que les Canucks reçoivent plusieurs appels.

Darren Dreger ajoute que l’organisation est allée voir Myers il y a quelques jours pour lui parler de l’option transaction. Ça veut dire que ce n’est plus théorique. Ce n’est plus une rumeur floue.

C’est concret.

Myers réfléchit.

Et quand un vétéran de 36 ans commence à réfléchir à un changement d’air à ce moment précis du calendrier, c’est qu’il sait que la fenêtre se referme quelque part.

À Vancouver, l’identité est en mutation. L’équipe n’est pas dans un purgatoire total, mais elle n’a pas l’allure d’un aspirant sérieux non plus.

Défensivement, Myers reste un pilier : deuxième pour les tirs bloqués, troisième en temps de jeu en désavantage numérique, plus de 20 minutes par soir. Offensivement, c’est sec : un but, sept passes en 57 matchs.

Un profil défensif pur.

Et c’est là que le lien avec Montréal devient intrigant.

Le Canadien veut faire un stretch.

On ne le dit plus à demi-mot. L’organisation est active. Patrik Laine est sur le marché. On cherche des ajustements. On veut tester le groupe. On veut voir jusqu’où ça peut aller.

Mais si tu pousses vers les séries avec une brigade défensive qui repose massivement sur Hutson, Dobson, Matheson et Guhle… tu marches sur un fil.

Lane Hutson est une énigme brillante avec la rondelle, mais pas un démolisseur devant le filet.

Noah Dobson coûte cher et joue des minutes lourdes. Matheson a déjà un kilométrage important. Guhle apprend encore à gérer la constance.

Xhekaj, Carrier, Struble?

Du caractère. De l’énergie. Mais pas nécessairement le stabilisateur que tu envoies contre un top trio en fin de match de séries.

Myers, à 3 millions sur la masse, encore sous contrat pour une saison après celle-ci, devient soudainement une pièce logique. Pas sexy. Pas glamour. Logique.

Un gars qui peut absorber des mises en jeu défensives. Nettoyer le trafic. Couper des lignes de passe. Ralentir un match quand ça s’emballe.

La question n’est plus “est-ce qu’il fit?”, mais “est-ce qu’il accepterait?”

Clause complète.

Myers a longtemps répété vouloir rester à Vancouver. Son contrat à 3 M$ par année, sous la valeur du marché pour son profil, reflétait justement ce désir de stabilité.

Mais si une équipe aspirante appelle? Si l’argument devient : viens stabiliser un jeune groupe en pleine ascension, viens jouer des minutes significatives dans une vraie course?

La tentation change.

Montréal n’est plus une reconstruction abstraite. L’équipe marque. L’équipe est plus rapide. Le noyau est plus clair. Suzuki, Caufield, Slafkovsky, Kapanen, Demidov… ce n’est plus un projet théorique.

Et Hughes le sait.

Le plus fascinant dans ce dossier, c’est l’effet domino.

Si Montréal réussit à se départir de Laine et libère de la flexibilité, si l’organisation veut réellement envoyer un message au vestiaire que le push est réel… l’ajout d’un vétéran droitier comme Myers envoie exactement ce signal-là.

Pas une panique. Pas un all-in désespéré.

Un ajustement chirurgical.

Reste le prix.

Vancouver ne donnera pas Myers pour rien. Défenseurs droitiers physiques, abordables, sous contrat au-delà de la saison, ça ne court pas les rues. Surtout à une date limite où plusieurs aspirants cherchent la même chose.

Mais le fait qu’il soit déjà retiré pour raisons transactionnelles indique que quelque chose bouge vite.

Et c’est là que Kent Hughes peut se retrouver… pris en embuscade.

Si un contender pur et dur ... Vegas, Dallas arrive avec une offre béton et l’argument Coupe Stanley immédiate, Montréal devient soudainement une option plus romantique que pragmatique.

Hughes devra être convaincant.

Quand un vétéran est retiré de la glace à ce stade-ci, ça veut dire que les lignes sont ouvertes et que les discussions sont avancées.

La vraie question n’est plus de savoir si Vancouver va bouger.

La vraie question est de savoir si Montréal va oser.

Parce que si le Canadien veut ressembler à une équipe de séries… pour vrai… ce genre de pièce ne reste jamais disponible très longtemps.

À suivre ...