Depuis quelques jours, un malaise commence sérieusement à s’installer autour de la transaction qui a envoyé Logan Mailloux aux Blues de Saint-Louis en retour de Zachary Bolduc.
Pendant des mois, plusieurs observateurs à Montréal affirmaient que le Canadiens de Montréal avait remporté l’échange. Bolduc avait connu un début prometteur, tandis que Mailloux traversait une période extrêmement difficile dans le Missouri.
Mais la situation semble aujourd’hui prendre une toute autre tournure… et de plus en plus de gens commencent à se demander si Montréal n’a pas abandonné exactement le type de joueur dont l’équipe manque cruellement.
Pendant ce temps, à Saint-Louis, la perception de la transaction commence sérieusement à changer… et les médias locaux ne s’en cachent plus.
Plusieurs analystes autour des Blues de Saint-Louis affirment maintenant ouvertement que l’organisation est en train de gagner l’échange impliquant Logan Mailloux et Zachary Bolduc.
Et quand on regarde les deux trajectoires récentes, il devient difficile d’ignorer le malaise qui commence à s’installer autour de cette décision chez les Canadiens de Montréal.
À Saint-Louis, Mailloux vient tout simplement de disputer un match de plus de 25 minutes, un temps de glace digne d’un défenseur utilisé dans toutes les situations.
Pour un joueur qui, il y a quelques mois à peine, était présenté comme un projet incertain, c’est un virage spectaculaire. Les Blues lui confient de plus en plus de responsabilités, et il commence tranquillement à s’imposer comme un élément important de leur brigade défensive.
Pendant ce temps, à Montréal, le portrait est beaucoup moins reluisant pour Bolduc.
L’attaquant québécois traverse présentement une véritable traversée du désert offensive. Il n’a pas marqué depuis le 23 décembre, lors d’un match contre les Bruins de Boston.
Depuis, 24 matchs se sont écoulés sans qu’il trouve le fond du filet. Pour un joueur qui devait apporter de la production offensive, la situation devient difficile à ignorer.
Même Martin St-Louis a fini par l’envoyer dans les gradins après la pause olympique, un signal assez clair que le joueur traverse une période extrêmement difficile.
Le phénomène est bien connu dans la LNH : le fameux “sophomore slump”, cette fameuse guigne de la deuxième saison qui frappe parfois les jeunes joueurs après une première année prometteuse.
Bolduc avait marqué 19 buts la saison dernière, dont 14 après le 6 février, dans une spectaculaire poussée offensive qui avait convaincu plusieurs qu’il deviendrait un marqueur important à Montréal.
Un an plus tard, le scénario est complètement inversé.
Il compte à peine une dizaine de buts, et plus inquiétant encore, son implication offensive semble s’être effondrée. Dans ses quatre derniers matchs, il n’a décoché que trois tirs.
Pour un ailier censé apporter de l’attaque, ce chiffre en dit long.
Et pendant que Bolduc peine à trouver son rythme, Montréal continue d’exposer un problème qui devient de plus en plus évident : la défense du Canadien manque cruellement de profondeur… et surtout de défenseurs droitiers.
C’est là que la transaction recommence à faire mal.
Parce qu’au moment même où Mailloux joue 25 minutes par match à Saint-Louis, Montréal se retrouve avec un sixième défenseur qui joue parfois moins de 10 minutes.
Tantôt Arber Xhekaj, tantôt Jayden Struble, mais peu importe le nom, le constat demeure le même : la brigade défensive du Canadien n’a pas la profondeur nécessaire.
Et si Montréal se qualifie pour les séries éliminatoires, il y a un scénario très réel où l’équipe entrerait en séries avec à peine six défenseurs de calibre LNH solides dans sa rotation.
Dans ce contexte, l’absence d’un défenseur droitier comme Mailloux devient impossible à ignorer.
Parce que dans la LNH moderne, les défenseurs droitiers sont devenus une denrée extrêmement rare. Les équipes se battent pour en trouver. Les prix explosent sur le marché des transactions. Et Montréal… en a échangé un.
Pire encore : un défenseur droitier de 6 pieds 3 capable de jouer de grosses minutes.
C’est exactement le profil que Kent Hughes cherche aujourd’hui sur le marché.
Et ironiquement, ce profil se trouve présentement… à Saint-Louis.
Voilà pourquoi, de l’autre côté du Mississippi, plusieurs analystes commencent à affirmer sans détour que les Blues ont peut-être frappé un coup de maître avec cette transaction.
Parce qu’aujourd’hui, les trajectoires des deux joueurs semblent aller dans des directions complètement opposées.
Mailloux gagne en responsabilités, gagne en confiance et commence à jouer comme un défenseur de premier plan.
Bolduc, lui, tente simplement de sortir d’une séquence offensive extrêmement difficile.
Et plus le temps passe, plus une question inconfortable commence à flotter autour du Canadien : et si Montréal avait échangé exactement le type de joueur dont l’équipe a le plus besoin aujourd’hui?
